AOD ASSASSINE EGLON, ROI DE MOAB
Juges, ch. 5, v. 14-â4, les Israélites sont asservis par Eglon, roi de Moab. Jéhovah leur suscite un sauveur, nommé Aod. Voici le moyen auquel a recours cet inspiré. 11 vient offrir des présents au roi Eglon, et demande à lui parler en secret. Celui-ci congédie tous les assistants. Aod lui dit qu'il a quelque chose à lui faire savoir de la part de Dieu, v. 20. Le roi se lève aussitôt de son trône. Alors Aod s'acquitte de sa commission, c'est-à-dire qu'il tire de dessous son habit un poignard qu'il plonge dans le ventre d'Eglon. Le coup, quoique porté de la main gauche, fut si bien appliqué que la poignée entra et demeura avec le fer ensevelie dans la graisse ; car le roi était très gras. A celte plaisanterie le verset 2â en ajoute une autre qu'on ne peut traduire en français (1).
(1) nî^ltt^'lSn KV*1 Saint Jérôme a rendu cela par cette périphrase,
Statimqueper sécréta naturae alvi stercora proruperunt .W fallait simplement Et stercora proruperunt. Le traducteur grec a jugé plus simple de n'en rien dire.
§ 2. — JAHEL ASSASSINE SISARA, GÉP^ÉRAL CHANANÉEN.
Ch. 4, V. 17-22, voici un trait de même nature, et dont une femme est Théroïne. Les Israélites obéissent à Jabin, roi de €hanaan. Soulevés par Debbora, qui était en même temps prophétesse et juge d'Israël, ils battent Sisara, général de Jabin. Jabel, femme d'Haber, engage Sisara à se réfugier chez elle, et le reçoit avec des démonstrations amicales (1). Mais, pendant que celui-ci, se confiant à ce bon accueil et comptant sur les droits sacrés de Thospitalité, se laisse aller au sommeil, Jahel entre à pas de loup dans le lieu où il repose, et lui enfonce à coups de marteau un clou dans la cervelle. Au chapitre suivant, la prophétesse Debbora, entonnant un chant de victoire , célèbre ce haut fait de Jahel , et la proclame bénie entre les femmes y v. 24-27 (2).
(1) N^^n'*?N ^^K ÎTIID ^l^H rrilD . iSntre, mon seigneur, entre « chez moi, ne crains rien. » Y. 18.
(2) Que de grâce devaient avoir les demoiselles de Saint-Cyr- lorsqu'elles répétaient devant madame de Maintenon ces regrets que Racine faisait exhaler harmonieusement aux filles de Sion, de ne pouvoir enfoncer des clous dans les têtes de leurs ennemis !
• Hélas ! si pour venger l'opprobre d'Israël,
• Nos mains ne peuvent pas, comme autrefois Jahel,
• Des ennemis de Dieu percer la tête impie,
• Nous lui pouvons du moins immoler notre vie. »
{Athalie, acte 3, scène 7.)
96 SECTiNDE PAtlTIE.
§ 3. — FÉROCITÉ d'aBIMÉLECH.
Après 6*étrc conduits envers les Chananéens avec autant de barbarie qu'on l'a vu dans les livres précédents, les Israélites, une fois établis dans la terre promise, ne pouvaient manquer de se déchirer entre eux. Un de leurs chefs, Abimélech, ouvre cette nouvelle série d'horreurs.
Ch. 0, V. 5, A5 et 49, il assassine ses 70 frères, extermine les habitants de Sicliem, et brûle 1,000 hommes et femmes dans une tour de cette ville.