CHAPITRE VIII
ROIS ET PARALIPOMKNES (l).
L'histoire de la royauté juive ne présente qu'une série continuelle de guerres et de massacres. La plupart des rois, soit de Juda soit d'Israël, meurent assassinés.
§ ^®^ — l'arche chez les philistins et les bethsamites.
Livre 1", ch. 5, les Philistins se sont emparés de l'arche sainte. Triomphe funeste! La présence de cette arche au milieu d'eux leur apporte d'étranges fléaux. Après avoir consulté leurs devins, ils la renvoient aux Israélites avec des présents plus étranges encore, des anus et des rats ciselés en or, et que les Lévites ne font aucune difficulté d'accepter, ch. 6. L'arche
(1) Dans les bibles protestantes, on appelle les deux premiers livres des Rois, 1" et 2' de Samuel, les 3« et 4' livres des Rois 1" et 2' d^s Rois, et les Paralipomènes chroniques, J*ai conservé les dénominations ordinaires.
s'arrête chez les Bethsamites, qui la reçoivent avec beaucoup de joie et de respect, v. 13 et 15. Or Jéhovah frappe de mort un grand nombre de ces Bethsamites, pour avoir regardé cette arche qui s'était arrêtée au milieu d'eux (1). Quand on supposerait, ce que le texte ne dit pas, qu'ils l'eussent fait avec ces formes indiscrètes par lesquelles la foule exprime d'ordinaire l'empressement de sa curiosité, cela ne constituerait pas un crime capable de justifier une odieuse exécution. Il y a telle interprétation qui réduit à 70 le nombre des morts, que le texte original semble porter à 50,070 (2). La question de nombre n'est pas ce
(1) rt*lX3 ^X*l ^D V. 19. Des traducteurs les font regarder dans Tarche même, ce qui peut s'admettre absolument, quoiqu'il soit peu vraisemblable qu'elle restât ouverte. Les traducteurs grec et latin les font simplement regarder l'arche, Ot/ çlia.v xiCaràu^ JSb quod vidissent arcam.
(2) Ce nombre s'élève, dans le grec et le latin, à 50,070, dont 70 d'une part et 50,000 de l'autre : 'E^dra^ev eu aùrziq êS<^ofi)jxovTa oa/J^pxq kcû TreyTiJKovra Xthdê'xq àyJ^pôsvj Percussit de populo septuaginta viros et quinqnaginta millia plebis. L'hébreu porte : tt^^X sSx D^tt^DH tt^^X 13^^22; Dp "ïï^ ;
ce qui signifie littéralement : « Et il frappa dans le peuple soixante et dix H hommes cinquante mille hommes, a Cela semble bien faire en tout 60,070 hommes de mis à mort. Quelques interprètes ont supposé qu'entre les
mots tt?^X et D^tt^'Dn il devait y avoir la préposition TD, que quelque copiste aura omise, et qu'ainsi le texte primitif disait, Eé il frappa dans le peuple soixante et dix hommes d'bw£B.ie^ cinquante mille hommes, Joseph donne le nombre de 70 seulement. (ApxxtoXoyia, livre 6, ch. 1*'.) Mais j'ai déjà fait remarquer la tendance de cet historien juif à dissimuler ou à atténuer l'odieux des annales de sa nation. Le Maistre de Sacy, adoptant le chiffre de 50,070 victimes, imagine; en bon gentilhomme, d'en faire deux catégories dont l'hébreu ne dit rien : • Il fit mourir 70 personnes des principaux de la ville, et cinquante • mille hommes du petit peuple, a {La sainte Bible, tome I***, Paris, 1717.) Dom Calmet, adoptant les mêmes chifires, parle aussi àt petit peuple-, mais il
qui importe le pins ici. S'il n'était pas jnste de faire périr 50,070 Bethsainites pour avoir regardé Tarche, il ne Tétait pas davantage d'en faire périr 70 seulement. Si au contraire il pouvait être bon d'en faire i)érir 70 pour un pareil crime, il eût été encore meilleur d'en faire périr 30,070. Lors donc que l'abbé Guénée (!) triomphe contre Voltaire de ce que, à s'en tenir à certaine interprétation, le nombre des Bethsamites mis à mort
peut être réduit à 70, il joue un rôle qui n'est pas sérieux; car, de quelque manière qu'on résolve la question de nombre, celle de principe reste la même. Ajoutez qu'on pouvait dire à l'abbé Guénée que les versions grecque et latine, adoptées par son église et qu'elle ordonne, sous peine d'anathème, de tenir pour sacrées dans toutes leurs parties, donnent expressément le nombre 30,070.
