FIN DES ELEGIES
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JNgn hauria Vlysse o qualunqu'altro mai Piu accorto fù, da quel diuino aspetto Pien di gratie, d'honor et di rispetto Sperato quai i sento affannî e guai..
Pur, Àmor, co i begli occhi tu. fatt* hai Tal piaga dentro al mio innocente petto, Di eibo et di calor gia tuo ricetto , Che rimedio non v'e si tu nel' dau
sorte dura, che mi fa esser quale Punta d'un Scorpio , et domandar ripara
Contr* el velen' dalP istesso animale..
Chîeggio H sol* ancidà questa noia ,
Non estingua el désir a me si caro,
Che mancar non potra ch' i non mi muoia.
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O beaus yeus bruns, ô regars destournez, O chaus soupirs, ô larmes espandues, noires nuits vainement atendues, jours luisans vainement retournez :
tristes pleins, ô désirs obstinez, O tems perdu, ô peines despendues, mile morts en mile rets tendues, pires maus contre moi destinez.
O ris, ô front, cbeueus, bras, mains et doits:
lut pleintif, viole, archet et vois:
Tant de flambeaus pour ardre une femmelle!
De toy me plein, que tant de feus portant, En tant d'endrois d'iceus mon cœur tatant, N'en est sur toy vole quelque estincelle.
(J longs désirs, ô espérances vaines, Tristes soupirs et larmes coutumieres A engendrer de moy maintes riuieres, Dont mes deus yeus sont sources et fontaines :
O cruautez, 6 duriez inhumaines, Piteus regars des célestes lumières :
Du cœur transi ô passions premières , Estimez vous croitre encore mes peines?
Qu'encor Amour sur moy son arc essaie, Que nouueaus feus me gette et nouueaus dars : Qu'il se despite, et pis qu'il pourra face :
Car ie suis tant nauree en toutes pars, Que plus en moy une nouuelle plaie, Pour m'empirer ne pourroit trouuer place.
Uepvis qu'Amour cruel empoisonna Premièrement de son feu ma poitrine, Tousiours brulay de sa fureur diaine, Qui un seul iour mon cœur n'abandonna.
Quelque trauail, dont assez me donna, Quelque menasse et prochaine ruine :
Quelque penser de mort qui tout termine , De rien mon cœur ardent ne s'estonna.
Tant plus qu'Aniour nous Tient fort assaillir,
Plus il nous fait nos forces recueillir,
Et tousiours frais en ses combats fait estre :
Mais ce n'est pas qu'en rien nous fauorise y
Cil qui les Dieus et les hommes mesprise :
Mais pour plus fort contre les fors paroitre.
(jLEBE Venus, qui erres par les Cieus, Entons nia voix qui en pleins chantera, Tant que ta face au haut du Ciel luira , Son long trauail et souci ennuieus.
Mon œil veillant s'atendrira bien miens , Et plus de pleurs te voyant getera.
Mttms mon lit mol de larmes baignera , De ses trauaus voyant témoins tes yeus.
Donq des humains sont les lassez esprits De dous repos et de sommeil espris, l'endure mal tant que le Soleil luit :
Et quand io-**is quasi toute cassée, Et que me suis mise en mon Ht lassée, Crier me faut mon mal toute là nuit
1/SVS ou trois fois bienheurras le retour De ce cler Astre > et plus beureus encore
Ce que son œil de regarder honore* Que celle là receuroit un bon iour,
Qu'elle pourroit se vanter d'un bon tour Qui baiseroit le plus beau don de Flore^ Le mieus sentant que iamais vid Aurore, Et y feroit sur ses leures seiour !
C'est à moy seule à qui ce bien est du , Pour tant de pleurs et tant de tems perdu ; Mais le voyant, tant lui feray de feste,
Tant emploiray de" mes yeus le pouuoir, Pour dessus lui plus de crédit auoir, Qu'en peu de tenus feray grande conqueste.
vu.
(Jy voit mourir toute chose animée , Lors que du corps l'ame sutile part :
le suis le corps, toy la meilleure part :
Ou es tu donq, o ame bien aymee ?
Ne me laissez par si long tems pâmée , Pour me sauuer après viendrons trop tard.
Las , ne mets point ton corps en ce hazart ; Rens lui sa part et moitié estimée.
Mais fais , Ami , que ne soit dangereuse
Cette rencontre et reuuè' amoureuse , L'acompagnant , non de seuerité,
Non de rigueur : mais de grâce amiable, Qui doucement me rende ta beauté, Iadis cruelle, à présent fauorable.
1e vis, ie meurs : ie me brûle et me noyé.
Fay chaut estreme en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
I'ay grans ennuis entremeslez de ioye :
Tout à un coup ie ris et ie larmoyé, Et en plaisir maint grief tourment i'endure : Mon bien s'en va, et à iamais il dure :
Tout en un coup ie seiche et ie verdoyé.
