‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 31 sur 139 · DE MORT · texte numérisé non relu

DE MORT

Le chapitre 20 contient ces commandements de .Dieu, connus sous le nom de Décalogue. On y voit, v. 5, que Jéhovah est un Dieu jaloux, et qu'il punit les hommes dans leurs descendants : théorie si souvent traduite en faits (péché originel, imputé à toute la postérité d'Adam; condamnation de Chanaan et de ses descendants pour la faute de son pèreCham; etc.), et qui se retrouve dans beaucoup d'autres textes {Exode^ ch. 34, v. 7 ; Nombres, ch. 14, v. 18; Deutironome, ch. 5, v. 9; Jérémie, ch. 32, v. 18). Mais remarquons cette contradiction. D'après le verset 5, Jéhovah punit l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et laquatrième génération, ce qui veut dire plus simplement jusqu'à la quatrième, et d'après le verset 6, il fait grâce à ceux qui observent ses commandements jusqu'à la millième gêné-

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ration. Ces deux, dispositio^ns s'annulent mutuellement. Un fils a un père impie et un grand-père vertueux, ou un pèrevertueuxetungrand-pèreimpie. Ildevraêtre puni, fût-il innocent, à cause de Tun de ses ancêtres, et il ne pourra pas l'être, fût-il coupable, à cause de l'autre. Il y a plus : on ne pourra de longtemps être puni, quelque criminel que Ton soit; car on aura bien parmi ses ancêtres quelque homme vertueux, n'y en eût-il qu'un. Mille générations remontent jusqn^à plus de «33,000 ans, eu supposant trois générations par siècle ; or, d'après les divers systèmes de chronologie biblique, la création du monde date à peine de 7,000 ans, ce qui ne donne que 210 générations. On voit quelle latitude les impies ont encore devant eux, et combien la doctrine, qui se montre souvent rigoureuse à l'excès, se montre aussi parfois excessivement accommodante. Voilà où l'on est amené, sans le vouloir peut-être, quand on abandonne la règle si simple de justice naturelle, d'après laquelle chacun doit avoir l'entière responsabilité morale de ses actes et de ceux-là seulement. Le verset 12 veut qu'on honore son père et sa mère dans le but de vivre longtemps, et donne ainsi un motif intéressé à l'accomplissement d'un devoir sacré et des plus désintéressés. (V o\r axxs^i Deutéronome, ch.5, v, \Q\ Ecclésiastique, ch. 3, V. 7; et Épître aux Éphésiens, ch. 6, v. 3.) C'est la morale de l'égoïste, qui ne fait rien de bon qu'à la condition d'en recevoir le prix matériel et immédiat, et qui ne s'abstient d'une mauvaise action que par la crainte du châtiment qu'elle peut- lui attirer. C'est du reste en harmonie avec le système moral établi par Moyse, et dont j'exposerai la formule générale lorsque je ferai voir (1) que le législateur des Hébreux n'a pas connu le dogme de l'immortalité de Tàme. Les chrétiens, quoique professant la croyance à une autre

(i) Au $ 5 du clmpitrc Y.

4li SKCONDK PKRTIK.

vie, n'en continuent pas moins (le réciter dans leurs prières ce précepte : Tes père el7nh'e honoreras afin qut tu rives longuement, précepte qu'ils voient journellement mis en défaut par Texpérionce ; car il y a beaucoup de gens qui honorent infiniment leurs parents et qui ne vivent pas longtemps, tandis que beaucoup d'autres qui ne les honorent pas du tout ont une longue vie. En vain quelques théologiens, frappés de ce que le précepte, entendu dans son sens propre et naturel, renferme de peu moral et en même temps de contraire aux faits quotidiens, essaient-ils de dire que c'est la vie céleste qui est figurée pour eux par cette longue vie terrestre que l'ancienne loi promettait aux Israélites : cette explication ne se soutient pas devant le texte si précis de VÉpttreatixÊphisiens^ où saint Paul propose pour but et promet aux chrétiens qui honorent leurs pères et mères, comme autrefois les auteurs du Pentateuque et de V. Ecclésiastique l'avaient fait aux Juifs, les avantages temporels et une longue vie passée sur cette terre. Le verset 13 défend de tuer : aucune histoire n'est souillée de plus de meurtres que l'histoire sacrée, et de meurtres commis pour la cause et par Tordre de Dieu. Le verset 15 défend le vol : on a vu, il n y a qu'un instant, les Israélites voler les Égyptiens par l'ordre de Jéhovah.