Toppose simplement à des personnes du peuple, ce qui n'a guère de sens : ■ 11 » fit mourir 70 personnes du peuple et 50,000 hommes du petit peuple. • On lit dans son Commentaire sur le verset 19 : • La rigueur exercée contre
• ce grand nombre d*hommes ne paraîtra excessive qu'à ceux qui n'ont pas « compris jusqu'à quel point Dieu voulait être craint et respecté parmi son « peuple, et qui ne jugent des vues et des desseins de Diea que saÎTant les
• faibles lumières de la raison. • (Tome V, Paris, 1711.) J'avoue que je suis du nombre de ceux qui n*ont pas compris ce Dieu-là, et que je ne saurais comment m'y prendre pour juger des œuvres de celui que j'adore s'il m'était interdit de me servir pour cela des lumières de la raison.
(1) Lettres de quelqttesjui/sy tome 1"", Paris, 1781.
§ 2. — SACRE DE SAUL; SA DESTITUTION. AGAG, ROId'aMALEG, COUPÉ EN MORCEAUX. SACHE DE DAVID.
Ch. 8, V. 1-6, les Juifs, fatigués de l'avarice et des iniquités des fils de Samuel, leur juge, viennent lui demander un Roi. Samuel , à qui cette demande déplaît, leur trace ce portrait de Roi, si souvent cité et qui était bien fait assurément pour guérir à jamais les gens d'une pareille fantaisie : « Voici « quel sera le droit du Roi qui régnera sur vous : Il prendra « vos fils, les placera dans son char, et en fera ses cavaliers <K et les avant-coureurs de son char. Il les mettra à la tête <K de mille hommes et de cinquante hommes , et il les fera « labourer son champ, couper sa moisson et fabriquer ses « instruments de guerre et ses chars. Il prendra vos filles « pour en faire des parfumeuses , des cuisinières et des bougie laiigères. Il prendra vos champs, vos vignes et vos bons « oliviers, et les donnera à ses serviteurs. Il lèvera la dîme a sur vos moissons et vos vignes pour faire des dons à ses « eunuques et à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs, vos « servantes, l'élite de vos jeunes gens et vos ânes, et les fera « travailler pour lui. Il lèvera la dîme sur vos troupeaux, « et vous serez ses esclaves. » V. H-17. On voit que l'antique alliance du trône et de l'autel souffre des intermittences, et que l'esprit sacerdotal, malgré son respect habituel pour les puissances de ce monde et sa maxime du droit divin des Rois (1), sait au besoin et lorsque son intérêt
(1) Personne n'a formulé cette maxime plus nettement que saint Paul, dont j'exposerai la doctrine dans la deuxième section^ ch. 2, § 32.
Texigc, revêtir des apparences patriotiques et même faire appel aux passions populaires. L'histoire nous en offire bien d'autres exemples depuis Samuel ; mais elle nous apprend en même temps qu'aussitôt que les circonstances qui ont obligé l'esprit sacerdotal h prendre momentanément un déguisement libéral ont disparu, on le voit revenir à ses habitudes.
Malgré le portrait que Samuel vient de leur tracer de main de maître, les Juifs veulent absolument un Roi. Il ne sait qui leur donner; car il lui faudrait quelqu'un sous le nom de qui il pût continuer de gouverner. Une circonstance heureuse vient le tirer de ses perplexités. Un jeune homme d'une haute stature, nommé Saùl, qui était à la recherche des ànesses de son père, vient le consulter en sa qualité de voyant, afin de savoir ce que sont enfin devenues ces ânesses, ch. 9, v. 3, 6, 7, 9 et 10. C'était là justement le Roi qu'il fallait à Samuel. Il oint ce grand garçon, qui avait confiance aux devins, et le place au milieu du peuple, qui est émerveillé d'avoir un Roi dépassant les autres hommes de toute la tête, ch. iO, v. 1, 23 et 24 (i). Mais Samuel, tout en subissant la fantaisie des
(1) Le ch. 13, V. 1", fait régner Saul à l'âge d'un an, ^\iW nW'Tl
to/D3 On voit, dans le même chapitre, qu'il avait un fils adulte. Les orthodoxes mêmes conviennent que, sur ce point, la rédaction actuelle du itiit sacré est nécessairement incorrecte ^ et, comme à l'ordinaire, ils croient se tirer d'embarras en rejetant cette incorrection sur les copistes. Le Maistre de Sacy a traduit ainsi ce passage : « Saiil était comme un enfant d'un an lorsqu'il » commença de régner. » (La Sainte Bible, Ibidem.) La paraphrase chaldaïque est favorable à cette traduction. {Bible polyglotte, tome LE, Paris, 1629.) Dans la Bible anglicane, le 1»' verset du ch. 13 n'a point de sens : • Said reigned one • year; and when he had reigned two years over Israël. * (Oxford, 1843.)