Ainsi Amour inconstamment me meine :
Et quand ie pense auoir plus de douleur, Sans y penser ie me treuue hors de peine.
Puis (Juaiid ie croy ma ioye estre certeine, Et estre au haut de mon désiré heur, Il me remet en mon premier malheur.
1 OVT aussi tôt que ie commence à prendre Dens le mol lit le repos désire, Mon triste esprit hors de moy retiré S'en ya vers toy incontinent se rendre.
Lors m'est auis que dedens mon sein tendre le tiens le bien, ou i'ay tant aspiré, Et pour lequel i'ay si haut souspiré, Que de sanglots ay souuent cuidé fendre.
dous sommeil, o nuit à moy heureuse!
Plaisant repos, plein de tranquilité, Continuez toutes les nuiz mon songe :
Et si iamais ma poure ame amoureuse
Ne doit auoîr de bien en vérité,
Faites au moins qu'elle en ait en mensonge.
IJvÀND i'aperçoy ton blond chef couronné D'un laurier verd, faire un Lut si bien pleindre, Que tu pourrois à te suiure contreindre Arbres et rocs: quand ie te vois orné,
9 a SONNETS.
Et de Tertus dix mile enuironné, Au chef d'honneur plus haut que nul ateindre : Et des plus hauts les louenges esteindre ; Lors dit mon coeur en soy passionne :
Tant de vertu qui te font estre aymé,
Qui de chacun te font estre estime,
Ne te pourroient aussi bien faire. aymer?
Et aioutant à ta vertu louable
Ce nom encor de m'estre pitoyable,
De mon amour doucement t'enflamer?
O dons regars , o yeus pleins de beauté , Petits iardins, pleins de fleurs amoureuses Ou sont d'Amour les flesches dangereuses, Tant à- tous voir mon œil s'est arresté!
O cœur félon , o rude cruauté, Tant tu me tiens de façons rigoureuses, Tant i'ay coule de larmes langoureuses, Sentant l'ardeur de mon cœur tourmenté l
Donques, mes yeus, tant de plaisir auez, Tant de bons tours par ses yeus receuez :
Mais toy, mon cœur, plus les vois s'y complaire ,
Plus tu languiz , plus en as de souci ,
Or deuinez si ie suis aise aussi,
Sentant mon œil estre à mon cœur contraire.
JLvt, compagnon de ma calamité, De mes soupirs témoin irréprochable,. De mes ennuis controlleur véritable, Tu as souuent auec moy lamenté;
Et tant le pleur piteus t'a molesté, Que commençant quelque son délectable, Tu le rendois tout soudein lamentable, Feingnant le ton que plein auoit chanté.
Et si te veus efforcer au contraire, Tu te destens et si me contreins taire :
Mais me voyant tendrement soupirer,
Donnant faueur à ma tant triste pleinte :
En mes ennuis me plaire suis contreinte, Et d'un dous mal douce fin espérer.
Oh si i'estois en ce beau sein rauie De celui là pour lequel vois mourant :
Si auec lui viure le demeurant
De mes cours iours ne m'empeschoit enuie,
Si m'acollant me disoit, chère Amie, Contentons nous l'un l'autre, s'asseurant Que ia tempeste, Euripe, ne Courant Ne nous pourra desioindre en notre vie:
Si de mes bras le tenant acollé, Comme du Lierre est l'arbre encercelé, • La mort venoit, de mon aise enuieuse :
Lors que souef plus il me baiseroit, Et mon esprit sur ses leures fuirait, Bien ie mourrais, plus que yiuante, heureuse.
XÏ1II.
1 ànt que mes yeus pourront larmes espandre, A l'heur passe auec toy regretter :
Et qu'aus sanglots et soupirs résister Pourra ma voix , et un peu faire entendre :
Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignart Lut, pour tes grâces chanter:
Tant que l'esprit se youdra contenter De ne vouloir rien fors que toy comprendre :
le ne souhaitte encore point mourir.
Mais quand mes yeus ie sentiray tarir, Ma voix cassée, et ma main impuissante,
Et mon esprit en ce mortel seiour
Ne pouuant plus montrer signe d'amante :
Priray la Mort noircir mon plus cler iour*
X ovr le retour du Soleil honorer, Le Zephir, l'air serein lui apareille :
Et du sommeil l'eau et la terre esueille, Qui les gardoit l'une de murmurer,
En dous coulant, l'autre de se parer De mainte fleur de couleur nompareille.
la les oiseaus es arbres font merueille, Et au s passans font l'ennui modérer :
Les Nynfes ia en mile ieus s'esbatent
Au cler de Lune, et dansans l'herbe abatent:
Veus tu Zephir de ton heur me donner,
Et que par toy toute me renouuelle?
Fay mon Soleil deuers moy retourner, Et tu verras s'il ne me rend plus belle.
Apres qu'un tems la gresle et le tonnerre Ont le haut mont de Caucase batu,
Le beati iour vient, de lueur reué*tu.