Ch. 21, V. 20 et 21, un maître qui tue son esclave à coups de verge n'est déclaré coupable que si celui-ci hd reste mort sous la main; mais s'il arrive que l'esclave ne soit pas achevé et qu'il puisse traîner son existence jusqu'au lendemain ou au surlendemain, son meurtrier n'est passible d'aucune peine, parce que, dit le texte, c'est son argent. Cette distinction entre deux cas identiques sous le rapport de la criminalité de l'acte, et qui ne diffèrent que par une circonstance indépendante de l'intention de l'agent, est donc aussi peu motivée qu'elle est révoltante. Voilà un meurtre parfaite-

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ment caractérisé et que laisse impuni le même législateur qui tout à l'heure défendait le meurtre. Par compensation sans doute, on va le voir punir de mort de simples délits.

Ch. 30, V. 22-38, Jéhovah donne à Moyse la recette des parfums sacrés qui devaient servir soit à oindre Aaron et ses âls et les divers objets et ustensiles du culte, soit à embaumer le tabernacle du témoignage. On remarquera, aux versets 33 et 38, la pénalité instîtuée contre ceux qui auraient osé composer le premier parfum pour en donner à un étranger, et le second pour le seul plaisir de le respirer : les contrefacteurs devaient être mis à mort. Quel Code ! La peine capitale pour avoir fabriqué et donné ou respiré des parfums sans permission !

Ch. 31, V. 14 et 15, Quiconque trataille le jour du, Sabbat sera mis à mort. Encore la plus grande des peines pour un acte qui, jugé du point de vue même de l'esprit étroit des observances judaïques, n'était évidemment qu'un délit. Et qu'on ne croie pas que le législateur fasse ici une simple menace qu'il n'ait pas l'intention d'exécuter ; car on voit plus loin, au ch. 15, v. 32-36 des Nomh'eSy Moyse condamner à mort, par r ordre de Jéhovah, un homme qui avait ramassé du bois un jour de Sabbat, et le peuple exécuter cette horrible sentence.

On peut voir ailleurs la peine capitale prodiguée pour de simples délits. La Genèse, ch. 17, v. 14, VExode ch. 12, V. 15 et 19,1e Lévitique, ch. 7, v. 21 et 25-27, ch. 17, V. 10 et 14, ch. 19, v. 7 et 8, ch. 22, v. 3, et ch. 23, V. 29 et 30, et les Nombres, ch. 19, v. 13 et 20, punissent de mort ceux qui ne se font pas circoncire (1), ceux qui mangent des aliments défendus ou

(l)Ce cas d'application de la peine capitale revêt, dans la version des Septante, le caractère particulier, si Tamilier à la législa-

consacrés, ceux qui ayant touché des choseâ déclarées impures, ne se font pas asperger par le prêtre, ceux enfin qui travaillent ou ne jeûnent pas le jour des expiations.

§7. — ADORATION DU VEAU d'oR.

Ch. 32, Y. 1-6, pendant que Moyse est sur le Sinai, les Hébreux demandent des Dieux à son frère Âaron.

tien biblique, et qui consiste à frafjper riniiocent pour le coupable. Au chapitre 17 de la Genèsey Dieu vient dinstituer la circoucision comme signe de son alliance avec Abraham et sa postérité; it prescrit de pratiquer cette opération sur tout enfant mftle âgé de 8 jours, V. 12. Il est évident que cette prescription ne peut s'adresser qu'aux parents du nouveau-né, et que dès lors ce sont eux qui doivent encourir la peine qui serait instituée contre Tomission de la circoncision. Eh bien, c'est Tentant qui sera puni! Et comment puni? De la peine de mort, verset 14. C'est un de ces récits qu'Origène retusait d'entendre selon le sens naturel des mots. II s'indignait justement de voir ainsi punir un enfant innocent pour la faute de ses parents. (llij&l àpx^^j Hvre 4, $ 17, tome l**', Paris, 1733.) Mais la vérité est que le texte hébraïque du verset 14 ne désigne pas nécessairement Tentant même : il y est question d'un incirconcis en termes généraux et sans la condition d'&ge mentionnée au verset 12; cela peut donc absolument s'entendre de celui qui, devenu adulte sans avoir été circoncis, négligerait de se soumettre à cette pratique. Punir cette négligence de la peine capitale, c'est assurément une chose exorbitante ; mais cela n'est plus aussi odieux que s'il s'agissait de l'enfant auquel seul peuvent s'appliquer les mots le huitième jour y par lesquels s'est laissé tromper Origène, qui, ainsi que la plupart des Pères de TÉglise grecque, ne consultait habituellement que la version des Septante. Dans \e texte samaritain, il est aussi question du Autr/èm^ jour au verset 1 4. {liîMe polyglolle, tome VI, Paris, 1632.)

