‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 31 sur 96 · S. Luc, n · texte numérisé non relu

S. Luc, n

Passion se répète sans que rien y manque, pas même le baiser de Judas. Faut-il s'étonner qu’un homme se lève pour blasphémer le Christ? il s’en trouve bien qui nient l'existence de Dieu, l’immortalité de l’âme, la distinction du bien et du mal! Dieu a laissé l’homme dans la mairi de son conseil !, et nous usons tous de cette liberté, les uns pour la vie, les autres pour la mort. C’est pourquoi de tels excès nous causent moins de surprise qu'ils ne nous inspirent de pitié; et, s’il est toujours pénible de les voir se produire, il n’est pas sans avantage de pouvoir constater une fois de plus que le blasphème condamne à la déraison fous ceux qui le profèrent.

Lorsqu'on lit attentivement l’ouvrage de M. Renan, on se demande à chaque instant pour qui écrit l’auteur. Pour ceux qui raisonnent et qui savent? Cela est impossible : le monde savant ne se contente pas de si peu; il sait à quoi s'en tenir sur un vernis d’érudition qu'on peut acquérir en six mois. Pour les chrétiens qui ne font pas de la religion une rêverie sentimentale, maïs qui l'envisagent comme l'affaire capitale de la vie? Encore moins : il n’est pas une page de ce roman qui ne leur inspirerait un profond dégoût. Voici donc la pensée qui se présente d'elle-même. Il existe malheureusement dans notre société, si tourmentée” depuis près d’un siècle, une classe d’esprits qui flottent entre l'erreur et la vérité, faute d’avoir reçu une éducation saine et forte. Ce sont quelques bourgeois à l'oreille desquels sont arrivés les derniers échos du rire de Voltaire; des femmes qui oublient que l'honneur de leur sexe est dans les vertus nobles et austères du foyer domestique; des jeunes gens arrivés à cet âge où la passion aime à chercher son excuse dans un doute intéressé. On me permettra d’omeltre deux ou trois

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