Quand .Phebus ba son cerne fait en terre,
Et l'Océan il regaigne à grand erre :
Sa seur se montre auec son cbef pointu.
Quand quelque tems le Parthe ha combatu, Il prent la fuite et son arc il desserre.
Vn tems t'ay vu et consolé pleintif,
Et défiant de mon feu peu batif :
Mais maintenant que tu m'as^ embrasée,
Et suis au point auquel tu me voulois, Tu as ta flame en quelque eau arrosée, Et es plus froit qu'estre ie ne soulois.
lE fuis la vile, et temples, et tous lieus, Esquels prenant plaisir à fouir pleindre, Tu peus, et non sans force, me contraindre De te donner ce qu'estimois le miens.
Masques, tournois, ieus me sont ennuieus, Et rien sans toy de beau ne me puis peindre : Tant que tacbant à ce désir esteindre , Et un nouuel obget faire à mes yeus,
Et des pensers amoureus me distraire, Des bois espais sui le plus solitaire :
Mais i'aperçoy, ayant erre maint tour,
Que R ; .
«ire,
loi;
seiour.
Jfols^
ice
l>aise :
X*^» ** de tes plu» sauoureug,
>>^ Un de tes pi ix» amoureiu:
* \^ *^^ < F 1 **re plu» cliaus que braise.
I i apaise,
°*mant dix autres doucereus.
«BfcSlans nos baisers tat»t Heurens
l'autre à. notre aise
louissons nous l'un de
iiOrs double rie à chacun eu Chacun en soy et son ami vi P*±xmets m'Amour penser «juel«i*ie folie:
rfonsiours suis mal, viuant ai se nettement, *Zt Xke me puis donner contentement, % Hors de moy ne fajr quelque saillie.
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«J'crn hoia,
Prenoit le frais, de Nynfes couronnée:
Fallois resuant comme fay maintefois,
Sans y penser: quand i'ouy une vois, Qui m'apela, disant, Nynfe estonnee, Que ne t'es tu vers Diane tournée ?
Et me voyant sans arc et sans carquois,
Qu'as tu trouué, o compagne, en ta voye, Qui de ton arc et flesches ait fait proye ?
le m'animay, respons ie, à un passant,
Et lui getay en vain toutes mes flesches Et l'arc après : mais lui les ramassant Et les tirant me fit cent et cent bresches*
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X REDIT me fut, que deuoit fermement Vn iour aymer celui dont la figure Me fut descrite : et sans autre peinture Le reconnu quand vy premièrement :
Puis le voyant aymer fatalement, Pitié ie pris de sa triste auenture :
Et tellement ie forcay ma nature, Qu'autant que lui aymay ardentement.
Qui n'ust pensé qu'en faueur deuoit croître Ce que le Gel et destins firent naître?
Mais quand ie yoj si nubileus aprets.
«» ai ,.. ^ ' e «« les mferoinm^
' «'ourdissoient ce naufrage.
Ixk " K l 5 lan<,ei "' re « 1<1 I*I»oœme vénérable» ^^at ^ Ss< ""?iuel poil? quelle codeur?
^^xt y eu » le plies emmieleur?
X\M»\ ^ m *<>t nne playe incurable?
MjïÀ. va ant est pin» à l'homme conuenable?
rv^- pénètre en chantant sa douleur?
M>& un dous lut fait encore meilleur?
Quel naturel est le plus amiable ?
le ne voudrais le dire assurément, Avant Amour forcé mon ingemenl:
allais ie sav bien et de tant ie m'assure, Que tout le beau que Ion ponrvoit cboi„>, #t que tout l'art qui ayde la Nature, jfe me saoroient acroitre mon. désir.
ioo SONNETS.
Et toy, sa seur, qu'Endimion embrasse-, Tant te repais de miel amoureus.
Mars voit Venus : Mercure auentureus De Ciel en Ciel, de lieu en lieu se glasse :
Et Iupiter remarque en mainte place Ses premiers ans plus gays et chaleureux
Voilà du Ciel la puissante harmonie,
Qui les esprits diuins ensemble lie :
Mais s'ils auoient ce qu'ils ayment lointein,
Leur harmonie et ordre irreuocable
Se tourneront en erreur variable,
Et comme moy trauailleroient en vain.
Lias! que me sert, que si parfaitement Louas iacjis et ma tresse dorée, Et de mes yeus la beauté comparée À deus Soleils, dont Amour finement
Tira les trets causes de ton tourment?
Ou estes vous, pleurs de peu de durée?
Et mort par qui deuoit estre honorée Ta ferme amour et itéré serment?
Donques c'estoit le but de ta malice De m'asseruir sous ombre de seruice?
Pardonne moy, Amy, à cette fois,
SONNETS. *o*
Estant outrée et de despit et d'ire :
Mais ie m'assure , quelque part que ta sois,
Qu'autant que moy tu soufres de martire.