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LE TRIOMPHE DES MATIÈRES COLORANTES

tation a suivi une progression fantastique ; c’est ainsi qu’elles ont vendu pour une valeur de 60 millions de francs en 1875, pour 125 millions en 1895, pour 200 millions en 1905 et 335 millions en 1913. Quant à leur manière de lutter avantageusement avec la concurrence des pays étrangers, voici un fait qui peut servir d'exemple : Un chimiste français nommé Chapin ayant découvert un procédé économique pour préparer l’alizarine ; une maison française monta une installation couteuse en 1893 pour réaliser cette fabrication. Aussitôt, le trust allemand baïssa le prix et vendit à perte jusqu’à ce que le concurrent fût obligé de suspendre la fabrication ; le trust rétablit alors ses anciens prix. Toutefois, 1l existait encore en France un certain nombre de fabriques de matières colorantes avant la dernière guerre, mais la plupart n'étaient que de simples succursales des sociétés allemandes. Quant aux découvertes françaises protégées par des brevets, les sociétés allemandes achetèrent ces derniers pour les exploiter en Allemagne et surent profiter, à cet effet, de la législation française pour se mettre à l'abri des lois. C’est ainsi que pour détourner la loi sur les brevets, qui interdit-l'importation en France des produits brevetés, par le possesseur étranger du brevet français, elles ont satisfait à cette nécessité de deux manières, soit en accordant des licences à des sujets français, soit en fondant en France des usines qui n'étaient que leurs succursales. Par ce moyen elles

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