‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 16 sur 139 · LIVRES DE L ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

LIVRES DE L ANCIEN TESTAMENT

antiques sont un labyrinthe où Ton marche habituellement au milieu des ténèbres. Si je ne suis pas ceux qui croient devoir s'y engager, c'est que je pense qu'il y a mieux à faire. En effet, quand on a réussi à faire voir qu'il n'est pas démontré que tels livres de l'Ancien Testament aient été réellement écrits par les auteurs à qui on les attribue, cela ne prouve pas encore que ces livres ne disent pas vrai, et si l'on parvenait à s'assurer qu'ils sont bien véritablement l'œuvre des auteurs dont ils portent les noms, cela ne prouverait pas davantage que leur contenu fût la vérité. Je prendrai donc ces livres tels qu'ils nous sont donnés par nos adversaires, et j'examinerai simplement ce qu'ils contiennent. Je m'arrêterai à ce qui est essentiellement contraire aux notions du bien et du vrai, notions indépendantes des temps et des lieux, et non aux coutumes, aux simples usages dans lesquels l'intérêt de la morale n'est point engagé, quelque étranges , quelque différents qu'ils puissent être des usages et des mœurs modernes. Juger les temps anciens d'après leS idées, les conventions, les habitudes d'époques plus récentes, ce serait manquer d'indépendance. Pour lire les livres de l'antiquité, il faut se dégager des subtilités de certaine élégance moderne qui offusque quelquefois l'œil de l'esprit, et s'élever au-dessus de prétendues délicatesses qui au fond sont souvent fort indélicates ; il faut lire la Bible de ce point de vue étendu et parfaitement libre qui convient à l'époque actuelle, et non comme auraient pu le faire les gentilshommes de la cour de madame de Pompadour. J'espère que le lecteur reconnaîtra que je suis constamment demeuré dans les termes de cette critique impartiale, et qu'ainsi je n'en étais que mieux fondé à reprendre avec une juste sévérité tout ce que l'on rencontre de foncièrement mauvais dans les livres de l'Ancien Testament.

Les livres fondamentaux de la loi proprement dite

298 sECoig)E partie

sont la Oenèse, YlSxode^ le Létitique, les Nombres et le Deutéronome. Ils coAiposent ce qu'on appelle le Pentateuque, dont les juifs et les chrétiens attribuent la rédaction à Moyse. C'est par là que doit naturellement commencer ma critique de la Bible.

Page 1