‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 40 sur 96 · DÉNOMBREMENT DES JUIFS AU RETOUR DE LA CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

DÉNOMBREMENT DES JUIFS AU RETOUR DE LA CAPTIVITÉ

Le chapitre 2 fait le dénombrement des Juifs qui, après la captivité de Babylone, revinrent en Judée sous la conduite de Zorobabel. Ce dénombrement désigne chaque famille'^par son nom, et comprend les nombres précis d'individus dont se composaient ces diverses familles. Après avoir fourni lui*même ces détails, Fauteur sacré fait la somme, v. 64 et 65, et donne quarante-deux mUle trois cent soixante, en déclarant que, dans ce nombre , il ne comprend pas sept mille trois cent trente-sept esclaves parmi lesquels se trouvaient detix cents chanteurs et chanteuses. Si nous faisons l'addition après lui, en y comprenant les onze chefs nommés individuellement au \erset 2, nous trouvons seulement vingt-neuf mille huit cent vingt-neuf. Nous avons beau compter puis recompter, nous n'en trouvons pas davantage. La différence est de douze mille cinq cent trente et un. Au 2^ livre d'Esdras, appelé aussi le livre de Néhmiias, ch. 7, on trouve également un dénombrement des Juifs au retour de la Captivité. On espère que celui-là va faire sortir de l'embarras où jetait le premier. Au contraire il y replonge de plus belle. Les versets 66 et 67 donnent aussi pour total le nombre de quarante-deux mille trois cent soixante, non compris sept mille trois <îent trente-sept esclaves dont deux cent qtiarante-cinq chanteurs et chanteuses. Mais, quand on additionne les divers

PREMIÈRE SECTION. — CHAPITRE IX. Ië7

nombres qui viennent d'être présentés comme les élémrats de cette somtme, ea y compr^iaiit les douze ehek nommés inditiduellement au verset 7, on ne trouve que trente et %m miUe cent un. Encore une différence de onze miUe deux cent cinquanteneuf, et une différence autre que la première (1), Ainsi, de deux choses Tune 9 ou le Saint-Esprit, qui a dicté les deux livres canoniques d'Esdras^ a oublié quelque chose en donnant le détail des familles qui revinrent de la captivité et en Axant les nombres précis d'individus dont eltes se composaient, ou il a depuis permis aux copistes d'omettre quelques-uns de ses renseignements, et Tune de ces deux choses, qui sont également compromettantes pour son infaillibilité, est arrivée à deux reprises différentes. Mais cela n'est pas tout. Quand on compare entre eux les détails corrélatifs des deux dénombrements, on y rencontre de nombreuses contradictions. Je ne m'arrêterai ni à plusieurs noms de famille qui figurent dans un dénombrement et point dans l'autre, ni à divers noms plus ou moins estropiés dans l'un ou dans l'autre. J'appellerai seulement l'attention du iecteu^ sur le tableau suivant, indiquant les chiffres contradictoires que donnent les deux dénombrements pour les nombres d'individus dont se composaient diverses familles. De ce tableau

(1) Dans le grec, les versets 64 et 65 du chapitre 2 du 1er livre, et les versets 66 et 67 du chapitre 7 du 2e livre donnent également le total précis de quarante-deux mille trois cent soixante, non compris les esclaves. Mais, quand on fait l'addition, on ne trouve, pour le premier dénombrement, que trente mille vingt, et pour le second, que trente et un mille deux cent douze. Les diverses éditions du texte actuel de la Vulgate donnent généralement, dans les deux livres, un total de 42,360. Mais, dans un manuscrit de la Bibliothèque mazarine, présumé du ixe siècle, n"' 1 et 2, je lis, au 1er livre 42,340, et au 2e livre 42,660.

sortira cette conclusion que ces deux dénombrements sont en contradiction entre eux dans leurs détails respectifs, indépendamment de ce que le résultat général de chacun d'eux est, comme nous Favons mi tout à Theure, en contradiction avec ses éléments particuliers.

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