Ibid., p
encore été donné de rencontrer jusqu'ici dans un ouvrage quelconque de critique religieuse.
On me permettra d’être court sur le premier de ces trois points, l’auteur n'ayant pas jugé à propos de s’étendre là-dessus. 11 y a bien, dans le premier chapitre du livre, quelque chose qui ressemble de loin à un essai de philosophie de l’histoire; mais, après les grands travaux qui ont paru sur ce sujet, ces quelques pages ne méritent d’être remarquées que par leur faiblesse. 11 s'y trouve pourtant quelques révélations assez curieuses. Ainsi, par exemple, nous apprenons là que « l'homme fut religieux dés qu'il se distinqua de l'animal ‘. » Il paraîtrait, d’après cela, qu'il y a eu une époque où l’homme ne se distinguait pas de l'animal. Quand M. Renan nous aura fourni des renseignements sur cette époque si glorieuse pour l’humanité, nous lui répondrons. Du reste, ce grand esprit n'est pas très-éloigné de penser que l'immense majorité de ses semblables en est encore là aujourd’hui : « L’humanité, dit-il, offre dans son ensemble un assemblage d'êtres bas, supérieurs à l'animal en cela seul que leur égoïsme est plus réfléchi ?. » Voilà l’idée que ces orgueilleux sophistes se font de leurs frères! Quand est-ce donc que le peuple comprendra que ces prôneurs d'égalité ne cachent sous leurs caresses qu'un insultant mépris pour ce qu’ils appellent « uniforme vulgarité ? » Passons là-dessus.
Après avoir constaté que le sentiment religieux avait abouti, dans le reste du monde, au pur fétichisme, à des écoles d'immoralité, ou au naturalisme polythéiste, M. Renan s'arrête sans étonnement devant le monothéisme de la tribu des Beni-Israël. Ce fait immense, unique, d’un petit peuple conservant intacte la doctrine de l’unité