‹ Evvres de Lovïze LabéChapitre 17 sur 59 · A D. LOVÏZE LABÉ, SVR SON PORTRAIT · texte numérisé non relu

A D. LOVÏZE LABÉ, SVR SON PORTRAIT

Iadis un Grec sus une froide image, Que consacra Praxitèle à Cyprine, Rafreschissant son ardente poitrine Rendit du maître admirable l'ouurage»

Las! peu s'en faut qu'à ce petit ombrage, Reconnoissant ta bouche coralline, Et tous les trais de ta beauté diurne, le n'aye autant porté témoignage.

Qu'ust fait ce Grec si cette image nue

Entre ses bras fust Venus détienne ?

Que suis ie lors quand Louïze me touche,

Et Paccollant d'un long baiser nie baise?

L'ame me part, et mourant en cet aise, le la reprens ia fuiant en sa bouche.

J.E laisse apart Méduse, et sa beauté, Qui transmuoit en pierre froide et dure, Gens qui prenoient à la voir trop de cure, Pour admirer plus grande nouveauté,

Et reciter la douce cruauté De Belle A soy, qui fait bien plus grand'chose, Lors qu'en son tout grâce naïue enclose, Veut eslargir sa douce priuauté.

Car d'un corps fait au comble de son mieus, Du vif mourant contournement des yeus , À demi clos tournant le blanc en vue :

Puis d'un soupir mignardement issant,

io8 ESCRIZ

Àuant Tapas d'un souzris blandissant, Les regardans en soyruesme transmue.

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