‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 689 sur 853 · LES PROPAGATEURS DU PANGERMANISME · texte numérisé non relu

LES PROPAGATEURS DU PANGERMANISME

Toute son activité avait pour but unique la satisfaction de l’amour du gain et du bien-être matériel. Le seul idéal caractérisant le peuple allemand après la guerre de 1870, c’est l'Etatisme, à savoir, un Etat fort, capable de lui procurer des richesses aux dépens des Etats voisins et d'imposer sa volonté par la force brutale aux peuples qui refuseraient de se soumettre à son influence.

Cette nouvelle mentalité du peuple allemand infusée par le militarisme prussien a été alimentée ensuite par un certain nombre de professeurs aux Universités, qui ont enseigné l’histoire de l'Allemagne du point de vue d’un patriotisme exalté et aveugle, faisant croire à la jeunesse que l'Allemagne actuelle était l'aboutissement d’un mouvement évolutionniste qui avait commencé avec Charlemagne, s'était affaibli après sa mort, s'était ensuite reconstitué sous la dynastie othonienne et était arrivée à son apogée sous les Hohenstaufen, puis ayant dominé en Europe pendant trois siècles, il s’était affaibli de nouveau sous l'empire hétérogène des Habsbourgs. Mais l'œuvre de Charlemagne venait de renaitre sous une nouvelle dynastie, celle des Hohenzollern, prédestinée à fonder l’unité nationale sous l'égide de la Prusse.

Le représentant le plus saillant de cette époque est Henri de Treitschke, d'origine slave, qui enseignait avec éclat l’histoire moderne à l'Université de Berlin. C’est par son éloquence.entraînante qu’il passionnait son auditoire, surtout la jeunesse facile à émouvoir. Admirateur de la grandeur de la Prusse et de Bismarck,

Page 1