Livre I" des PARALIPOMÈNES. Lirre I'^ d'ESDRAS
Aaron Aaron.
Eléazar Eléazar.
Phinéès Phinéès.
Abisué Abisué..
Bocci Bocci.
(1) Dans le grec, il y a 4,500 mines d'argent et 97 habits sacerdotaux.
Litre l^' dis Fil.aimÈ>CS. Lifre 1'^ d'ESDRJLS.
Ozi Ozi.
Zaraias Zaraîas.
Morajoth Mérajotli.
jVmarîas.
Achitob.
Sadoc.
Achimaas.
Azarias.
Johanan.
Azarias Azarias.
Amarias Amarias.
Achitob Achitob.
Sadoc Sadoc.
Sellum Sellum.
Helcias Helcias.
Azarias Azarias.
Saraias Saraias.
Josédec. Esdras.
Ces deux généalogies concordent depuis Aaron jusqu*à Mérajotli. A partir de ce point, celle des Paralipomènes énumère 6 générations de plus que Tautre. A partir ensuite du second Azarias de la première généalogie et du premier Azarias de la seconde, elles concordent de nouveau jusqu'à Saraias dont le fils est appelé Josédec dans la première et Elsdras dans la seconde. On peut admettre, d'après l'ensemble des deux généalogies, que ce Josédec est le même qu'Esdras qui alors aurait eu deux noms. Mais comment expliquer les 6 générations que la généalogie des Paralipomènes contient de plus que l'autre? Dans
PREMIÈRE SECTION. — CHAPITRE IX. 17t
ces 6 générations, il y a 4 nonos, ceux d'Amarias, d'Âchitob, de Sadoc et d*Azarias, qui reparaissent plus loin, les 5 premiers dans le même ordre. Cela autoriserait à supposer qu*on en a fait maladroitement double emploi. Mais que faire des noms d'Achimaas et de Johanan, qui ne se lisent que dans la généalogie des Paralipomènes ? Et puis, dans la supposition même du double emploi des 4 noms susdits et en les supprimant, Mérajoth aura pour fils Achimaas et non pas Azarias, qui aura alors pour père Johanan. Enfiii, lorsqu'on recueille dans les livres des Jiiges et des Rois les détails des renseignements relatifs aux descendants d*Aaron, on trouve, à partir d'Ozi, disposés dans un tout autre ordre quelques-uns des noms qui figurent dans Tune de ces généalogies ou dans toutes les deux, et plusieurs autres noms qui ne figurent ni dans Tune ni dans l'autre.
§5. — ESDRAS ORDONNE AUX ISRAÉLITES DE CONGÉDIER LES FEMMES ÉTRANGÈRES QU'lLS ONT ÉPOUSÉES PENDANT LA CAPTIVITÉ.
Au retour de la captivité, Esdras ordonne, delà part de Dieu, aux Israélites qui ont épousé des femmes étrangères , de les congédier avec les enfants qu'ils ont eus d'elles, et cet ordre est exécuté impitoyablement, ch. 10, v. 2-5 et 10-19. Au livre 2, ch. 13, V. 23-50, Néhémias renouvelle cet ordre et y joint d'odieux traitements. Au point de vue hébraïque de la défense de contracter des mariages avec les peuples idolâtres, défense consignée dans VExode^ ch. 54, v. 16, et dans le Deutéronome, ch. 7, V. 5, et contredite du reste par le même Deutéronome,
17i SECONDE PARTIE.
cb. 21, V. iO-lo, les Juifs qui avaient épousé des étrangères pendant la captivité, pouvaient avoir ra le tort qu'avaient eu avant eux et sans la même excuse David que les livres sacrés ne blâment nulle part d'avoir épousé Maacba, fille d'un roi syrien (2"^ livre des Raie, cb. 3, v. 3), et Salomon dont la Bible fait le plus magnifique éloge au moment même où il vient d'épouser la fille d'un Pbaraon (3""® livre des Rtris, cb. 3, V. 1, 3, 3 et 12) (1); mais, dans toutes les suppositions, ce ne devait pas être à leurs femmes, encore moins à leurs enfants, d'expier ce tort. En général c'est un fait de lâche et cruelle immoralité que celui de délaisser une fenmie dont <m a eu des enfants. Que sera-ce si l'on est attacbé à cette femme et à ces enfants par les liens sacrés du mariage, c'est à dire si l'on a contracté l'engagement solennel de les protéger et de ne les abandonner jamais? Car telle est la signification du contrat de mariage, aux yeux d'un bomme raisonnable. Ces principes, fondés sur la nature intime des rapports essentiels des deux sexes, sont antérieurs à toute législation positive, et nulle religion n'est dispensée de les respecter.
(1) Je citerais encore l'exemple de Jacob épousant les filles d'un homme qui, ainsi qu'on l'a vu dans la note de la page 426 du tome 1"% menait de front le culte des idoles et celai de Jéhovah, et l'exemple de Moyse lui-même, épousant la fille d'un prêtre payen {Exode, ch. 2, v. 16-21), si l'on n'avait ici la ressource de pouvoir dire qu'à l'époque des mariages de Jacob et de Moyse, le Peniaieuqiee n'existait pas encore, et que Moyse n'a été que le rédacteur et non l'auteur des défenses qu'il devait plus tard y consigner.
§ 4. — LÉGENDES DE TOBIE, DE JUDITH (1) , d'eSTHER ET DÉ JOB.