Juifs, leur en gardait rancune, eh. 12, v. 17-19, et n'attendait que roccasion de défaire le Roi de sa façon, pour peu que celui-ci ne se montrât pas docile à ses directions. Cette occasion ne tarde pas à venir. Saiil va marcher contre les Philistins. Samuel, qui doit venir le joindre pour offrir Tholocauste, n'arrrive pas. Alors Saiil offre lui-même l'holocauste. A peine la cérémonie est-elle achevée que Samuel arrive. Le Roi va au-devant de lui pour le saluer, et s'excuse de ce que, ne le voyant pas arriver au jour convenu, il a été forcé d'offrir lui-même l'holocauste. Mais Samuel éclate en reproches, lui dit qu'il a agi sottement, qu'il a désobéi à Jéhovah et qu'il est réprouvé, ch. 13, v. 8-14. Cependant, avant de lui donner un remplaçant, il veut bien le soumettre à une dernière épreuve. Il l'envoie combattre Agag, roi d'Amalec; mais il lui recommande bien de tout détruire, de tout égorger jW5qu'aux femmes et aux enfants à la mam^eUe (1), et même jusqu'aux troupeaux, ch. 15, v. 3. Saiil vainqueur (2) égorge tous les ennemis, un seul excepté; il laisse la vie au Roi Agag,, et permet aux Israélites de réserver, avec les meilleures dépouilles , les plus beaux moutons et les bœufs les plus gras pour les immoler à Jéhovah, v. 8, 9 et 15. Samuel lui déclare alors que puisqu'il est resté en deçà des ordres de son Dieu ,
Le traducteur français de la Bible protestante rend ainsi le début du verset : • Saiil avait régné un an « , et il ajoute en lettres italiques, Quand ces choses arrivèrent. (Londres, 1842.) Ce sont là autant de falsifications.
(1) Les Amalécites se montrèrent plus humains que leurs assassins; après la prise de Siceleg, ils laissèrent la vie aux prisonniers, ch. 30, v. 2 et 19.
(2) Le verset 4 porte son armée à 210,000 hommes, dont 10,000 pour la tribu de Juda. Le grec donne 430,000 hommes, dont 30,000 pour Juda.
tt6 SECONDE PARTIE.
qui veut avant tout de Tobéissance , il est définitivement réprouvé et déchu de la royauté, v. 48, 23 et 33. En vain Saûi reconnait-il qu*il a péché et conjure-t-il Samuel d*inte^ céder pour lui : celui-ci se montre inflexible , et ne permet pas même à Saûl de raccompagner, v. 34-26 (1). II se retire,
(1) Dans une lettre du 28 mars 1569, adressée au roi Charies IX, pour le féliciter de la victoire remportée à Jamac sur les réformés et Texciter à exterminer ce qui restait d'hérétiques en France, le pape Pie Y lui fidt cmnàït d*être traité comme Saùl s'il vient à ficûblir dans l'exercice de ses saintes ven* geances : « Hoc autem fÎEicies si nullamm personarum renunqne hiiiiiamurax&
• respectus te in eam mentem adducere poterit ut Dd hostibus parcas, qtd «r neque Deo neque tibi unquam pepercerunt : non enim aliter Deum plaeere f poterie quàm si Dei injurias sceleratissimorum iomijttm debitd pœnd B&oerita simè ulciscaris, Proponat sibi ante oculos Majestas tua Sanlis regù exemm plum ; qui cùm à Deo per Samuelem prophetam jussus esset AmakdtaB infi- « deles populos ità percutere ut eis nuUo modo quâvis de causa paroeiet, « quia Dei voluntati et voci non obedivit, r^mque ipsnm AmaledtaFdm 1 incolumem servavit ejusque rébus melioribus pepercit, paulb post per « eumdem à quo rex unctus fuerat prophetam severè admodîun increpitus et
• denique regno ipso et vitâ spoliatus est. Quo quidem exemplo Deus admôa nere voluit omnes reges ne, contemptâ suarum injuriarum ultione, ejusin 1 seipsos iram atque indignationem provocarent. • (Jlpistola, lib. 3, Bpiitola 10, Anvers, 1640.)