Celui-ci, qui était doué pourtant du talent de la parole (ch. 4, V. 14-16), loin d'appliquer les foudres de son éloquence à combattre ce désir insensé, trouve tout simple d'y accéder, se met à fondre un veau d'or auquel il élève un autel, et soit dérision, soit qu'il voulût sérieusement attribuer à son nouveau Dieu le nom de l'ancien, il s'écrie ; Demain la fête de JéhovaA. Le lendemain donc le peuple, debout de grand matin, offre des sacrifices à son idole, festine, chante et danse autour d'elle. Mais, au milieu de lorgie payenne, survient Moyse, apportant les tables de pierre, sculptées de la main même de Dieu (ch. 31, v. 18, et ch. 32, v. 15 et 16). Transporté de colère, il brise les tables de la loi, ce qui était témoigner son respect pour leur divin aur teur d'une façon singulière et qui ne lui est point reprochée ; puis il prend le veau d'or, le Mie, le réduit e/i poudre, le met dans de Veau et le fait boire aux Israélites, V. 19 et 20 (1). Après avoir adressé à Aaron quelques mots de reproches, mais pour la forme seule-

(1; L'auteur de V Exode a accumulé dans ces quelques mots plusieurs dirncullésqui décoocertent la science des chimisles actuels. Les versets 4 et 24 ne permettent pas de recourir à la supposition d'une idole de bois siroplem'ent dorée ; car il y est expressément question d'un veau fondu et coulé en or. Comment s*y prit Moyse pour le brûler, le dissoudre dans de l'eau et le rendre potable? L'or est un des métaux les plus inaltérables. Ce n'est pas chose facile que de l'oxyder; pour devenir incandescent, il faut qu'il soit extrêmement divisé et porté à une température de 50 degrés du pyromèlre de Wedgwood. On parvient bien à le dissoudre par un mélange des deux acides azotique et chlorhydrique. Il y a aussi une préparation appelée or potable et qui est un chlorure d'or dissous dans de Téther. Mais ces substances étaient-elles déjà connues du temps de Moyse, et, d|ps ce cas-là môme,* se faisait-il suivre, au désert, des appareils nécessaires à des manipulations chimiques? Dans la version syriaque, Moyse réduit le veau d'or en poudre avec une lime, opération mécanique qui ira pas de rapport avec une dissolution chimique. (Bible polyglotte^ Ibidem.)

tliS SECOiNDE PARTIE

meut comme on le verra tout à l'heure, il appelle à lui les lévites et leur adresse cette harangue : « Que cha- M cun tue son frère et son compagnon et son prochain » V. 27. Les lévites égorgent environ trois raille Israélites (1), et Moyse les encourage en ces termes, v. 29 : <• Que chacun de vous consacre aujourd'hui sa main à « Jéhovah dans son fils et son frère (2). »» Il faut noter que Moyse venait de- donner tout récemment, ch. 20, les conunandements de la loi, parmi lesquels se trouvait cette défense: Ttc ne tue7*as point. Il vient ensuite jouer la sensibilité auprès du peuple, en disant qu*il va monter près de Jéhovah , afin de tâcher de le fléchir; mais il rapporte une réponse impitoyable et qui lui donne les apparences de la tendresse, v. 30-34 : c'est une scène de même nature que celle des v. 9-14, où Moyse avait arrêté la fureur de Dieu qui voulait détruire tous les Israélites et le mettre à la tète d'une autre grande nation. Disons enfin que, si quelqu'un avait dû être puni de mort pour ce fait d'idolâtrie, c'était assurément le plus coupable de tous, cet Aaron qui, chargé de la conduite du peuple pendant l'absence

(i) La plupart des cdilions, soit manuscrites soit imprimées, de la Vulgate portent environ vingt-trois mille, v. 28. Cependant ia Bible latine de Mayence, de i472, Tune des premières éditions imprimées, porte environ trente-trois mille.

(2) C'est ce noble exploit que Racine célébrait en beaux vers devant la cour de Louis XIV, loi^qu'ii mettait ces paroles dans la bouche du grand-prètre, s^adressant aux lévites :

« Duos rinfidèle sang baignez-vous sans horreur.

K Frappez et Tyrieiis et même Israélites.

«v Ne descendez-vous pas de ces Tameux lévites

I Qnt, lorsqu'au Dieu du Nil le volage Israël

« Rendit dans le désert un culte crf^ninel,

H De leurs plus chers parent i saintement homiddefi,

«. Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides.

•< Kt par ce noble exploit vous acquirent Thouneur

«< D^ètre seuls employés aux autels du Seigneur? »

{A thalie, acte 4, scelle 3.]

