L'ALLEMAGNE SE REND COUPABLE DE LA VIOLATION
termes suivants : « Le gouvernement de la République « allemande consterné par la dernière communication « des gouvernements alliés, décidés à arracher à l’Al- « magne par la force l'acceptation des conditions de « paix, le peuple allemand, après les souffrances « effroyables de ces dernières années n’a aucun moyen « de se défendre et cède à la force supérieure mais sans « renoncer pour cela à sa manière de concevoir l'injus- « tice inouie des conditions de paix. Le souvernement de la République allemande déclare donc qu’il est prêt
« à accepter et à signer les conditions de paix imposées « par les gouvernements alliés et associés. » En réponse à la communication du gouvernement allemand, le président de la conférence fit savoir au chef de la délégation allemande que les gouvernements des alliés
n’admettaient qu’une acceptation des conditions de paix sans aucune réserve. Cet avis fut enfin accepté par
le gouvernement allemand.
Toutefois, à peine l'Allemagne venait-elle de voter le traité de Versailles qu'elle se rendit coupable de deux actes de violation du même traité, l’un consistant à faire brûler par la cavalerie de la garde impériale aux pieds de la statue de Frédéric IT les drapeaux de la gucrre française de 1870 qu’un article formel du traité l’obligeait à remettre entreles mains du gouvernement français, le second consistant en ce que l'amiral von Reuter donna ordre de faire couler par ses marins les navires allemands internés dans le port anglais
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lfU TRAITÉ DE PAIX VOTÉ PAR L'ASSEMBLÉE 945
de Scapa-Flow en vertu du traité de Versailles. En même temps /a Gazette de Frank/ort, dans un article paru au moment d’entamer les négociations concernant les réparations se demandait comment l’Allemagre pourrait s’y prendre pour démontrer que le traité était impossible à exécuter? Après müre réflexion elle concluait que la meilleure manière était de travailler sans relâche et prouver que malgré leurs grands efforts les Allemands étaient incapables de tenir leurs engagements et qu'il était nécessaire d’envisager une révision prochaine du traité.
. En effet, la ‘signature par l’Allemagne du traité de paix ne réussit nullement à calmer les esprits qui continuaient à s’agiter à la suite de la révolution; les socialistes, d’un côté, se proposaient d'établir une société nouvelle basée sur des principes humanitaires et des doctrines internationales et les réactionnaires, de l’autre côté, se proposaient de:faire machine arrière pour rétablir l’ancien régime gouvernemental. Cependant, le président Ebert et son gouvernement, conscients du danger de la prolongation de cette lutte entre les partis extrêmes, firent de grands efforts pour amener une concentration des forces dirigées vers l'unité nationale basée surla liberté morale, intellectuelle et politique. Malheureusement, le peuple allemand n'ayant jamais connu la liberté, ni la bourgeoisie, ni les classes ouvrières, ni les intellectuels ne parvenaient pas à se pénétrer de la valeur éthique de la liberté,