PILATE A SON ÉGARD
Dans Matthieu, ch. 20, v. 51 et 52, au moment de l'arrestation de Jésus, un de ses disciples tire son épée et coupe l'oreille de l'esclave du grand-prôtre. Jésus réprimande son disciple, non-seulement en l'invitant it remettre son épée dans le fourreau, mais en ajouant que tous ceux qui prendront Tépée périront par 'épée. Marc, ch. 14, v. 47, se borne à dire qu'un des .ssistants tire son glaive et coupe l'oreille de l'esclave lia grand-prètre. Dans la narration plus précise de ean, ch. 18, v. 10 et 11, le disciple qui frappe l'es* lave dugrand-prètre est Simon Pierre. L'esclavesapolle Malchus, et c'est son oreille droite qui est cou-
pée. Jésus dit à Pierre de remettre son épée dans !e fourreau > mais sans ajouter que ceux qui prendront répée périront par l'épée. Ces récits, tout en éUint différents, n'ont rien de contradictoire entre eux , e: l'invitation que, dans le l^ et le 4® évangile, Jêss^ adresse à son disciple sous forme évidente de réprimande, est d'ailleurs en harmonie avec les précepte habituels de patience et d'humilité dont j'aurai pl^s loin (1) à signaler l'exagération et les mauvaises applications. Mais voici maintenant le récit de Luc, ch. 22, V. 36, 38 et 49-51. Jésus dit à ses disciples : « Qae *• celui qui a une bourse la prenne, et qu'il prenne m également sa besace; et que celui qui n'en a point. « vende son vèteihent et achète une épée. » hdisciples répondent : « Nous avons ici deux épées. « E' il ajoute : « Cela est suffisant. » Ils se rendent alors an mont des Oliviers. Lorsque les gens -armés, conduits par Judas, se présentent, les disciples de Jésus lui disent : « Maître, frapperons-nous de l'épée? » Il ne r^ pond rien. Un des disciples, interprétant sans dou'.e ce silence comme un signe d'assentiment, frappe Tesclavedu grand-prêtre et lui coupe Toreille droite. Jé^r? ne blâme point cet acte, mais se contente de din^ « Tenez-vous-en là. »• Il guérit alors par un simple attouchement l'esclave mutilé, ce qui permet de suppose: que l'oreille n'avait pas été entièrement amputée. Malgré cette guérison miraculeuse, dont aucun des autn^ évangélistes n'avait parlé, il est manifeste que le ro^ de Luc ne se concilie point avec ceux de Matthieu •• de Jean. Loin d'y blâmer l'emploi de la force ni.v rielle pour repousser une injuste agression, Jésus recommande de vendre ses vêtements pour se procur ' des armes. Quand ses disciples lui disent qu'ils ont avc eux deux épées, il ne leur en interdit pas l'usage « m-
1) Au chapitre H, J 4, de celle seconde section.
CONTRADICTIONS ET DIVERGINCES 281
il dit seulement qu elles suffisent à la défense commune. Lorsqu'on vient l'arrêter et que ses disciples lui demandent s'il faut frapper de l'épée, il ne dit pas non, et c'est seulement après que l'esclave du grand-prôtré a été blessé, qu'il donne l'ordre de ne pas pousser plus loin une résistance devenue sans doute inutile ou jugée telle. Cette dernière version fait jouer à Jésus un rôle qui n'est pas conséquent avec ses habitudes et ses doctrines ordinaires , telles qu'elles apparaissent dans l'évangile même de Luc. Faire porter et tirer l'épée à ses disciples, en particulier à Pierre, son futur vicaire et le chef des apôtres , n'est-ce pas quelque chose d*aussi contrastant avec la plupart des enseignements qu'on lui attribue, que si on lui mettait à lui-môme l'épée à la main? Disons enfin que, si Pierre devait ti- "er son épée, il était plus naturel que ce fût contre rudas que contre un obscur serviteur du grand-prêtre. ^lais le miracle que raconte Luc n'eût guère été posible alors. Qui eût pu en effet s'intéresser à voir guéir une blessure faite à un pareil traître, et à quoi bon 'ailleurs lui rendre son oreille, puisqu'on allait bientôt 3 faire se suicider ?