EXODE il9

de Mo^'^se, se prête lâchement à sa criminelle fantaisie, et croit se justifier en disant que ce peuple est enclin au mal, v. 22, ce qui était une raison de plus pour ne pas lui faciliter les moyens de s'y livrer. Moyse ne trouve rien à reprendre dans cette étrange justification, et non-seulement il épargne Aaron, mais il va bientôt l'élever, et toujours par Tordre de Dieu, à la dignité de grand- prêtre et souverain pontife de la religion nouvelle, ainsi qu'on le voit au chapitre 8 du Lé^ vitique. Est-ce donc que nous voudrions que Moyse eût ajouté le meurtre de son frère à tant d'autres meurtres? Personne ne le pensera. Ce que nous voulons dire seulement, c'est qu'après avoir ordonné aux lévites d'égorger ceux de leurs frères et de leurs fils qui avaient pris part à l'adoration du veau d'or, si cette exécution était sainte, il devait, pour être conséquent, en donner l'exemple, surtout quand il s'agissait de celui des coupables auquel il avait lui-même attribué la première part de responsabilité du péché du peuple, V. 21. L'excès d'indulgence avec lequel est traité celui qui avait commis un des plus grands crimes aux yeux du Dieu jaloux, contraste encore ici singulièrement avec l'excès de sévérité de la peine capitale infligée à de simples délits, tels que ceux que j'ai mentionnés au précédent paragraphe, ou encore au fait de négligence des fils de ce même Aaron, Nadab et Abiu, que Jéhovah brûle tout vifs pour n'avoir pas pris sur l'autel, selon le cérémonial prescrit, le feu qu'ils avaient mis dans leurs encensoirs {Lévilique, ch. 10, v. 1-3).

Cette histoire de l'adoration du veau d'or et du massacre qui s'ensuivit est.donc tissue d'inconséquences autant que d'horreurs, et l'on ne s'étonne pas que l'historien juif Joseph n'en ait rien dit.

Au Deutéronome (ch. 9, v. 9-21), Moyse rappelle aux Israélites le souvenir du veau d'or, mais avec de fortes variantes. Il ne dit pas leur avoir fait boire dans de

k20 SECONDE PARTJE

Teau ridole pulvérisée, mais seulement en avoir jeté la poudre au torrent qui descendait de la montagne. H dit avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, à deux reprises différentes, qu'il place avant la confection des secondes tables, tandis que, ddUïsY^xode, il n'est parlé que d*un jeûne, qui a lieu seulement lors de la confection des secondes tables, ch. 34, v. 28. 11 intervient en faveur d'Aaron que Jéhovali voulait d Sabord faire mourir. Enfin il est particulièrement remarquable qu'il ne fait nulle mention du massacre rapporté dans VJixode.

g 8. — MOYSE DEMANDE A VOIR LA GLOIRE DE JEHOVAU.

Ch. 33, Jéhovah à qui Moyse vient de demander, v. 18, de lui montrer sa gloire, répond-, v. 20 : « Tu ne •* pourras pas voir ma face; car l'homme ne peut pas •* me voir et continuer de vivre. »» Pourtant Jéhovah imagine un moyen de satisfaire en partie la curiosité de Moyse, et ce moyen est des plus singuliers : » Lors- « que ma gloire passera, lui dit-il, v. 22 et 23, je te *• placerai au trou d'un rocher, et je te couvrirai de « ma main, jusqu'à ce que je sois passé. Et je retirerai ** ma main, et lu me verras par derrière. »» Le texte ne dit pas comment s'exécuta cette bouffonnerie, dans laquelle Origène a découvert une figure de l'avènement du Christ (1).

Remarquons ces contradictions. Il résulte positive-

nt; Homélie 16 sur Jérémie, ail. 2, tome III, Paris, 1740.

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ment des versets 20 et 23 que Moyse ne peut pas voir la face de Jéhovah. Or, quelques lignes plus haut, v. 11 du même chapitre, il est dit au contraire que Jéhovah parlait à Moyse face à face, comme un homme parle à son ami. Et Ton voit, au chapitre 12 des Nombres, v. 6-8, que si Jéhovah apparaît à d'autres prophètes dans des visions ou dans des songes, il n'en est pas de même de son serviteur Moyse avec qui il s'abouche véritablement. Plus loin, au chapitre 5, v. 4, et au chaj)itre 34, v. 10 du J)eutéronome, Moyse répète encore que Jéhovah lui a ^Sivlé face à face. Enfin , au chapitre 32, V. 30, de la Genhe, Jacob avait vu Dieu face à face. D'un autre côté, dans plusieurs passages des livres du Nouveau Testament^ il est dit expressément que nul homme n'a jamais vu Dieu (.6Vm//i/« de Jean, ch. 1®^, V. 18; 1"^ Épîlre de Paul à Timothée, ch. 6, v. 16; et \'^ ÉpUre de Jean, ch. 4, v. 12).

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