LE CHOIX D'UN TRAITEMENT
Lorsqu’en 1906 Simon Flexner, aux Etats-Unis, Kolle et Wassermann, Jochmann, Ruppel en Allemagne, Mark! en Autriche, Netter, Debré et Dopter en France, firent connaître leurs tentatives de sérothérapie dans la méningite cérébro-spinale, cette méthode jouit rapidement d’une grande vogue. La sérothérapie qui avait donné de si merveilleux résultats dans la diphtérie devait évidemment transformer le :pronostic de la méningite cérébro-spina'e dont la mortalité atteignait au cours de certaines épidémies plus de 80 %.
Mais alors que le sérum antidiphtérique injecté sous la peau modifie si rapidement l’évolution clirique de l’angine, le sérum antiméningococcique ne donna par injections sous-cutanées que’ des résultats très inconstants comme Pont montré dès cette époque Schultz, Robb, Charlotte Müller, Currie et Mac Gregor, Lévy et Vaillard. Debré établit dans ses expériences que le sérum ne passait pas dans le rachis. La voie intrarachidienne était seule efficace; il fallait que le sérum fut porté directement in situ. Employée. avec
une bonne technique, la sérothérapie n’en eut pas moins d'innombrables succès, puisque dans une statistique de M. Netter elle fit tomber la mortalité dans la méningite cérébro-spinale de 87,5 % à 15,4 %. Peu de méthodes thérapeutiques sont aussi efficaces.
Dès 1906 également fut publiée la première observation de septicémie à méningocoques (Follet et Sacquépée), suivie bientôt de beaucoup d’autres. On continua, bien entendu, à appliquer la méthode sérothéiapique qui avait si bien réussi dans la méningite cérébro-spinale et les résultats furent moins bons.
Guignard, en 1912, consacra sa thèse aux insuccès de la sérothérapie antiméningococcique et il leur reconnut sept causes : les fautes d’asepsie, l’âge du sujet, la forme foudroyante de la maladie, le moment mal choisi de l'intervention, le défaut de technique, l'introduction du sérum hors de la cavité rachidienne, les causes anatomiques (cloisonnement).
Peut-être l’inefficacité du sérum au cours de certaines méningites cérébro-spinales trouve-t-elle sa raison d’être dans un des motifs précédents, mais il ne saurait en tous cas en être ainsi dans la méningococcémie, La sérothérapie restant la base du traitement, on essaya de compléter son action par des moyens dits adjuvants. D’année en année nous avons vu s’allonger la liste de ces auxiliaires de la sérothérapie antiméningococcique. Ce vaste sujet a fait l’objet du rapport de M. le Docteur Boïdin au Congrès de Médecine de Bordeaux en 1923. La bactériothérapie,
1& pythérapie, la protéinothérapie, les métaux colloi-
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daux ont été successivement étudiés. Nous n’avons pas l'intention de faire ici cette étude qui n'entre pas dans les limites de notre sujet,
Nous retiendrons seulement que ces moyens ont toujours été proposés comnre moyens adjuvants. « La sérothérapie, écrit M. Boïdin, est l’acte thérapeutique indispensable. Elle doit être mise en œuvre de façon précoce, intensive, et doit être poursuivie jusqu’à la limite de ses possibilités. » Il nous semble qu’il faut ici encore faire une distinction capitale entre la septicémie pure de toute localisation, et la septicémie accompagnée de méningite cérébro-spinale ou d’une localisation quelconque.
Pour le choix d’un traitement nous allons donc reprendre le plan que nous avons adopté pour l'étude des observations et les éléments du pronostic.