JÉSUS AU JARDIN DES OLIVIERS
Tandis que Jean, ch. 14, 15, 16, 17 et 18, fait tenir b. Jésus, peu d'instants avant son arrestation, des dis-
(1) Vie de Jésus, traduction de M. Littré, 3* section, 2* chapitre, i 115^ tome II, Paris, 1840.
cours pleins de calme, et le fait aller au-devant de ses
ennemis, ch. 18, v. 4-8, avec une courageuse assurance, Matthieu, ch. 26, v. 36-39, Marc, ch. 14. V. 32-36, et Luc, ch. 22, v. 41-44, le représentent en prières, et dans quelle attitude! Chez Matthieu e* Marc, il se prosterne le visage contre terre; chez Luc. il se contente de se mettre à genoux. Ils le font demander à son père d'éloigner la mort qui le menace. Il est vrai qu'ils paraissent sentir ce que cette prière peut avoir d*étonnant dans une telle bouche; car ils la font suivre immédiatement d'un acte de résignation à la volonté suprême. Marc va jusqu'à faire tomber Jésus dans un état de stupeur et de consternation, v. 33. Luc fait descendre du ciel un ange pour le fortifier; non content de le représenter en agonie, il le fait suer comme des grumeaux de sang, v. 44. On remarquera que ce môme Jean, ([ui ne dit rien de cet état d'abattement moral, que les trois autres évangélistes attribuent à Jésus, a dû, d'après Matthieu, y. 37 et 38, et Marc, v. 33 et 34, en être un des trois témoins oculaires privilégiés et entendre Jésus se plaindre si amèrement. Un instant Jean avait présenté Jésus commo éprouvant quelque trouble à la pensée de la mort qui l'attendait; mais c'était pour le faire.se relever aus^sitôt avec dignité en prononçant ces paroles : - Que « dirai-je, Père, épargne-moi cette heure? Mais c'est *• pour cela que je suis venu. « Ch. 12, v. 27.
On pourrait demander où étaient les témoins qui i-nt entendu les paroles prononcées par Jésus dans sa prière, et qui ont vn plusieurs des particularités rapportées par les évangélistes. La difficulté existe dêjA dans les relations de Matthieu et de Marc ; car, <i Jésus s'y fait accompagner de Pierre, Jacques et Jean, il les tiont à distance, et revenant à eux jusqu'à trvh fois, il les trouve endormis. Mais c'est surtout dans l'évangile de Luc que la difficulté se présenta avec
toute sa force ; car ici Jésus laisse tous ses disciples éloignés de la distance d'un jet de pierre, et quand il revient à eux une seule/ois, il les trouve endormis Qui donc alors, dans la relation de Luc, a entendu la prière de Jésus, et qui a vu, au milieu des ténèbres de la nuit, Tétat d'agonie où il tombe, Fange qui vient fe fortifier, et les gouttes de sueur ressemblant à des grumeaux de sang? On citerait les témoins de ces merveilles qu'elles n'en seraient pas plus croyables; mais si je fais observer que celles-ci sont racontées sans désignation de témoins, c'est que les apologistes ne se font pas faute d'affirmer que tous les faits miraculeux rapportés dans les livres saints ont été matériellement vus ou entendus par des personnes expressément désignées, saines de corps et d'esprit, et qui n'ont pu ni se trompe!^ ni vouloir tromper les autres.
g 18. — ARnESTATION ET JUGEMENT DE JESUS ET DISPOSITIONS DE