Dans une lettre du 13 avril suivant, il anime également la cruauté de la reine-mëre, Catherine de Médicis : » £6 studiosiùs diligéntiùsquecumMajes- « tate tuâ agendum esse existimavimus qubd dari operam istic ab aliquibus
• audimus ut ex eorum hsreticorum qui capti sunt numéro quidam liberentïir « inultique abeant : quod ne fiât utgue homines sceleratissimi justis ajfidantw a suppliais curare te omni studio atque industridoportet. Nisi enim hoc fitctum a f uerit, parvum omninb momentum hœc Victoria habitura est ad istiua règni <i tranquillitatem constituendam : quia potiùs hâc tam necessariâ ad Denm « placandum animadversione omissâ, timendum est ne, qnemadmoâùm adver-
toujours suivi du Roi, qui s'attache à lui en suppliant. Il
• sùê Saulemreffem,iprQ simili AmaLecitaram ultione prœtermissâ, sic ad versus « te filiamque tunin eb grayiiis Dei ira exardescat qub benigniùs ac miseii- « cordiùs vobiscum bue usque egit. « (Ibidem, Epktola 12.)
On sait quels fruits portèrent ces exhortations : trois ans après avait lieu le massacre de la Saint-Barthélemî. Le pape Pie V a été rangé au nombre des saints, et de nos jours mêmes un des coryphées du néo-catholicisme a exalté sa mémoire dans un livre où on lit cette apologie édulcorée de l'inquisition : « Autrefois la société tout entière était reb'gieuse et constituée religieusement; a elle croyait, en arrachant un homme à Thérésie, l'arracher à un supplice
• étemel, et c^ était tout le zèle de la charité qu^ elle employait à combler l'abîme 41 dans lequel des populations en masse pouvaient se précipiter aveuglément. « Le sang répandu ne Vêtait qu^avec la plus vigilante sollicitude pour Vdme du m coupable , que l'Église s'efforçait jusqu'au bout d'éclairer et dç reconquérir. a Aujourd'hui la société vit sur une tout autre base. E11& ne se réserve que la « tutelle de l'individu physique, la protection de la vie matérielle; sa toléa ronce serait donc mieux nommée V indifférence. « (De Ealloux, Histoire de
eaint Pie V, Pape, Introduction, tome ler, Paris, 1844.)
J'ai mentionné tout à l'heure le massacre de la Saint-Barthélemi. Des écrivains ont dit et l'on ose encore aujourd'hui répéter que ce fut une œuvre de pure politique, à laquelle la religion demeura complètement étrangère et que désapprouva la cour de Eome. Il est incontestable que les rivalités et l'ambition des maisons de Lorraine et de Bourbon prirent souvent la religion pour prétexte; mais le catholicisme ne s'en prêta pas moins à un rôle odieux, entendant bien y travailler pour son propre compte. On vient de voir que Pie V fit tout son possible pour exciter le roi de France au massacre des protestants. Son successeur, Grégoire XIII, en remercia Dieu solennellement. Papni les nombreux témoignages qui établissent ce fait, j.e citerai d'abord celui d'un auteur contemporain, qui écrivit l'histoire des actes de ce Pontife : a In questo tempo avvisato Gregorio personalmente dal cardinale di Lorena
• che il B.e Carlo, per sicurezza délia sua persona e quiète del regno, aveva a fatto tor di vita l'ammiraglio, capo e fautore principale degli TJgonotti, egli a benché liberato da un molestissimo afilanno , tuttavia corne di membra con
ordonne qu'on lui amène Agag, et non content d'égorger
• dolore tagliata dal corpo, mostrando temperata letizia, diede di do le dovute
• grazie alla divina bontà, et il giorno segoente in pubblico con solennepro-
• cessiouc da S. Marco andb a viiitare la chiesa di S. Loigi, dove dal cardi* y nale di Sans divotamente si cantb la messa. £ di più iatte con si baona « occasione larghe limosine maudb fnori un ami^ giabileo, per me^o raeoo- « mandare a Dio il regno di Francia e la costodia del Re. « (Maffei, D^li annali di Gregorio XIII, livre l«r, § 30, tome I», Bjoim, 1742.) Le mêiae auteor raconte naïvement et sans aucune expression de blâme avec qudk astuce Charles IX prépara le massacre : « Vedendo il re Carolo di non peter
