ONT ENGENDRÉ L ÉTATISME PRUSSIEN
à la culture allemande, avec la circonstance aggravante qu’en même temps qu'ils voyaient leur pays à travers un verre grossissant, ils regardaient les autres nations avec dédain et dénigraient leur culture nationale. Treitschke ne pouvait jamais parler des Russes sans les traiter de singes. Quant aux Anglais, il en disait qu'ils sont bassement utilitaires, étroits et égoïstes. C’est de cette manière qu’il semaït dans le cœur de la jeunesse allemande la haïne contre les autres nations européennes. Un autre intellectuel allemand connu comme professeur de chimie à Leipzig, M. W. Ostwald ne se gênait pas pour se prononcer sur le droit de l'Allemagne d'organiser l’Europe sur le modèle allemand. Nous autres Allemands, dit-il, nous avons découvert le facteur essentiel de l’organisation, à l’image d'un « mécanisme agencé selon la dernière perfection ; « chaque branche de l’administration est dirigée par « des chefs intelligents et aidée par une discipline « rigoureuse des subordonnés, tandis que les autres « peuples vivent encore sous le régime de l’individua- « lisme ». Voilà le concept d’un grand peuple qui se croit appelé à dominer le monde par le système de la discipline militaire et le culte de la force brutale, méconnaissant les droits de l’homme et la liberté civile et politique des citoyens. C’est l’apothéose de l'Etatisme sanctionné par Hegel et mis en pratique par la Prusse chez le peuple ailemand que les intellectuels allemands voudraient généraliser parmi les autres peuples de