‹ Évolution, Pronostic et Traitement de la Méningococcémie à forme de Fièvre intermittenteChapitre 11 sur 51 · SYNTHESE CLINIQUE · texte numérisé non relu

SYNTHESE CLINIQUE

Le premier fait qui frappe l'esprit à la lecture “es nombreuses observations de méningococcémies pseudo-palustre, c’est que dans presque tous les cas le tableau clinique est identique à jui-même. La loca- Lsation du méningocoque sur les méninges ou dans toute autre partie de lorganisme modifie profondément les symptômes et l’évolution de la maladie, mais aans la plupart des cas il est assez facile de faire abstraction de ses ‘localisations en quelque sorte contingentes, et la septicémie garde alors ses caractères bien tranchés et peu variables. Les observations de méningococcémie pure se ressemblent toutes. Les caractères qui les différencient les unes des autres ne sont que des caractères secondaires.

Le début est brusque. En général le malade éprouve ne sensation de malaise accompagnée bientôt d’un grand frisson. Très souvent surviennent dès ce mo- ‘ment des douleurs articulaires et une éruption érythémateuse ou purpurique. Au stade de frisson fait suite un stade de chaleur avec persistance du malaise

ci des phénomènes douloureux. La température monte

SSP

a 39° ou 40°, Puis, le malade transpire abondamment ct, quelques heures plus tard, il ne reste comme séquelle de cet accès fébrile qu'un peu de lassitude. La poussée thermique dure en moyenne de une à quatre heures. Entre les accès l’état général est bon, l’appétit est conservé, parfois même augmenté, et rien ne permet de supposer que tout ne va pas se terminer là. Le nom de forme « pseudo-palustre » convient donc parfaitement à cette variété de septicémie.

Les accès sont parfois du type quotidien, parfois du type tierce, parfois du type quarte Dans quelques cas, les intervalles qui les séparent sont beaucoup plus marqués, huit jours, quinze jours même. Parfois enfin les accès surviennent irrégulièrement.

La durée de laffection est longue, Dans certains cas exceptionnels, on a vu survenir la terminaison en dix ou quinze jours, mais dans la majorité des observations, la septicémie a duré plusieurs mois.

Dans 90 % des cas l’évolution se fait vers la guérison, même en dehors de toute thérapeutique active.

La terminaison survient brusquement comme était survenu le début. Elle s'accompagne d’un choc clinique ou tout au moins d’un phénomène biologique équivalent, et cette cessation presque instantanée de phénomènes morbides qui duraient depuis des mois, est un fait assez particulier sur lequel nous aurons à revenir.

Sans anticiper sur nos conclusions, disons dès maintenant que les différents traitements institués (il

ue s’agit bien entendu ici que de méningococcémie

pure) ont eu presque toujours une action rapide ou une 'inefficacité presque absolue. L'action progressive 1’existe que très exceptionnellement.Nous entrevoyons déjà que l’action du sérum antiméningococcique (qui dans certains cas n’est pas contestable) ne sera en rien comparable à l’action du sérum de Roux sur l’angine diphtérique par exemple, ni même, croyons-nous, à l’action du sérum antiméningococcique sur Ia méningite cérébro-spinale ou sur toutes les autres formes de Inéningococcémies.

Début brusque, fièvre intermittente avec arthralgies et érythèmes, guérison brusque que rien ne faisait prévoir la veille, voilà donc dans sa forme la plus schématique le tableau clinique de la septicémie méningococcique dite « pseudo-palustre ». L’individua- Eté thérapeutique, nous le montrerons, n’est pas moins importante que l’individualité clinique.

Voyons les observations.

Méningococcémie sans méningite cérébro-spinale

À. —— LA GUÉRISON SURVIENT SPONTANÉMENT : 9 Cas. OBSERVATION I (LIEBERMESTER).

Il s’agit d’un homme de 59 ans, entré le 25 février 1908 à l’hôpital Augusta, de Cologne, se plaignant de douleurs et de raideur dans les deux épaules ainsi que de fatigue générale.

L'examen révéla une contracture assez accentuée, au niveau des articulations, des épaules, des coudes et des genoux. Pas de signe de Kernig, réflexes un peu exagérés, Température 39°. Pouls 100. Râles crépitants à la base des deux poumons. Facies vultueux, langue sèche, pas d’herpès. Quelques taches sur labdomen, ressemblant à des taches rosées. Un peu d’albumine dans les urines. Le malade était dans un état d’euphorie parfaite.

La température s'élève chaque soir, avec rémissions le matin plus ou moins marquées, donnant à la courbe fébrile une allure irrégulière.

L'ensemencement du sang pratiqué le 1* mars montra la présence de méningocoque. La ponction lombaire pratiquée le 7 mars montra que le liquide céphalo-rachidien était absolument normal, Pendant le mois de mars, le tableau morbide resta le même, Trois nouvelles hémocultures furent positives, une ponction lombaire faite

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