‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 123 sur 139 · LA FEMME ADULTÈRE · texte numérisé non relu

LA FEMME ADULTÈRE

Au chapitre 8, v. 3-11 , de l'évangile de Jean, dés ribes et des pharisiens amènent à Jésus une femme irprise en adultère, et qu'ils veulent lapider selon la i de Moyse. Ils amènent la femme mais non son com-

^1) IVoolston, Discourses on ihe miracles ofonr saviour^ A thîrd course^ Londres, 1728. Dans ce livre, Woolslon affecte de xw. itaquer qu'à l'inlerprélalion littérale des miracles des évangiles, H y substitue l'interprétation figurée et mystique de plusieurs es rte lÊglise. Mais il n*est pas difficile de voir qu'au fond il tenait pas plus à l'interprétation mystique qu'à Tinterprétation ^rale , et qu'il ne se réfugiait sous cet abri que dans l'espoir «hsipper aux poursuites ecclésinstiques qu'il n'a pu éviter: rfti*

liOS SECONDE PARTIE

plice, qui, en sa qualité de séducteur, pouvait être encore plus coupable que la personne séduite; or le Lévitique (ch. 20, v. 10) voulait que ce dernier fût également puni de mort. En offrant à Jésus cette occasioL de décider si Tancienne loi devait être maintenue o:: abrogée , les pharisiens lui tendaient un pié^e , espérant que sa réponse , quelle qu'elle fût , s'il en fai^âi: une directe et expresse, compromettrait soit sa rép-utation d'indulgence soit son orthodoxie. Mais Jésus recourant à un de ces faux-fuyants qui lui étaieii' familiers et dans lesquels se montre plus de circx^nspection que de stricte moralité, répond : « Que celu' « d*entre vous qui est sans péché, lui jette le premier •• la pierre. •» Cette scène est gâtée par les versets ^ el 8, où Jésus se met à écrire mysterieusement sur h terre avec le bout de son doigt,«Le sérieux de la leçon est également compromis par le verset 9, dans lequf le narrateur semble s'être proposé de faire rire, en fasant défiler un à un et sans mot dire les scribes et 1^ pharisiens, tn commençant par les plus agis. Cela e^' grivois et par conséquent déplacé.

Les disciples de Fourier citant souvent c^s parole de Jésus, Que celui d'entre vous çui est sati s péché, '* jette le premier la pierre, ainsi que celles du verset I. Je ne te condamnerai pas non pins. Ils les citent â^^ complaisance et donnent évidemment à entendre «f Jésus tenait comme eux l'adultère pour simple Wtelle. Le texte préserve Jésus de l'honneur qu'ils ve-lent lui faire. En refusant de prendre le rôle dej^^

il lui fallut subir remprisonnement et Famende tout eotasot^ n'eût pas fait un détour pour s'y soustraire. Il aurait pu s'j at^eo^" du reste le jour où, s^adressant à l'évèque de Londres, qui fi^* traité de blasphémateur et qui avait appelé sur lui les rî^ae!^^ Ja puissance séculière, il osait lui demander si son Dieu ë^t^ dormi ou en voyage pour le décharger ainsi de ses propres J^* et les confier au magistrat civIJ. (Ibidem. A Sijrlh dixtmu.)

et surtout de juge qui condamne, en invitant d'hjrpocrites accusateurs , qui viennent dicter eux-mêmes la sentence, à appliquer, s'ils osent se dire purs, une pénalité sauvage, il donne à leur inhumaine duplicité une leçon méritée , mais il ne justifie point la femme coupable, et il l'encourage si peu à de nouveaux désordres, quVn la renvoyant il lui recommande de ne plus pécher. Ces derniers mots ne ressemblent guère à la glorification de la Bacchante ni à*certaines phrases corruptrices sur la Papillonne. Il y a assez d'autres choses à reprendre dans les évangiles, et notre impartialité nous fait un devoir de déclarer que la morale phalanstérienne y cherche vainement ici un appui (1).

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