‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 35 sur 96 · LES PRÊTRES D& BAAL · texte numérisé non relu

LES PRÊTRES D& BAAL

Chapitre 9, Elisée envoie un jeune prophète donner la i^ouronne de Joram, Roi d'Israël, à Jéhu, Qiais à la conditi^on que celui-ci massacrera toute la famille d'Âchab, v. 1-10. Jéhu

« ipiosquisque domi habebat. « {HierozQtcm, 'pa/rt. 2, lib^ 1, ca'p, 7, Leyde» 1712.)

^) « Propriè accipîendiuQ vîdçtur ; minime ^lim inoredibile homines diur « tornâ famé presses stercora columbina comedisse. « {Thesaurm linguœ hœhrœœ^ article D^K^IH, tome 1er, Leipsick, 1829.)

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s*acquitte de cette mission et va même au delà : il tue Joram, son roi, et Ochozias, roi de Juda, t. 24 et 27, fait jeter par une fenêtre Jézabel, veuve d'Achab, et k laquelle, après boire et parce qu'elle est fUIe de roi^ il veut faire des funérailles dont les chiens se sont chargés déjà, v. 35-56, puis se fait apporter les têtes de 70 autres fils d'Achab, ch. 10, v. 6-8, et égorge tout ce qui restait de sa maison à Jezrahel, y compris les grands de sa cour, ses connaissances mêmes et ses prêtres, V. 11. Il se dirige ensuite vers Samarie, et chemin faisant, égorge les 42 frères d*Ochozias, v. 14. La soif de ce tigre n'étant point assouvie, il prend un témoin de son zèle pour JeTiovahy et vient à Samarie où il tue tout ce qui reste de la maison d'Achab, v. 16 et 17. Après quoi il fait annoncer aux prêtres de Baal qu'il veut adorer leur Dieu avec eux, les réunit tous dans un temple sous ce prétexte d'hypocrite provocation au mal, et en fait, v. 18-25, une immense boucherie. La cérémonie terminée, il détruit le temple de Baal, et le remplace par des latrines, selon la fine plaisanterie du verset 27. Enfin, et comme si, dans la Bible, l'absurde et l'horrible devaient toujours brocher l'un sur l'autre , ce Jéhu qu'on vient de voir si ardent à venger son Dieu et à punir l'idolâtrie, continue, après ces expéditions saintes, d'adorer des images de veaux, V. 29, et Jéhovah lui fait des compliments sur sa belle conduite à l'égard de la maison d'Achab, v. 30 !

On vient de voir, dans les vengeances exercées sur la famille d'Achab, une application du système que j'ai noté plus haut (1), et d'après lequel le Dieu des Juifs et des chrétiens punit les hommes dans leurs descendants et leurs proches. Eh bien !

(1) Ch. 2, § 6.

voilà qu'après ces massacres, qui sont la mise en pratique de la doctrine habituelle de la Bible, le verset 6 du chapitre 14 du 4""® livre des Rois rappelle ces paroles du verset 16 du chapitre 24 du Deutéronùme : « Les pères ne mourront pas pour les « fils ni les fils pour les pères, mais chacun mourra à cause de « son péché, » paroles si rares dans les livres hébraïques, et qui sont du reste manifestement , comme celles du verset 30 du chapitre 31 de Jérémie et du verset 20 du chapitre 18 d'Ézéchiel, une des mille contradictions qu'on y rencontre.

§ 9. — PRÉcoaTÉ d'achaz.

Ch. 16, V. 2 et 20, Achaz, roi de Juda, monte sur le trône . à l'âge de 20 ans, règne 16 ans et meurt. Ch. 18, v. 1 et 2, son fils Ëzéchias, qui lui succède immédiatement, était alors âgé de 25 ans; il avait donc 11 ans seulement de moins que son père, et, si l'on retranche les 9 mois pendant lesquels il faut supposer qu'il était resté dans le sein maternel, on voit que son père Achaz n'avait que 10 ans et 3 mois quand il l'avait enfanté. Ces renseignements se retrouvent dans le 2""® livre des Paralipomènes, ch. 28, v. 1 et 27, et ch. 29, v. 1. Voilà certes un exemple de précocité masculine comme on n'en trouve nulle autre part. Qu'une jeune fille ait conçu à l'âge de 10 ans, cela pourrait déjà paraître merveilleux, même en Judée où les femmes n'étaient déclarées en âge de puberté et nubiles qu'à 12 ans 1/2; mais qu'un garçon de 10 ans ait pu procréer des enfants, cela tourne au miracle. Or on voit bien, dans les livres saints, quelques exemples de prolongation mira-

culeuse de fécondité (1) ; mais on n'y voit pas que Diea ait jamais interverti les lois (ordinaires de la propagation de notie espèce , en y employant des garçons de 10 ans. Ce qni exclut d'ailleurs ici l'idée d'une faveur miraculeuse, accordée à Achaz, c'est que, dans les deux chapitres des Rais et des Pàraiipoménes où il est fait mention de lui, il est dépeint comme un impie.

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