LES ALLEMANDS SOUMIS À L’ÉTATISME MANQUENT
rope, par ses hommes de génie à l'esprit inventif aussi bien qu'intuitif depuis Lavoisier jusqu’à Pasteur et depuis Pasteur jusqu’à Curie, qui ont réussi à déchirer le voile qui couvrait les secrets de la nature. En échange, les Allemands soumis au régime de l’Etatisme prussien et élevés dans la discipline militaire ont perdu le sentiment du droit de l’homme à la liberté et à l'égalité, ne connaissant d'autre idéal que le culte de la force et la supériorité de la puissance militaire de l'Allemagne. Les savants ailemands, de leur côté, suggestionnés par l’enseignement de leurs professeurs de l’université sur la supériorité intellectuelle de l’Allemagne, se sont habitués à voir sous un verre grossissant tout ce qui était allemand et à regarder avec un certain dédain tout ce qui provenait de l'étranger. Leur orgueil national les a tellement aveuglés qu’ils faisaient mine de méconnaître la grande œuvre de Pasteur et s’efforçaient, même, de la rapetisser en la mettant au niveau de celle de Rudolph Koch.
Pour qu’on puisse se rendre compte du manque de
fondement de cette prétention, qui révèle un manque
total de sens moral, nous allons tracer en quelques lignes l’œuvre de Pasteur et celle de Koch et on ne tardera pas à constater qu’il y a un abime entre les deux. :
Pasteur, comme chimiste, commença par s’attaquer à la doctrine catalytique de Liebig, selon laquelle le fer-
ment est une substance albuminoïde altérée et douée