Nature ayant en ses idées pris
Vn tel suget, qu'il surpassoit son mieus, page ÎOQ. Ceci est imité de Pétrarque (sonnet ia6.% part. 1) :
In quai parte del Cielo, in quai Idea Era l'esempio , onde Nature toise Quel bel viso leggiadro, in ch'ella volse Mostrar quaggiù , quanto lassu potea !. . •
On se rappelle que Platon supposait qu'il existait dans l'esprit
NOTES. îo5
de Dieu certains moules ou patrons de tons les êtres, qu'il nommoit idées,
i8j. — La signature de ce sonnet, d'immortel ZELE, est encore la deyise ou l'anagramme de quelque poète du temps , dont j'ignore le nom. Un Jean de Vauzelles, prieur de Montre» tier, chevalier de l'église métropolitaine de Lyon, et cure ou recteur de l'ancienne église de S. Romain, auteur de quelques livres de piété, qui vivoit dans le même siècle, et étoit parent de Maurice Sceve, faisant aussi une mauvaise allusion à son nom , avoit choisi pour devise ces paroles : Crainte de Dieu vaut zelle , ou celles-ci : D'un veay zelle, qu'il mettoit à la tête de ses ouvrages.
sonetto. (Page 110.)
IMITATION
Vers ces lieux où la Saône à pas lents se promène » "N'arrivant qu'à regret au "Rhône qui l'entraîne * , L'Amour avoit conduit et ma barque et mon cœur : Je respirois l'air pur que Louise respire ; Sans espoir d'être aimé , ma voix faisoit redire Son nom cher aux échos d'un rivage enchanteur; Assis sur le gazon , appuyé sur ma lyre , J'attrndois du sommeil un remède à mes maux; J'étois près de goûter les douceurs du repos. Tout-à-coup à mes yeux s'est offerte Louise , Et ces mots ont frappé mon oreille surprise : « J'endure ainsi que toi les plus cruels tourments ; a Les soupirs et les pleurs sont le lot des amants, o
(M. Pericaud aîné.)
sonetto. (Page 111.)
IMITATION
r Le feu qui brûla mon coeur,
A pour moi tant de douceur
* L. Racine, Poème de la Religion*
Que, même an milieu des flammes 9 Je Tais chantant les beaux yeux De la plus belle des femmes.
Je demande au roi des cieux Que, pour le prix de mon sêle, L'embrasant de tous mes feux Il me fasse aimer de celle Dont je suis tant amoureux.
Quand d'une ardeur mutuelle L'Amour consume deux cœurs , Il les comble de faveurs ; Biais si de brûler l'un cesse, L'autre meurt dans la tristesse.
Ah ! dépouilles vos rigueurs :
Si vous daignes me sourire , Le plus heureux des amants »
Voyant finir ses tourments , Vous consacrera sa lyre.
(Le même.)
ÀVYENTVROSi FIOBI (Page 111.)
IMITATION
Fleurs dont Labé fait sa parure , Vous qu'elle place sur son sein, Ou sur sa blonde chevelure , Trois fois heureux votre destin !
Vous que la prodigue nature Décora de mille couleurs, Vous l'emportez par vos odeurs Sur les parfums de l'Arabie !
Plus brillante encor que ces fleurs , O Louise, 6 ma .douce amie, Autant que vous l'aves voulu, Le ciel vous fit aimable et belle :
A vous former l'Amour s'est plu; Vous n'êtes point une mortelle.
Quand je vois vos divins appas, La crainte de ne pas vous plaire Dans mon cœur porte le trépas ; Mais cette céleste lumièra
NOTES. aoy
Qn'on voit briller en vos beaux jeu*
Pareille a l'astre radieux
Qui nous fait vivre et nous éclaire,
Devient mon guide tutélaire ,
Et me ramène près des lieux
Que votre beauté vivifie.
Dans ce séjour délicieux
Si je pouvais couler ma vie»
A vous, amants les plus heureux,
Loin de jamais porter envie»
Je me croirais égal aux dieux.
(Le même.)
