TRANSFORMÉ EN GERMANISME
agit sous l'inspiration du droit divin. Il en résulte que la Prusse après avoir réalisé par la force des armes l'idéal de l'Unité nationale de l'Allemagne, fit un effort pour transformer l’Etatisme en germanisme d'abord et en pangermanisme ensuite, investi de toutes les préroga— tives du pouvoir de l'Etat (1).
De ce qui précède il résulte que dans la seconde moitié du xvin° siècle, l'Allemagne ne manqua pas d’esprits supérieurs et d'innovateurs dans le domaine de la philosophie, mais les classes intellectuelles, de crainte que l'influence de la vérité scientifique sur les masses populaires ne troublât l’ordre social et ne portât préjudice au prestige de l'Etat, s’opposèrent à l’enseignement des doctrines qui ne sont pas d'accord avec les préceptes de la Sainte Ecriture, et il en résulta que tant Kant que ses successeurs à l’Université se virent obligés de sacrifier leur indépendance et l'intérêt scientifique à l'opinion publique et à l’Etatisme prussien. Il en fut de même des écrivains allemands de la même époque tels que Schiller, Lessing, Gœthe, Wieland et Mendelssohn, qui brillèrent aussi bien dans le drame, dans la poésie, dans le roman que dans l’histoire,prêchant la tolérance,
1. Note de l'auteur, — Des détails très intéressants à ce sujet se trouvent exposés dans le travail remarquable de M. René Lote, intitulé Du Chris-
tianisme au Germanisme auquel nous avons emprunté les données qui précèdent.
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la liberté, la justice et l'amour du prochain, mais leur influence sur les mœurs et la mentalité du peuple fut contrariée par les partisans du Romantisme qui s’efforçaient de rétablir le spiritualisme du moyen âge et de prendre pour modèle l’art chrétien et même la poésie de la même époque.
Quant aux savants allemands du xvur° siècle, ils étaient assez nombreux, mais brillaient plutôt par leur érudition et leurs connaissances archéologiques que par leurs investigations scientifiques. Cependant il y en eut quelques-uns qui se sont distingués par leurs travaux biologiques tels que Plumenback initiateur de l’Anthropologie, puis Sæœmmerring, Wrisberg et Meckel, célèbres anatomistes. Il y eut encore des médecins qui ont brillé comme chefs d’école et innovateurs, tels’ que Stahl et Hoffmann qui établirent l'influence prédominante en médecine du Dynamisme et qui s’intitulèrent Animistes par opposition aux iatrochimistes et 1atromécaniciens, dont les théories étaient alors en vogue en Europe. Toutefois l'Allemagne n'a pas produit au courant du xvirr” siècle des hommes supérieurs, des génies créateurs, pas même dans les sciences naturelles. Le fait que Frédéric le Grand fit appel aux Savants français pour occuper la présidence de l'Académie des Sciences à Berlin, et que l’Université de Vienne eut recours à des médecins hollandais, De Haenet Van Swieten, élèves distingués de Bœrhaave, pour réorganiser sous la direction des chefs autorisés, l’école
“it médecine de Vienne, st. une à preuve éloquente de ne l'infériorité des sciences biologiques au xvinr siècle en
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REZ Allemagne par rapport à l’ état florissant des sciences