BOUS
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ère*
xwj DIALOGUE
Lors double vie à chacun ea suiora.
Chacun en soy et son ami yiura.
EOTJISfi.
Il est vrai que ce morceau est assez anime. Mais je n'oublioîs pas que
La pudeur fut toujours la première des grâces.*
Craignant de l'avoir effarouchée et d'avoir éveillé la médisance, je me hâtois de me justifier en invoquant l'amour lui-même :
Permets m' Amour penser quelque folie :
Tûusiours suis mal, rruant discrettement, Et ne me puis donner contentement, §i hors de moy ne fay quelque saillie.
SAPPHCX
Ainsi, suivant l'usage, c'étoit l'amour qui tous rendoit coupable, et c'étoit lui qui tous servoit d'excuse.
LOUISE
Peut-être ayons- nous eu tort de tant nous occuper de l'amour. Comme on ne connoîssott papsr assez les détails de notre T*e, on a conformé nos actions à nos discours, et, par nos vers trop erotiques, nous avons aiguisé contre nous les armes de l'envie.
SÀPPHO.
H est certain qu'elle ne nous a ménagées ni l'une m l'antre. Et l'envie qui s'attache, aux noms illustres, meurt, à fa vérité, maïs laisse après elle la calomnie qui ne meurt pas.
* La Chaussée.
ENTRE SAPPHO ET LOUISE LABE. xix
LOUISE
Envie on calomnie, la mort et le temps n'ont pas effacé la tache imprimée sur totre conduite $ car la poésie sapphique n'a pas seule reçu votre nom.
SAPPHO
Un de nos meilleurs écrivains * en a fait ta remarque judicieuse: de grandes indiscrétions suffisent pour fié* trir la réputation d'une personne exposée aux regardsdu public et de la postérité. La chaleur de mes exprès* sîons a servi la haine de quelques femmes puissantes humiliées de ma supériorité. Vous voyez qu'ici-bas ont parle sans feinte modestie.
LOUISE
Continuez , je vous prie: j'attache beaucoup de prix à voir réhabiliter votre mémoire. Il est temps de confondre les odieuses imputations dont elle étoit souillée»
SAPPHO
Eh bien! chez nous autres Grecs, la sensibilité étoit extrême. Les liaisons les plus innocentes empruntoieni souvent le langage de l'amour. Que n'a-t-on pas dit du sage Socrate et de ses élèves ? J'aimois avec excès mes disciples, parce que je ne pouvois rien aimer autrement ; je leur exprimois ma tendresse avec la violence de la passion, et voilà tout.
LOUISE
Gomment! voilà tout ! Vous n'auriez pas eu d'amants? Les sens n'auroient eu sur vous aucun empire, et lai chimère de Platon....
* Barthélemi.