• coir armi scoperte liberarsi dagli Ugonotti, che ogni giorno andavano mol-
• tiplicando nel regno, deliberb di tentare se l'astuzia potesse giungere )a
• forza. E fatta dissimulatamente con essi loro una pace che da tutti fu tenuta « poco meno che ignominiosa, dopo aver commnnicato il dîsegno colla madré, 1 col fratello Arrigo, co' due cardinal! di Borbone e Lorena , col Duca di « Ni vers, e co' signori di Guisa, comincib ad accarezzare i primi tra li « medesimi Ugonotti, a riceverli in corte, ed a dargli onori e man^gj, mos- « trando sopra tutti confidenza grande nella persona di Gaspare Colignj,
a grande ammiraglio del regno c capo suprême di quella pestifera setta
« Fatti dunque tutti questi apparecclii, Carlo giadicando non esser più tempo
• di differire, acciochè il trattato non si scoprisse, il giorno ventidue d'agosto
I fece da certa casa per una finestra coperta tirare un' arcMbugiata ail' ammi- « raglio, mentrc che da palazzo se ne tomava la mattina a desinare 11
II quale cou gran tumulte portato a casa da' suoi, e posto iu letto stava con u ferma credenza che il maie gli venisse dalla casa di Guisa, e già aveva man- '/ dato a supplicare il Re che gli mandasse armi per potere armare trecento Il de' suoi con esclamazioni, che sotto la sua parola fosse stato tradito, quando Il il Re dopo avergli mandate le armi, avendolo anco visitato per no gli por- II gerc ombra di sospetto, e promessagli vendetta memorabile, delibero di « ûnirla. Onde la notte delli ventitre, yigilia di S. Bartolomeo, mandate il « Duca d' Angib suo fratello ed il Duca di Guisa colle genti preparate per questo n e gcttate giù le porte délia casa, fece uccidere l'ammiraglio in letto e get- « taie il corpo per le finestre. Indi stando chiuse le porte délia città, fu comin-
PREMIÈRE SECTION. — CHAPITRE VIIÏ. ii9
froidement cet ennemi désarmé, il le coupe en morceaux ^h présence de Jéhovàh, v. 52 et 33 (1). Cela fait, il quitte Sàûl
• . data la strage nniversale degli XJgonottî, che àwth tutto il giorno seguente. » {Ihuhm,)Zt citerai encore cette onrieuse lettre, qui est insérée dans la collection Dapuy, n»» 7é4-745, des manuscrits de la Bibliothèque nationale, et par laquelle le roi de France s'associa aux actions de grâces du Pape et du sacré collège : a Carolus IX, christianissimus Erancorum rex, zelo zelatus pro « Domino Deo exercituum, repente velut angelo percussore divinitùs « immisso, sublatis unâ occidione propè uriîversis regni sui hœreticis perduel- « libusque, tanti beneficii immemor nunquain futuros, consiliorum ad eam
rem datormn, auxiliomm missomm, duodecennalium precum, supplicatio-
- num, votorum, laclirymarum, suspiriorumque ad D. 0. M. suorum et chris- • tianorum omnium plane stupendos efiectus, omninb incredibiles exitus, « modis omnibus redundantem divino munere sacietatem ipse nunc solidissi-
1 morum gaudioirum affluentissimus gratulatur. Tantam felicitatem, quœ « Beatissimi Patris Gregorii XIII Pontificatûs initio non multo post ejus » admirabilem et divinam electionem evenerit, unà cum orientalis expedi- » tionis constantissimâ et promptissimâ expeditione, ecclesîarum remm iustau- *» rationem , marcescentis religionis vigorem et florem certb portendere « auguratur, Pro isto tanto beneôcio, conjunctis vobiscum hodiè ardentisi» simis votis, absens corpore, prsesens animo, hîc in sede sancti Ludovici, y avi sui, D. 0. M. gratias agit quàm maximas, utque spes hujusmodi ne « fallat ejus bonitatem supplex deprecatur. Carolus. Titoli sancti apoUinaris /' sanctœ romanœ ecclesiœ cardinalis de Lotharingiâ hoc omnibus signatum et
- testificatum esse voluit. Anno 1572, VI id. septembris. »
(1) rtVrX^ ^3Q^ JJNTIK SwDtt^ SDtt^^l Le grec fV«>«Çf, il égorgea,
affaiblit l'expression hébraïque SO'V, Lorsque Samuel avait fait appeler
Agag, celui-ci était arrivé plein de contentement H^n^JD, persuadé qu'on venait le délivrer, et que la mort dont la pensée le poursuivait, s'éloignait de lui. Le grec et la Yulgate le représentent tremblant; mais de plus la Yulgate le dépeint sous cette image Pingnissimus, qui n'a rien d'analogue dans
