Et le ceruerin rebelle
Au plaisir vénérien , même page/ N'ayant trouvé le mot cerverin dans aucun de nos dictionnaires, et ne voulant néanmoins rien laisser' d'inexpliqué, j'ai recouru aux savants, soit par la voie e'pistolaire, soit par celle des journaux (voyez, entre autres, le Journal anecdotique de Castelnaudary, 3. e année, i. er semestre, n.° 21, et le Journal de Dijon et de la Côte-d'Or du 27 décembre i8a3). Je n'ai reçu aucune réponse positive; mais diverses conjectures m'ont été communiquées. Parmi les personnes auxquelles je les dois, je citerai M. Charles Pougens, de l'institut, si profondément versé dans les antiquités de la langue françoise ; M. le marquis de Chesnel , de la société d'agriculture de Montpellier, qui cultive d'une manière très distinguée les sciences naturelles ; M. de Labouïsse , si célèbre comme littérateur et comme poète, et que le culte des Muses n'empêche point de* se livrer à des études plus se* rieuses; M. le docteur Vallot, un des membres les plus instruits de l'académie de Dijon, etc. La plupart de ces savants ont pensé que le cerverin étoit le gatilier commun, le vit ex agnus cas tus de Linné. M. de Labouïsse croit même avoir lu quelque part le nom 'de cerverin, donné à un sirop qu'on préparoi t dans les couvents avec les baies de cet arbuste. M. Vallot va encore plus loin : il indique l'étymologie de ce nom. Suivant lui, cerverin vient de cerberin (petit cerbère), en remplaçant le b par e, substitution très commune dans les langues du Midi. « Cette allu- « sion, ajoute-t-il, sera facilement sentie en se rappelant ver- « tugadin » (Petites Affiches de Dijon du 16 janvier 1824). C 'étoit, en effet, une opinion généralement adoptée par les anciens, que Y agnus castus étoit doué d'une vertu réfrigérante qui le f ai soit compter au nombre des anti- aphrodisiaques les plus puissants. • Quelques auteurs racontent que les Athénieunes se
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disposant à sacrifier à Gérés dans les Thcsmophories, compo* soient pendant quelques jours leurs lits avec les feuilles de cet arbrisseau , pour se maintenir dans l'état le plus favorable à la chasteté. Bayle (art. Thcsmophories , rem. B. ), doute que cet usage ait jamais existé, et fait voir que les dames d'Athènes ne pouyoient y ayoir recours, sans avouer la foiblesse de leur vertu et leur incontinence habituelle; mais, que le fait soit vrai ou non, il n'est pas moins certain que ceux qui l'ont rapporté, regardoient Vagnus castus comme rebelle a» plaisir vénérien, pour employer les expressions de notre vieux poète. Ce préjugé, car on prétend que c'en est un, a subsisté long-temps, et s'est même perpétué presque jusqu'à nos jours. Voici ce qu'on lit dans les Lyonnois dignes de mémoire, de l'abbé Pernctti (tome n, page 179) : « M. Ghomel (de Lyon, auteur du Dictionnaire éco* « nomique, mort en 171a) étoit un homme vertueux: il aimoit « les pauvres ; et, pour soulager ceux de sa paroisse, il établit « une communauté de filles, sous le nom de l'Enfant Jésus, de « St. Vincent et de Ste. Blandine : il leur avoit dolnné le secret « de la préparation de Vagnus castus , dont il vantoit souvent « les vertus. M. Villemot, curé de la Guillotiére, impatienté « des éloges continuels que M. Chomel en faisoit, lui dit un « jour avec une brusque frauchise qui lui étoit naturelle : Il « semble que vous vouliez rendre inutile la grâce du Sauveur.» D'après ces autorités , il est sinon prouvé , du moins très vraisemblable, que, comme le croient les personnes recommandables que j'ai citées, notre auteur désigne par le mot de ceruerin, inusité aujourd'hui, levitex agnus castus de Linné. 339. — Auec V obscure ramee
Par Phebe iadis formée
Du corps Cyparissien , page 139.
Gyparisse, ami d'Apollon, ayant tué par mégarde un cerf auquel il étoit très attache, en eut tant de regret, qu'il pria les dieux de lui 6ter la vie, ou de rendre sa douleur perpétuelle. Apollon le changea en cyprès , qui dés ce moment devint le
symbole du deuil et lé compagnon des affligés. On le portoit dans les pompes funèbres, et on le plantoit autour des tombeaux.
a3o. *— D'un JVarcisse qui s' ar reste
Tout panchant le col sur Veau f page i4o.
Narcisse , en «'admirant , mourut au bord des flots , Et, fleur» il semble encor se chercher dans les eaux.
/ ( DORAT, le Mois de mai , poème.)
Voy. Ovide (Me ta m. in, 407 et seq.).
a3i. — Estoit le iaune souci, même page.
Le nom de cette fleur vient de solseauium , parce qu'en effet, comme le fait entendre le poète dans les vers suivants, elle semble suivre le soleil: elle se ferme quand il se couche, et s'ouvre lorsqu'il se lève.
a32, — Là aussi estoient Brunettes , page i4i« Les fleurs appelées Brunettes ne sont pas plus connues aujourd'hui que l'arbuste qu'on nommoit cerverin. J'ai consulté les mêmes personnes, auxquelles j*avois demandé l'explication de ce dernier mot: suivant les unes, la brunette est la scabieuse pourprée ou fleur de veuve, scabiosa atropurpurea , Linn. ; suivant les autres, c'est la petite consoude, brunella ou prunella vulgaris ; suivant d'autres enfin, c'est le cyclame d'Europe, cyclamen europœum , Linn. « Pour avoir la preuve que c'estf le « cyclame, dit M. Vallot, il suffit de recourir à l'ouvrage, fort « ancien, il est vrai, de Mathieu Sauvage, Matthaei Sylvatici « opus pandectarum ; on lit (fol. XLIH ) : Brumaria , brumeria , vl. « brunete } et (fol. XLIIII, cap. CXV) : Buthomarien , partis por- « ci nus, d'où l'on conclut facilement cyclame (Petites Affiches « de Dijon, déjà citées ). » « Ce qui a pu faire donner le nom « de brunette au cyclame, dont les variétés sont si nombreuses, « ajoute encore M. Vallot, c'est la couleur de l'écorce des rate cines, et surtout le vert brun de la surface des feuilles de « cette plante. »