Selon Matthieu, v. 57, Marc, v. 53, et Luc, v. 54, ésus, après son arrestation, est conduit immédiatement evant le grand-prêtre, que Matthieu appelle-Caïphe. elon Jean, au contraire, v. 13 et 24, il est amené abord devant Anne, beau-père de Caïphe. Jean, en ^mraantaussi Caïphe, fait observer qu'il était le grand- *être de cette année-là, expression qui, répétée jusl'à trois fois (Ch. 11, v. 49 et 51, et ch. 18, v. 13), riible dire que le rédacteur du 4® évangile croyait iiixielle cette fonction, qui au contraire devait être à ^ . Il est vrai que les Romains, devenus maîtres de la <5ée, dépossédèrent souvent ceux qui en étaient revê- ^ ; mais l'historien Joseph nous apprend que Caïphe ex*ça le souverain pontificat pendant les dix années
282 SECONDE PARTIK
du gouvernement de Ponce-Pilate, et qu'il n'en fut dépossédé par Vitellius qu'à une époque postérieare i celle que la tradition chrétienne assigne à la mort it Jésus (1).
D'après Matthieu, v. 57-66, et Marc, v. 53-64, Jésus, amené chez Caïphe, est immédiatement tranv!: devant le conseil des prêtres et jugé la nuit mèrcf. puisqu au début du chapitre suivant, le jour point et lconseil renvoie Jésus devant Pilate. D'après Lcc : contraire, v. 66, le sanhédrin ne s'assembla pourjv. que lorsque le jour fut venu. Cette contradir:: étonne de la part de Luc. On ne peut pas dire qu* l craint de déranger de leur sommeil les princes - Prêtres, les magistrats du temple et les anciens peuple ; car il est le seul évangéliste qui les fasse ater, V. 52, même à l'arrestation nocturne de Jési:s^ lô mont des Oliviers, ce qui est d'une invraisembl.v peu commune.
Matthieu, v. 60 et 61, et Marc, v. 57 et 58, qi^ fient de /aux témoins ceux qui viennent devant le / seil accuser Jésus d'avoir dit qu'il pourrait reconstr en trois jours le temple de Dieu. Cela est en contr; tion avec le témoignage de Jean (ch. 2, v. 18-21 . Jésus, faisant allusion à sa mort et à sarésurrect: ' montrant le temple aux Juifs, leur avait bien vérn^ ment dit qu'il le réédiflerait en trois jours arpès , aurait été détruit.
Chez Matthieu, v. 67, et Marc, v. 65, JésB? ' l'objet des railleries , des crachats et des srr: qu!après la condamnation prononcée par les prêt: le texte laisse supposer que ce sont les juges eux-aqui se permettent ces infâmes traitements et ei. nent l'exemple à leurs valets. Chez Luc au cosv
(0 Iou(^fluxT& àpxoLiokayia, livre 18, ch. 2, et 4, tome I**. a dam, <726.
r.ONTRADICTIOlVS BT DIVERGENCES 283
Y. 63 et 64, il les enduro de la part des gardes, arant rihterrogatoire du sanhédrin, mais point après la condamnation. Chez Jean, v. 22, c'est pendant l'interrogatoire qu'un des serviteurs du grand-prêtre donne un soufflet à Jésus.
Ainsi que je l'ai déjà fait observer (l),les Juifs, d'après Jean, v. 28-38, n'entrèrent pas dans le prétoire lorsque Jésus fut amené devant Pilate. Au contraire, d'après Matthieu, ch. 27, v. 11-13, Marc, ch. 15, V. 2-4, et Luc, ch. 23, v. 1-4, 13 et 14, ils sont présents à l'interrogatoire et y jouent le rôle d'accusateurs.
