tome IV, Paris
énigme à trente caniara<les. S'ils la résolvent, il s'engage à leur donner 7yi\ rohes et autant de tuniques. Le mot de Ténigme est trouvé, rindiscrétion (func femme aidant. Mais Samson n'avait pas les habits 4|u*il avait promis. Il descend à Âscalon, assomme ôi) individus qu'il dépouille de leurs vêtements, et vient dé((nger sa parole. I/auteur sacré a soin, v. i9, de faire obsener que Tesprit de Jéhovah venait de faire invasion dans la personne de Samson, lorsqu'il exécuta ce coup de main. Dans ïlJpUrc aux Hébreux^ cb. 11, v. 52, Samson est comme Jephté mis au nombre des saints personnages de l'Ancien Testament.
§ G. — mOLE DE MICHAS; DESTRUCTION DE LAÏS.
Les chapitres 17 et 18 contiennent un récit dont le début tourne au grotesque, mais qui se termine par une abominable exécution. Un habitant de la montagne d'Éphraïm, nommé Michas, rend a sa mère onze cents pièces d'argent qu'il lui avait dérobées. Celle-ci en consacre deux cents à faire fabriquer deux images. Tune sculptée et l'autre fondue, et les place dans la maison de Michas, qui se fait un éphod et des théraphins et confère à un de ses fils la qualité de prêtre, cb. 17, V. 1-5. — Quoique ce soit là un fait d'idolâtrie, en opposition formelle avec la loi mosaïque (1), Michas et sa mère ne s'en disent pas moins adorateurs de Jéhovah, v. 2, 3 et 13. Un jeune lévite, parti de Bethléem, et cherchant à
(1) E,vod€, ch, 20, V. 1 et 23; Lécitiqne, cli. 26, v. Ij Deutéronome, ch. 5, v. 8.
se placer, comme on le dirait aujourd'hui d'un ouvrier faisant son tour de France, arrive chez Michas, qui lui offre les fonctions de prêtre dans sa maison, au prix de dix pièces d'argent par an, outre le vêtement et la nourriture. Le lévite accepte et est installé chez Michas, qui est persuadé que Jéhovah ne peut manquer de lui être favorable maintenant qu'il a pour prêtre un enfant de la tribu de Lévi, v. 7-13. Au chapitre 18, nous passons à la partie sérieuse du drame. La tribu de Dan, qui se trouvait à l'étroit dans le pays que le sort lui avait assigné , envoie des espions vers la montagne d'Éphraim. Ceux-ci arrivent chez Michas, interrogent son lévite , qui leur promet la protection de Jéhovah , auprès de qui on ne comprend guère qu'il fût accrédité, puis se dirigent vers la ville de Laïs où ils trouvent une population paisible et confiante. Ils reviennent vers leurs frères , en disant que le pays qu'ils ont exploré est étendu et fertile , et que Dieu le leur a livré. La tribu arme alors 600 hommes, qui, arrivés chez Michas, enlèvent ses idoles et emmènent son prêtre. Celui-ci, après une faible résistance, s'associe à leur brigandage , et , plus coupable encore que ses associés, puisqu'il trahissait la personne de qui il recevait un salaire, se réjouit dans son ccmr , dit le verset 20. Michas, assisté de ses voisins, les poursuit en criant. Un court dialogue s'établit enlre les voleurs et le volé ; en voici la substance : — Qu'as-tu donc à crier si fort? — Vous me prenez mes Dieux et mon prêtre , et vous me demandez ce que j'ai ! — Tais-toi ou nous t'assommons, toi et les tiens. Michas, voyant bien qu'ils sont les plus forts et qu'il court le risque d'être encore battu, prend le parti de rentrer chez lui. Les bandits arrivent à Lais, qu'ils incendient et dont ils égorgent les habitants inoffensifs ,
SiECONDE PARTIE.
V. Sâ-27. Ils s'établissent ensuite dans le pays et y bâtissent une ville qu'ils appellent Dan du nom du chef de leur tribu, V. 28 et 29 (1). Lorsque les Israélites, en signalant par le massacre et Tincendie leur passage à travers les pays conquis, eu faisaient disparaître toutes traces d'idolâtrie, ils pouvaient prétexter leur intention de se conformer à ces ordres exprès de leur Dieu, qu'on a vus plus haut (2). Mais ici ce moyen môme de détestable justification fait défaut; car les versets 30 et 31 nous apprennent que nos conquérants se mirent à organiser un culte en l'honneur d'une des idoles qu'ils avaient enlevées à Michas.
(1) C'est à partir do cette expédition que la ville de Dan exista, et comme sa fondation est de beaucoup i)Ostérieurc non seulement an temps de Mojse mais encore à celui de Josué son successeur, ce n'est pas uniquement à l'époque oïl vivait Moysc qu'on ne pouvait pas la mentionner, mais c'est encore à répoque même où Josué lui survivait, ainsi que je l'ai fait observer dans une note de la page 85. Or Josué, qui passe pour l'auteur du livre qui porte son nom, parle aussi de la ville de Dan, au ch. 19, v. 47. Cî'est un nouveau témoignage contre l'authenticité de ce livre , à ajouter à ceux que j'ai invoqués déjà ( § 3 du ch. 6 ).
Le nom de la ville dont celle de Dan prit la place est écrit de diverses façons. Dans le ch. 19, v. 47, du livre de Jomê^ où cette ville est mentionnée par une anticipation évidente, elle est appelée Lesem et Lesem-Ban. Au ch. 18 des Jvges^ où sa destruction est mentionnée à sa place, elle est appelée Laïs, V. 7, 14, 27 et 29. Notons enfin que le traducteur grec l'appelle Aa^/s* et Axaev^av au livre de Josué, ch. 19, v. 47, tioxvk au livre des Juges ^ ch. 18, V. 7, 14 et 27, et OuA^^jk, v. 29.
(2) § 8 du chapitre 4,