EPITRE A SES AMIS, etc. (Page ll4-)
i85. — Cette épitre est d'Olivier de Magny, qui s'y nomme lui-même. Ne, comme Clément Marot, à Cahors en Qaercy, Olivier de Magny fit partie de « cette grande flotte de poètes « que produisit le régne du roi Henri il, » suivant l'expression de Pasquier, Recherch. de la France, VTï, 6. Il vint an monde en 1 5ao , et fut attaché en qualité de secrétaire à Jean d'Avanson, seigneur de St-Marcel, conseiller du roi, et depuis surintendant des finances, à l'époque où ce magistrat fut envoyé en ambassade à Rome sous le pontificat de Jules m, dans V intervalle de i55o à i555. Il paroi t que , dans une course qu'il fit dans le midi de la France , par ordre de son patron , il s'arrêta à Lyon où il vit Louise Labé , qu'il célébra dans cette pièce et dans l'ode : Muges, filles de Iupiter, etc. (page 121). Ces deux morceaux donneront une idée suffisante du talent poétique d'Olivier de Magny : dans le premier, on trouvera un peu d'affectation et de mignardise ; dans le second , une imagination trop vagabonde, de l'emphase et de l'exagération, mais aussi une certaine chaleur, et parfois de la grâce. Il avoit déjà publié deux de ses principaux ouvrages: ses Amours, Paris, i553, in-8.° (réimpr. depuis à Lyon, îfyS, in-16), et ses Gayetez, Paris, i554, in-8.°. Il fit paroltre ensuite des Soupirs, en i557, et des Odes, en i559.
ao8 NOTES.
186. — iV* «fe mon cher G Lu es (qui m'ayme Comme ses yeux) ...... page 116.
Il existoit sur la fin du xvii.* siècle un M. de Gyvez, avocat du roi au présidial d'Orléans, descendant sans doute de cet ami d'Olivier de Magny. C'était, suivant le témoignage de La Monnoye, qui fut en correspondance avec lui, «un homme dis- « tinguë par une littérature exquise. »
A ELLE MESME (Page ll8.)
187. — Cette pièce est de Jean-Antoine de Baïf. M. Brès l'a insérée, mais abrégée et tronquée, dans sa Bibliothèque du promeneur, Paris, i8a3, in-18 (pag. 29). NéàVenise vers i53a, fils naturel de Lazare de Baïf, Jean- Antoine de Baïf n'avoit que a3 ans en a 555, et néanmoins il avoit déjà fait beaucoup de vers. Il rima dés sa plus tendre enfance, et fut un de nos poètes les plus féconds : sa versification est un peu rude , et on y reconnoît l'école de Ronsard.
DOVBLE RONDE AV, A ELLE. (Page 120.)
188.— Ce double rondeau est très médiocre. Le poète y fait rimer le mot ofense avec lui-même: ce qui est une faute assez grossière.
ODE EN FAVEVR DE D. LOVÏZE LABÉ, A SON BON SIGNEVR. D. M.
189. — D. M. désigne Olivier de Magny, auteur de cette ode. Voy. note i85. *
190. — J^ers ce docte et gentil Fumée , page 121. Antoine Fumée, qu'Olivier de Magny qualifie dans se fi odes, publiées en i55g, de Grand Rapporteur de France. C'est sans doute le même auquel du Verdier a consacré un article où il le fait auteur d'un Panégyrique au très chrétien roi de France et de Pologne (Charles ix), Paris, i5y4, in-8.°, et d'une Histoire générale en iv livres, non achevée. La famille des Fumée occupa de grandes places, et plusieurs de ses membres se distin-
guèrent dans les lettres. Adam, premier du nom, fut garde des sceaux sous Charles Vin, en *49 2 * Un de ses arrière-petits-fiU, Nicolas , abbé commendataire de l'abbaye de la Consture au Maine, parvint à la pairie et au siège épiscopal de Beauvais* On cite aussi deux frères de ce dernier : Adam ni, sieur des Roches en Touraine, mathématicien, jurisconsulte, historien, poète, qui fut maître des requêtes de l'hôtel du roi, et Martin, seigneur de Genillé, auteur de la traduction du roman grec attribue' à Athé nageras. La préface que Muret a mise A la tête de ses Commentaires sur les Amours de Ronsard, i553, in-8.°, est adressée « à monseigneur Adam Fumée, conseiller du roi « en son parlement à Paris. »
191. — le le voy ores deuant moy En un aussi plaisant émoy Pour faire son Ode Latine , page 121.
C'est d'après ce passage que je crois pouvoir attribuer à An* toine Fumée l'ode latine , qui est la seconde pièce des Escris à la louenge de Louise Lobé (page io4). Voy. notes 162 et suiv.
19a. — I<e père de la lyre courbe , page 122. Mercure, qui passe pour avoir inventé la lyre* Le poète le désigne ainsi d'après Horace (od. I, 10, 6) :
•' Ctarvvque lyre parentem.