‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 29 sur 96 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

néglige, pour s’en tenir aux grandes lignes du récit. Bref, Jésus-Christ arrive, croyant son ami bien et dûment mort; les complices sont là, suivant de l'œil le dénoûment de la comédie; on écarte la pierre; « Lazare sort avec ses bandelettes et la tête entourée d’un suaire. Cette apparition dut naturellement être regardée par tout le monde comme une résurrection. » De là, cette poignée de fourbes et d’imbéciles s’en alla conquérir le monde à la foi, à la juslice et à la-charité. Voilà le miracle de la résurrection de Lazare expliqué et commenté par M. Ernest Renan, membre de l’Institut, chez Michel Lévy frères, rue Vivienne, 2 bis, et boulevard des Italiens, 15.

Que répondre à cela? Il est évident que le christianisme ne saurait résister à de pareilles attaques; 1l faut nécessairement que la religion succombe sous une argumentation aussi écrasante. Lazare, « ramené à la vie par la joie de l’arrivée de Jésus, » ou bien faisant le mort pour hâter le succès de l’entreprise, voilà de ces hypothèses neuves, fécondes, capables d’opérer une révolution dans la science... Je prie mes lecteurs de contenir leur indignation, comme je tâche de maîtriser la mienne. M. Renan nous a rendu un service. Depuis longtemps nous désirions pour nos catéchismes de persévérance une page, écrite en assez bon français, qui püt résumer ce que l’incrédulité a de plus fort à opposer aux miracles de l’Evangile. Grâce à l’auteur de la Vie de Jésus, cetle page existe, et elle restera, je l'espère. Voyez, pourrons-nous dire désormais à quel oubli de lui-même, du bon sens et de la raison arrive un homme d'esprit qui veut s’attaquer à la religion ; jugez par ces pauvretés de la force d’une critique qui se donne de si grands airs : vous avez là devant vous le résumé des efforts de l’incrédulité moderne: c’est tout ce qu'elle a su imaginer pour ébranler la certitude des miracles de l'Evangile : voyez et jugez. Tel est le pro-

fit que nous comptons bien tirer de cette page du livre de M. Renan. Il est possible que l’un ou Pautre voltairien attardé se pâme d'admiration devant elle, mais les enfants de nos catéchismes en riront, et c'est le seul cetment qu'elle mérite.

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