qu'il ne revit pluSj v. 55 (1) et k qui il ne devait plus parler qu'après que lui, Samuel, serait mort, comme on peut le voir au chapitre 28, v. 11-90, dans une scène, toute payenne, de nécromancie où il est évoqué par une pythonisse. Il lui restait, pour terminer sa carrière politique, à faire un nouveau Roi. Il sacre un jeune pâtre, qui s'était exercé, en gardant ses moutons, à saisir des lions et des ours par la barbe, ch. 16, V. 11-13, et ch. 17, V. 34 et 35, mais qui ne put obtenir d'être installé du vivant de Saiil, celui-ci ayant pris goût à la royauté, et ayant fait des difficultés pour céder la place. David plut d'abord beaucoup au Roi, qui, du consentement du père, l'attacha à sa personne et en fit son joueur de cithare et son écuyer, ch. 16, v. 16-23. Mais voilà qu'au chapitre suivant, David, vainqueur du géant Goliath, nous est représenté comme étant complètement inconnu du Roi, qui loi demande à quelle famille il appartient, absolument comme s'il l'eût vu pour la première fois et qu'il n'eût jamais entendu parler de lui, v. 55-58. Notez qu'il venait d'avoir avec lui une assez longue conversation, pendant laquelle il avait eu le
l'hébreu. Enfin ces mots mDrT*lD *1D pS » Assurément la mort amère
• s'est éloignée •, deviennent, dans la traduction grecque, ce contre-sens 'E/ ovTu Trixpôç 6 ôduccToi;; et, dans la traduction latine, ce non-sens » siccine « séparât amara mors? #
(1) Cela semble en contradiction avec cette histoire, racontée au ch. 19, V. 20-24, et où l'esprit de Dieu s'étant emparé de Saûl lui-même comme il s'était emparé d'abord par trois fois de ses envoyés, le fait prophétiser en présence de Samuel qui conduisait une troupe de prophètes. Mais on peut très bien soutenir que ces mots du v. 35 du ch. 15, Et Samuel ne vit plus Saiil, veulent dire seulement qu'il n'alla plus le visiter.
temps de le reconnaître, dans le cas, si peu vraisemblable, ioù il l'eût oublié, v. 31-39. On a cherché à faire disparaître ce qu'il y a de choquant dans cet oubli, en supposant que, quoique le récit de l'entrée de David au service personnel de Saûl précède immédiatement celui de l'expédition des Philistins, dans laquelle il figure comme entièrement inconnu du Roi, il s'était écoulé entre ces deux événements plusieurs années dont l'écrivain sacré n'avait rien à dire, et dans l'intervalle desquelles David avait pu quitter Saiil. Pour supposer ainsi que ce dernier ne reconnût plus celui qui avait été attaché à son service particulier et qu'il affectionnait beaucoup, il faudrait au moins que la séparation pût remonter à un assez grand nombre d'années. Or le contexte des deux récits ne permet pas d'admettre cela. Au ch. 16, v. 18, lorsque David est appelé pour la première fois auprès de Saûl, on le représente comme étant déjà un homme fort et un habile guerrier , et dans le second récit, ch. 17,- v. 33, 42, 55, 56 et 58, on le qualifie de jeune homme dans la fleur de l'âge et de la beauté. En supposant donc, ce que rien n'autorise à affirmer, que David eût quitté le service de Saûl à l'époque où il vient combattre Goliath, cette séparation ne pouvait pas dater de bien loin, et par conséquent on ne comprend pas l'ignorance que manifeste Saûl, au ch. 17, sur le compte de celui qui avait été tout récemment son serviteur intime et privilégié, ou plutôt cette ignorance, contredite par ce qui précède immédiatement, est un de ces témoignages qu'on rencontre à chaque pas de l'incohérence et du décousu des récits bibliques.
l'exige, revêtir des apparences patriotiques et même faire appel aux passions populaires. L'histoire nous en oflfre bien d'autres exemples depuis Samuel ; mais elle nous apprend en même temps qu'aussitôt que les circonstances qui ont obligé l'esprit sacerdotal h prendre momentanément un déguisement libéral ont disparu, on le voit revenir à ses habitudes.
