‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanitéChapitre 695 sur 853 · PAR LES INDUSTRIELS ALLEMANDS · texte numérisé non relu

PAR LES INDUSTRIELS ALLEMANDS

Paris, le vert de méthyle et le bleu de diphénylamine et Coupier fabriquait en 1867 le bleu qui porte son nom. Tant à Paris qu’à Lyon, une dizaine de maisons s’occupèrent à lancer sur le marché les nouveaux produits colorants. Mais étant donné qu’à la suite de la guerre de 1870 les grands industriels mulhousiens, très experts dans l’art tinctorial, passèrent à l'Allemagne,

l'industrie française en subit un coup fatal. Par contre,

les industriels allemands se sont organisés et ont construit des écoles techniques qui étaient complétées par les laboratoires des Universités d’où sortirent deux chimistes de valeur, Graebe et Liebermann, qui ont découvert l’Alizarine, c'est-à-dire la matière colorante de la garance dont la culture occupait en France vingt mille hectares. Quelques années suflirent pour ruiner l'industrie de la garance française qui rapportait à l'Etat un bénéfice annuel de 60 millions de francs. En échange, l'Allemagne vendait pour 20 millions d’alizarine et le gouvernement français lui-même en achetait pour teindre en rouge les pantalons des soldats. Il en fut de même pour l’indigo, provenant de l’Inde anglaise, qui en produisait pour une valeur de 60 à 80 millions de francs, lorsque Bayer découvrit une préparation synthétique de ce produit. Les Anglais se défendirent contre cette concurrence pendant plusieurs années avec quelque succès ; mais les chimistes allemands, associés aux industriels, sacrifièrent seize ans d’études et dépensèrent en essais 25 millions de francs afin d'améliorer

Page 1