LES PROFESSEURS AUX UNIVERSITÉS FURENT
l'Europe. Ils oublient une chose : Que les peuples qui ont goûté les fruits de l’arbre de la liberté et qui se sont habitués à les digérer, ont leur âme autrement trempée que le peuple allemand qui n’a jamais connu la liberté ni la valeur des droits de l’homme, ayant toujours vécu sous la férule de l’Absolutisme militaire et politique. Quoi qu’il en soit, il est indiscutable que la croyance dans la supériorité militaire de l'Allemagne sur les armées des alliés était tellement généralisée parmi toutes les classes sociales allemandes, que même les socialistes dissidents n’osaient pas manifester leur doute dans la victoire de l’armée sous peine de se rendre impopulaires. L'expérience de cinq années de guerre a suffisamment prouvé que l’orgueil national s’est tellement exalté avant et pendant la guerre que les pangermanistes associés à l'Etat-major général sont devenus les maîtres absolus de la situation. C’est précisément cet état d'âme de frénésie nationale qui a permis la prolongation de la guerre jusqu’à l’épuisement complet, tant physique que moral, de la nation allemande.
De ce qui précède il résulte que le peuple allemand, depuis que le gouvernement impérial lui a imposé la mentalité prussienne, a perdu son ancien idéal religieux et libéral qu’il a chéri pendant de longues années et est devenu complètement réaliste et matérialiste.