D'après Luc, ch. 22, v. 6-11, Pilate interrompt son interrogatoire au beau milieu pour renvoyer Jésus devant Hérode, tétrarque de la Galilée, qui se trouvait alors à Jérusalem. Celui-ci traite Jésus avec mépris et le renvoie à Pilate. Voilà un incident dont aucun des trois autres évauKélistes ne dit mot et qui ne se comprend pas. Jésus était accusé auprès du gouverneur romain, V. 2, de crimes portant atteinte à l'autor té romaine et pour la répression desquels il n'avait pat* conséquent pas, quoique Galiléen, à être traduit devant lé tétrarque de Galilée.
Selon Matthieu, ch. 27, v. 26-31, et Marc. ch. 16, V. 15-20, ce n'est qn après avoir livré Jésus que Pilate le laisse outrager par ses soldats. Selon Jean, ch. 19, V. 1-16, au contraire, c'est avanl de le livrer aux Juifs. et, chose étrange! l'évangéliste parait faire entendre, V. 4 et 5, que Pilate a recours à ces odieux et inutiles traitements comme à un dernier moyen d'apitoyer les Juifs et de sauver Jésus.
Voyons maintenant si le rôle que les évangiles font jouer à Pilate se concilie avec les dispositions qu'ils lui prêtent à l'égard de Jésus, et d'un autre côté si ces
(i) S 15 de ce chapitre.
dispositions sont d*accord avec le caractère que lai assigne l'histoire. D'après la relation des quatre ëvangelistes, particulièrement de Luc, ch. 23, et de Jean, ch. 18 et 19, il était convaincu de Tinnocence de Jésus ; et cependant il le livre aux bourreaux, après Tavoir laissé outrager par ses soldats dans son propre prétoire, et lui avoir préféré un prisonnier que Jean, ch. IS. V. 40, appelle un brigand, et qui, d'après Marc, ch. 15. V. 7, et Luc, ch. 23, v. 19, était un de ces conspirateurs politiques que soulevait alors à chaque instajdt la tjrrannie de l'occupation romaine, et qui n*iuspiraient probablement pas d'intérêt au gouverneur (1) ! Dans les évangiles de Matthieu, Marc et Jean, il parait se contenter d'abandonner Jésus aux Juifs sans prononcer i^ jugement proprement dit ; mais, dans l'évangile de Lqc. il prononce réellement une sentence de mort, v. 24. li prend de l'eau et se lave les mains en présence du peuple, ce qui est une façon très-commode de se débarrasser de la responsabilité de ses iniquités : cette particularité dérisoire ne se trouve que dans l'évangile d? Matthieu, non plus que le message delafemmedePilat^. laquelle avait eu un mauvais rêve au sujet de Jésus. message dont le gouverneur aura fait apparemment h confidence à l'évangéliste, v. 19 et 24. Lorsque Pilate, se lavant les mains, dit au peuple : « Je suis innocer.: « du sang de ce juste; vous en répondrez, » tout > peuple s'écrie : « Que son sang soit sur nous et sur ne- • enfants! »* v. 25. Cette exclamation, attribuée ai: peuple, suscite deux observations. D'abord elle revieijt à ceci : ** Nous savons que nous commettons une ini-
(1) Marc, en disant seulement que Barabbas était pris^^inier avec des révoltés qui avaient commis un meurtre dans v^: sédition ^ ne le désigne pas pour cela comme l'auteur du meurtre. Dans ]a Vulgate, Barabbas seul est désigné comme in*:»urier.
