OBSERVATION XXXIV
(LEREBOULLET et BOULANGER-PILET), résumée.
Le 28 février entre dans le service Georgette C..., âgée de 4 ans, avec un syndrome méningé atténué. La ponction lombaire donne un liquide louche ne contenant pas de microbe.
À partir du 6 mars, les symptômes se précisent et une fièvre à grandes oscillations s’installe. Chaque accès
fébrile s'accompagne de frissons, chaleur et sueurs. L'hémoculture est négative, On institue le traitement sérothérapique; les 9, 10, 11 et 13 mars on injecte chaque jour 20 ce. de sérum intrarachidien et 20 ce. de sérum sous-cutané (sérum antiméningococcique polyvalent). Les jours suivants, les symptômes méningés s’atténuent et s’effacent progressivement, mais la température continue à osciller entre 37° et 39°. Le 25 mars, l’enfant est emmenée par sa mère, puis ramenée 5 jours après parce qu'elle présente des vomissements. À ce moment, il n'existe aucun signe clinique de méningite, seule une température à accès irréguliers persiste. Nous pensons à ce moment qu'il doit s'agir d'infection méningococcique générausée; outre la fièvre irrégulière, la pâleur, les arthralgies (sans réaction sérique), apparaissent en effet.
Bien que l'hémoculture reste négative, nous pratiquons avec prudence, selon le procédé ‘ec Sesredka, d> - nouvelles injections de sérum aux doses de 20 cc. intra- “rachidien et 20 cc. sous-cutanés chaque jour pendant 3 jours. À ce moment, le liquide céphalo-rachidien n’est que très légèrement trouble, peu altéré et ne contient toujours pas de microbes. A la suite des réinjections de sérum, la fièvre tombe, l’apyrexie persiste 8 jours et on croit la guérison définitive
Mais, le 21 avril, sans réapparition des symptômes hi ù er quide Céphalo-rachidien absolument normal, de nouveaux accès thermiques se montrent, Ces accès surviennent régulièrement chaque jour, avec maximum vespéral 39° et plus, rémission matinale, et mêmes raratctères que les premiers jours. Notons d'ailleurs que cette fièvre intermittente est à ce moment la seule manifestation de ia méningococcémie. Les hémocultures restent négatives.
Devant l’inefficacité de la sérothérapie, nous insti- Luons la vaccinothérapie au moyen dun stock-vaegin
ae
préparé par MM. Dopter et Delater et contenant 2 milliards de germes par centimètre cube. L'enfant reçoit chaque jour pendant 8 jours une injection séro-cutanée aux doses progressives de 1/4, 1/2 puis 1 cc. La vaccinothérapie a une action très nette, les accès décroissent assez rapidement. Trois jours après la dernière injection, la température tombe à 37°. Depuis ce jour, la fièvre n'a pas reparu; l’enfant semble guérie. Néanmoins, un ensemencement du rhino-pharynx nous montre la présence
du méningocoque B. Un nouvel ensemencement pratiqué récemment (juin 1923) est resté négatif. L'enfant est actuellement en parfait état de santé.
Résumé. — Septicémie secondaire à une méningite cérébro-spinale. Le sérum guérit la méningite, la septicémic persiste; puis, rechute de méningite traitée et de nouveau guérie par le sérum, mais la septicémie ne disparaît pas, la sérothérapie l'influence à peine. La vaccinothérapie amène une guérison rapide et définitive,
OBSERVATION XXXIII (MÉRY et GIRARD).
G... (T.), âgée de 12 ans, prise brusquement dans la soirée du 26 mai 1919 d'un état fébrile suivi le lendemain de collapsus grave. Elle aurait présenté les jours suivants un état infectieux avec fièvre, diarrhée, vomissements, gros foie, raideur de la nuque et Kernig. Le # juin, à l'examen, l'enfant présente de la fièvre, un léger Kernig, une raideur de la nuque à peine marquée, de la diarrhée ct des taches purpuriques et érythémateuses sur les membres et la face. L’hémoculture décèle la présence du méningocoque C.
Le 8 juin, on commence le traitement. Injection de 40 ce. de sérum antiméningocoecique dans le rachis et
, 20°cc, dans les muscles, car l'enfant a une surdité com-
plête de l'oreille gauche. Le liquide céphalo-rachidien est clair, ne contenant pas de méningocoques. Le 9 et le 10 juin, on injecte du sérum antiméningococcique €C intrarachidien et intramuseulaire, en tout 140 ce, de Sérum.
Le 12 juin, l’état général est bon et le liquide céphalorachidien en voie d'amélioration. Mais, du 12 au 24 juin, l'enfant fait chaque jour une poussée fébrilé, précédée de frissons et suivie de sueurs profuses, comparable à l'accès palustre avec apparition d’urticaire. L'état général est bon dans l'intervalle des accès fébriles. Le 25 juin, on reprend prudemment la sérothérapie intramusculaire. Celle-ci aggrave l’état général : délire, fièvre, collapsus. On linterrompt.
Le 30 juin, on commence la bactériothérapie alors que l’état général est mauvais, les signes méningés accentués, et que l’on a trouvé du méningocoque dans le liquide céphalo-rachidien.
On injecte à 2 ou 83 jours d'intervalle, sous la peau, successivement 250 millions, 500 millions, 1, puis "2, puis 5 milliards de germes,'Les injections sont bien suption lombaire faite le 12 juillet montre l'amélioration portées. La fièvre diminue et tombe en lysis. Une poncde l’état du liquide céphalo-rachidien. Les signes cliniques rétrocèdent.
Le 22 juillet, l'enfant se lève et entre en convalescence, conservant la surdité de l’oreille gauche.
Résumé. — Méningite cérébro-spinale et septicémie surviennent simultanément. Amélioration transitoire par la sérothérapie, puis échec complet de ce mode de traitement. Guérison rapide par la vaccinothérapie.