Malgré le portrait que Samuel vient de leur tracer de main de maître, les Juifs veulent absolument un Roi. Il ne sait qui leur donner; car il lui faudrait quelqu'un sous le nom de qui il pût continuer de gouverner. Une circonstance heureuse vient le tirer de ses perplexités. Un jeune homme d'une haute stature, nommé Saiil, qui était à la recherche des ânesses de son père, vient le consulter en sa qualité de voyant, afin de savoir ce que sont enfin devenues ces ânesses, ch. 9, v. 3, G, 7, 9 et 10. C'était là justement le Roi qu'il fallait à Samuel. Il oint ce grand garçon, qui avait confiance aux devins, et le place au milieu du peuple, qui est émerveillé d'avoir un Roi dépassant les autres hommes de toute la tête, ch. 10, v. 1, 23 et 24 (1). Mais Samuel, tout en subissant la fantaisie des
(1) Le ch. 13, V. 1er, fait régner SaiU à l'âge d'un an, ^)i<^ iH^'l^i
i2/D3 On voit, dans le même chapitre, qu'il avait un fils adulte. Les orthodoxes mêmes conviennent que, sur ce point, la rédaction actuelle du texte sacré est nécessairement incorrecte, et, comme à l'ordinaire, ils croient se tirer d'embarras en rejetant cette incorrection sur les copistes. Le Maistre de Sacy a traduit ainsi ce passage : « Saiil était comme un enfant d'un an lorsqu'il a commença de régner. » (La Sainte Bible, Ibidein.) La paraphrase chaldaïque est favorable à cette traduction. (Bible polyglotte, tome II, Paris, 1629.) Dans la Bible anglicane, le 1" verset du ch. 13 n'a point de sens : a Saul reigned one u year; and when he had reigned two years over Israël. « (Oxford, 1843.)
Juifs, leur en gardait rancune, ch. 12, v. 17-19, et n'attendait que Toccasion de défaire le Roi de sa façon, pour peu que celui-ci ne se montrât pas docile à ses directions. Cette occasion ne tarde pas à venir. Saûl va marcher contre les Philistins. Samuel, qui doit venir le joindre pour offrir Tholocauste, n'arrrive pas. Alors Saûl offre lui-même Fholocauste. A peine la cérémonie est-elle achevée que Samuel arrive. Le Roi va au-devant de lui pour le saluer, et s'excuse de ce que, ne le voyant pas arriver au jour convenu , il a été forcé d'offrir lui-même l'holocauste. Mais Samuel éclate en reproches, lui dit qu'il a agi sottement, qu'il a désobéi à Jéhovah et qu'il est réprouvé, ch. 15, v. 8-14. Cependant, avant de lui donner
un remplaçant, il veut bien le soumettre à une dernière
épreuve. Il l'envoie combattre Agag, roi d'Amalec; mais il lui recommande bien de tout détruire, de tout égorger jwsquaux femmes et aux enfants à la mamelle (1), et même jusqu'aux troupeaux, ch. 15, v. 3. Saûl vainqueur (2) égorge tous les ennemis, un seul excepté; il laisse la vie au Roi Agag,. et permet aux Israélites de réserver, avec les meilleures dépouilles , les plus beaux moutons et les bœufs les plus gras pour les immoler à Jéhovah, v. 8, 9 et 15. Samuel lui déclare alors que puisqu'il est resté en deçà des ordres de son Dieu,
Le traducteur français de la Bible protestante rend ainsi le début du verset : • Saiil avait régné un an •, et il ajoute en lettres italiques. Quand ces choses arrivèrent, (Londres, 1842.) Ce sont là autant de falsifications.
(1) Les Amalécites se montrèrent plus humains que leurs assassins; après la prise de Siceleg, ils laissèrent la vie aux prisonniers, ch. 30, v. 2 et 19.
(2) Le verset 4 porte son armée à 210,000 hommes, dont 10,000 pour la tribu de Juda. Le grec donne 430,000 hommes, dont 30,000 pour Juda.
i±e SECONDE PARTIE.