L'IDÉAL DE LA SPIRITUALITÉ
lequel se développera graduellement jusqu'à constituer une réalité et une puissance positive tendant à acquérir l’unité de la vie spirituelle et autonome, indépendante de toute influence du monde extérieur.
Finalement, après tant d'efforts pour persuader le lecteur de la nécessité pour l’homme de fonder une culture nouvelle de l'esprit, de caractère universel et autonome, pour donner une vraie valeur à la vie, M. Euken présente de nouveau une série de réflexions et de doutes sérieux qui s’opposent à la spiritualisation de la nature et de la vie humaine, et il re voit d’autre moyen d’y arriver que par l'orientation de la vie vers Punion du concept de l'amour divin et de l’amour de l’homme. Ce n’est que par l’union du moï élargi sur la base d’une vie divine avec l’Univers que peut se fonder une nouvelle vie et acquérir un développement vigoureux. Bien entendu, Euken, tout en préconisant l’intervention de l’autorité divine dans l’orientation d’une nouvelle vie spirituelle ne pensait pas au spiritualisme de la religion chrétienne mais à l’établissement d’un rapport direct de l’homme avec la divinité. Il est clair que dans la sphère de toute religiosité existent des symboles derrière lesquels apparaissent les principes d’une vie spirituelle, qui se manifestent dans un incessant jaillissement de sentiments vers un idéal supérieur. Quoi qu'il en soit, Euken considère que la religion demeure une forte puissance qui, dans la collision avec d’autres forces, demeure la plus forte, et