Le livre de Tobie est Tune des plus intéressantes légendes de la Bible. Il faut toutefois faire abstraction de la partie miraculeuse, de cette intervention surnaturelle de bons ou de mauvais anges, décrite dans les chapitres 5, 3, 6, 8 et 12. Il faut également fermer les yeux sur quelques autres détails , par exemple sur les petits mensonges pour un bon motif, que glisse Fange Raphaël (ch. 5, v 7-19), ou sur la précipitation avec laquelle Raguel se lève au milieu de la nuit pour creuser la fosse de son huitième gendre (ch. 8, v. 11-14),- quand il vient (ch. 7, v. 13 et 14) de témoigner la plus grande confiance dans les promesses de l'envoyé de Dieu. Ces réserves faites, il ne reste plus qu'à louer sans restriction les 12 premiers cha-* pitres, particulièrement les chapitres 4, 7, 10 et 11, qui sont d'une beauté exquise : je ne crois pas qu'il y ait, dans les poèmes les plus estimés, rien qui surpasse le mérite des scènes qui y sont décrites. Dans ces peintures antiques, pleines de naïveté, de grâce et de vérité, tout intéresse vivement, tout jusqu'à ce chien qui était parti avec les jeunes voyageurs (ch. 6, V. 1), et qui, messager fidèle, court en avant, annonce
(1) Les deux livres de Tobie et de Judith ont été écrits en Ghaldéen. L'original n'est point parvenu jusqu'à nous. C'est de là que saint Jérôme les a traduits : les indications que j'ai données des numéros, des chapitres et des versets, se rapportent à sa version, qui s'éloigne de la version grecque sur \in trop grand nombre de points pour que je puisse entrer ici dans le détail de ces dififérences. Cette comparaison, en l'absence de l'original, serait du reste dépourvue d'intérêt.
SECONDE PAfiTIE.
les joies du retour» et eiprime par Fagitation et les caresses de sa queue le plaisir qn*il éprouve eu revoyant ses vieux maîtres (ch. 11, V. 9).
Le courage que montre Judith (1), cette héroïne si admirée, n'empêche pas que sa conduite ne soit au fond très immc^ale. La tourberie, la provocation au mal et l'assassinat ne sont pas choses qui se justifient par l'intention. Judith vient trouver Holoferne, sous prétexte de servir ses intérêts et de lui livrer les secrets des Hébreux. Elle s^introduit dans ses bonnes grâces au moyen de protestations de dévouement, ch. 10, V. 12, 13 etao, et ch. 11, v. 4-12. Elle se donne même comme ayant expressément reçu la mission divine de le protéger contre les Hébreux, ch. 11, v. 15-17. Elle fait servir sa beauté et ses charmes à exciter Tardeur des désirs impurs d'Holoferne ; elle prend part à une orgie qu'il xlonne dans sa tente, ch. 12, v. 10-20, et lorsqu'elle l'a amené à l'état d'ivremort, elle Fassassine, après avoir invoqué l'assistance de Dieu, ch. 15, V. 4-10. Une telle conduite ne serait pas excusable quand même on la présenterait comme inspirée par des motifs purement humains : mais combien ne parait-elle pas irréligieuse, quand on considère que la Bible présente Judith comme agissant sous la protection divine, et lorsqu'on voit, ch. 15,
(1) Des critiques allemands soutiennent aujourd'hui que le livre de Juémh raconte des faits qui ne peuvent se rapporter à aucune époque de l'histoire juive, antérieure à l'ère chrétienne, et qu'il aurait été composé sur la fin du ler siècle ou au commencement du second. Saint Jérôme l'a traduit fort librement ainsi que cela résulte de ses paroles mêmes : « Magis sensum ë sensu « quàm ex verbo verbum transferens. Multorum codicum varietatem vitiosis- « simara amputa vi. # {Frœfatio in Jndith^ tome 1er, Paris, 1693.)
V. 9-12, le souverain pontife venir de Jérusalem à Béthulie, accompagné de tous ses prêtres, pour bénir cette femme et la proclamer la gloire d'Israël?
On s'est demandé quel âge elle pouvait avoir à l'époque où elle séduit Holofeme par cette incomparable beauté que la narration sacrée affecte de lui attribuer (ch. 8, v. 7 ; ch. 10, V. 4, 14, 17 et 18; ch. 11, v. 19; et ch. 12, v. 16), et l'on a calculé, en se fondant sur les versets 28 et 30 du chapitre 16, qu'elle devait avoir plus de 60 ans. A ce calcul Le Maistre de Sacy en oppose un autre, duquel il résulterait qu'elle n'avait alors qu'environ 50 ans; mais, comme s'il s'apercevait que les libertins pourraient encore trouver cet âge un peu trop mûr pour le rôle de séductrice, il s'attache au verset 4 du chapitre 10, où il est dit que Dieu gratifia Judith d'un surcroit de beauté qui devait éblouir tous les yeux, et il ajoute sur le ton d'une entière confiance en l'efficacité de cette intervention miraculeuse : « On ne sera plus surpris que cette ver- « tueuse femme ait eu des agréments et de quoi plaire à 48 « et 50 ans (1). »
Dans la version latine, au verset 1*" du chapitre 8, qui contient la généalogie de Judith , Siméon est dit fils de Ruben , tandis que l'on voit, au chapitre 29, versets 32 et 33, de la Genèse, qu'il était son frère. Le grec n'a pas cette contradiction; mais il en présente d'autres si l'on compare la généalogie qu'il donne avec celle de la Vulgate. Voici ces deux généalogies en regard; elles diffèrent beaucoup soit par les nombres, soit par les noms des générations.
(1) La sainte Bible, préface du livre de JvAithy tome 1er, Paris, 1717