« quité et que nous et nos enfants nous en serons pu- - nis; mais peu nous importe. »» Or il résulte de l'ensemble des relations évangéliques mêmes que les ennemis de Jésus le croyaient coupable de blasphème ; par conséquent ils ne pouvaient pas le proclamer juste et se déclarer eux-mêmes criminels. En second lieu, il est évident que le cri insensé qu'on prête ici au peuple, a été imaginé au point de vue de l'idée chrétienne, d'après laquelle tous les malheurs éprouvés dans la suite par les Juifs dispersés étaient la punition du déicide commis par leurs pères. Il y aurait donc encore là un indice d'une rédaction du premier évangile, de beaucoup postérieure à l'époque qui lui est attribuée par là tradition chrétienne. Dans la relation de Jean, non-seulement Pilate est persuadé de l'innocence de Jésus, mais il persiste à l'appeler le Hoi des Jui/s^ et cela en présence des prêtres. Il fait écrire ces mots sur la croix, en hébreu, en grec et en latin (1), et ne tient aucun compte de la réclamation que les Juifs [ui adressent à cet égard. Cette expression Hoi des TuifSy il serait trop absurde de supposer que Pilate, serviteur de l'empereur, l'entendît au propre; si ce n'était une ironie, il la prenait donc dans le sens mystique et religieux, et alors il croyait à la mission divine ie Jésus. Mais s'il avait le courage d'en faire profession mblique quand il était d'ailleurs revêtu d'une autorité suffisante pour protéger Jésus comme c'était son deroir, et le sauver comme cela était dans son désir, comaent admettre^ qu'il eût été assez lâche pour le livrer xrsL Juifs et le laisser outrager par ses soldats? Dira- -on qu'il craignait le peuple ameuté, qu'il craignait suroixt qu'on ne l'accusât auprès de l'empereur de proté-
(^4) La teneur de cette inscription varie dans les quatre évangiles ^a.tthieu, eh. 27, v. 37; Marc, eh. 15, v. 26; Luc. ch. 23, v. 38 ; ïâ.o, ch. 19, V. 19.)
286 SECO!fDE PARTIE
ger un homme qui se disait roi des Juifs? C*en ce
qu'insinuent les évangélistes, et surtout Jean, qui, dans ce but, le fait dire et répéter avec une affectatitm marquée, ch. 18, V. 39, et ch. 19, v. 14, 15, 19 et 22. qu^ Jésus est roi des Juifs. Mais Pilate prenait-il queiq-:^ souci de la colère du peuple ameuté, qu'il excitait contraire chaque jour par sa tyrannie, ses exaction sa cruauté? Philon, qui, tout contemporain qu'il pui: de Jésus, n'en a jamais parlé, et que nous pouvons t^ nir pour désintéressé dans la question , représ comme un des gouverneurs des plus odieux, renlï la justice pour de l'argent, commettant toutes sort de sévices, de rapines, de violences et d'outrages lant jusqu'à ordonner, sans jugements préalables, d nombreuses exécutions qui devenaient ainsi de vertables meurtres, ce Ponce Pilate que les évangélU: nous peignent comme s'attendrissant sur le sort de Je sus qu'il déclare juste et innocent, qu'il désire sauv:* et qu'il n'abandonne que par faiblesse (1). Quant à la* cusation qu'on eût portée contre lui auprès de reni:> reur, il savait bien qu'il n'avait rien à redouter de i côté, pour avoir défendu un innocent contre la furr i des prêtres et de la populace soulevée par eux, et c. n'en recevrait au contraire que des éloges. La peinr i fidèle de la prétendue royauté de Jésus eût fait sour r l'empereur, et l'eût laissé dormir bien tranquille si:r ^ souveraineté juive. Que conclure de tout ceci? Que i relations évangéliques présentent sur le point si imitant du jugement de Jésus, indépendamment des ci tradictions signalées* au commencement de ce ff. i graphe, des caractères nombreux d'un arrangemeir. I circonstances, fait après coup et pour le besoin ti I croyance, arrangement incohérent comme toutes
(1} n«^ol «oïTwv x«l TtptiT^tiaç npoç Tâcov, Paris, i640.
