m'a donné la lyre, qui les vers
Souloit chanter de l'Amour Lesbienne , page 73.. La lyre de Sappho, née à Érèse ou à Mitylène, dans l'île de Lesbos.
109. —L'autre brûler et d'Amour consommer, page 74* ' Consommer est la leçon de toutes les éditions ; on verra dans
i84 NOTES.
le Glossaire, que ce n'est point une faute d'impression, comme on pourroit aisément le croire. On tliroit aujourd'hui :
L'autre brûler, d'amour se consumer.
1 10. — Voulant chasser le ridé labourage
Que Vaage auoit graué sur son visage, page 76. Cette comparaison des rides que le temps grave sur le visage, avec les sillons du laboureur, est autorisée par l'exemple d'Horace, qui a dit (Epod. 8):
Et rugis vêtus Frontem senectus exaret.
m.— -Sur son chef gris elle auoit empruntée *
Quelque perruque t et assez mal antee, même page. L'usage des perruques remonte à la plus haute antiquité. On les portoit blondes du temps de Louise Labé. Du moins Turnèbe, son contemporain, qui écrivoit aussi vers le milieu du seizième siècle, assure-t-il dans ses Adversaria (1. rv, c. 19), qu'à cette époque les dames, et surtout celles de la cour, affubloient leurs têtes de faux cheveux blonds. «Coma? sunt adpo~ « sititiœ, quales flavas plerumque mulieres mentito décore force mam quœrentes, praesertim in aulis, sibi adjiciunt. » Voy. Éloge des perruques (par M. Deguerle), Paris, an vu, in- 12. lia. — Tel n'ayme point , qu'une Dame aymera:
Tel ayme aussi, qui aymè ne sera, page 77, Horace (1. r, od. 33):
Insignem tenui fronte Lycorida Cyri torret amor; Cyrus in asperam
Déclinât Pholoen
Sic visum Veneri , cui placet impares Formas atque animos sub juga ahenea Saevo mittere cum joco.
Moschus a fait sur ce sujet une très jolie idylle, ainsi traduite par Urbain Chevreau:
Pour Echo le dieu Pan soupire»
Echo brûle pour un satyre
NOTES. i85
Que le* yens de Lidas consument jour et nuit ,
Et dans le fen qui les dévore »
Chacun hait l'objet qui le suit, Autant qu'il est hal de l'objet qu'il adore.
Toi qui des feux d'amour sens ton cœur enflammé,
Pour éviter ce mal extrême ,
Aime toujours l'objet qui t'aime , Et n'aime point celui dont tu n'es point aimé.
11 3. — O combien ha de pensée et de creinte, Tout aparsoy, Vame d'Amour ateinte!
Tu es y peut estre , en chemin inconnu Outre ton gré malade retenu, page 78.
Quid tiroeam ignoro : tâmeo tamen omnia démens :
Et patet in curas area lata meas.
Quaccumque sequor habet, qusscumque pericula tellus,
Tarn longe causas suspicor esse morsf .
(Ovide, Herold. 1, 74—770
ii4« — le crois que non: car tant suis coutumiere
De faire aus Dieus pour ta santé prière , même page.
Sstpe deos supplex, pro te, scélérate, rogavi, Cum prece turicremis devenerata focis.
(Ovide , Herold. xi , 17.)
n5. — Desia deux fois depuis le promis terme
De ton retour, Phebe ses cornes ferme, page 79. Expression poétique, empruntée à l'astronomie, pour signifier deux mois. Ovide a dit de même (Metam. vu, 53o et 53i) s
Dumque quater junctis impie vit cornibus orbem Luna, quater plénum tenuata retexuit orbem. ...
et (Heroïd. n, 3) :
Cornua cum lunst pleno quater orbe colssent»
Littoribus nostris anchora pacta tua est.
Luna quater latuit ; pleno quater orbe recrerit }
Nec vehit Actseas Sithonis unda rates.
iB6 NOTES.