œuvres de la naYve légende, qui n*est pas difficile dans le choix des moyens, et qui ne croit jamais avoir rendu les événements.trop dociles à ses intérêts. Quand on lit ces relations sans parti pris, on demeure persuadé de l'impossibilité que les choses se soient passées comme elles sont racontées. Aucune des accusations portées contre Jésus n*est de nature à motiver une condamnation capitale dans Tesprit du juge qui seul jiouvait la prononcer et qui le déclare publiquement. On pense bien que l'autorité romaine ne se croyait pas alors obligée de prononcer toutes les condamna* tions à mort, prodiguées dans les livres de Moyse. Il s'est rencontré trop souvent des juges qui, sous l'impulsion de la passion ou de l'intérêt ou de la peur, ont condamné des personnes qu'ils savaient innocentes et qu'ils feignaient de croire coupables ; mais il ne s'en est jamais rencontré qui, ayant le courage de déclarer un accusé innocent malgré les cris d'accusateurs qui demandaient sa mort, aient eu en même temps la lâcheté de le livrer à leur fureur : une pareille supposition n'est pas soutenable et elle Test ici moins que partout ailleurs, d'après ce que nous savons du caractère et de- la conduite habituelle de Pilate à l'égard du peuple juif. Ceux qui acceptent de telles fables, n'ont pas plus que ceux qui les ont écrites étudié la nature du cœurhurnain et la marche des" choses de la vie. Si donc Jésus a été condamné à mort, il faut que d'autres griefs que ceux qui sont mentionnés dans les évangiles aient été xi'ticulés contre lui, et que ces griefs aient été de natiire, je ne dis pas à justifier mais du moins à faire -oncevoir comme possible une pareille sentence. Un :t-nit de lumière percerait ces ténèbres, s'il était consisté que Jésus eut fait beaucoup d'actes comme ceux I xjLB les évangélistes lui attribuent, lorsqu'ils le repré- ^3 iitent chassant violemment les vendeurs et les acheg=^ vrs du temple ; mais ces actes, évidemment attenta-^
tûires à la propriété comme à la paix publique, auraieat eux-mêmes besoin de preuves, et Ton a vu plus haut il qu'ils en étaient dépourvus. Dans cette absence complète de documents véritablement probants, le champ reste ouvert aux conjectures, et la plus probable me semble celle que j'ai déjà émise (2), à savoir que Pilâte, poussé peut-être par les prêtres ennemis déclaré de Jésus, Taurait en réalité condamné à mort, m^ dans des dispositions et au milieu de circonstances tou autres que celles qui sont relatées dans les évangiles. Il est arrêté, acc|isé, jugé, condamné et exécuté en quelques heures. Était-ce avec cette précipitation sair vage que s'administrait à cette époque la justice r> maine, même dans les pays conquis? L'exemple de a Barabbas qu'on nous dit retenu en prison, quoique séditieux et meurtrier, prouverait au besoin le contndre^ Que Pilate, comme la plupart des gouverneurs que te maîtres du monde envoyaient dans les provinces nouvellement soumises au joug, agit habituellement avec cette brutalité et cet arbitraire que lui reproche Philon. cela est fort croyable; mais encore faut-il supposa que, lorsqu'il faisait tant que de siéger publiquement comme juge en matière capitale, il ne pouvait pas fpy céder avec la légèreté, je dirais presque risible si elle n'était cruelle, que les évangélistes lui attribuent ï l'égard de Jésus, tout en nous disant qu'il s'intéressa.: à sa personne et qu'il voulait l'absoudre.
Dans plusieurs détails des récits de la passion perc une intention évidente de flatter les Romains aux d^ pens des Juifs qu'ils asservissaient. Des auteurs ont t. dans ce fait^ avec quelque apparence de raison, u:preuve que ces récits ont reçu leur forme actuelle ù rédaction à une époque où le christianisme commenrx
(i) Au J 13 de ce chapitre.
(2) Au chapitre IV de la 1" parUe, page 131 du tome I*
COxNTHADlCTlUNS ET DIVERGENCES 289^
à se répandre dans le monde payen et romain, c'est-àdire à une époque beaucoup moins rapprochée de celle où aurait vécu Jésus que ne le supposent les auteurs chrétiens.