GREC
ÏCLCATE.
Israël Kaben.
Sarasadaï Siméon.
Salamiel Salatbiel.
Nathanaël Nathanias.
£liab llnaii.
Chelcias Melcbias.
Achitob.
Baphaun.
Gidéon
Jamnor.
Éliu Élaï.
Elcia.
Oziel Ozias.
Joseph Joseph.
Ox Idox.
Mérari Mérari.
Judith Judith.
Les seuls noms de Joseph, Mérari et Judith concordent entièrement dans ces deux généalogies. Ceux de Salamiel, Nathanaêl, Chelcias, Éliu, Oziel et Ox d'une part, et ceux de Salathiel, Nathanias, Melchias, Élaî, Ozias et Idox d'une autre part, peuvent être considérés , malgré leurs différences respectives, comme désignant les mêmes personnages. Mais, dans ce cas , restent ces difficultés : Salamiel est fils de Sarasadaï, tandis que Salathiel est fils de Siméon ; Nathanaêl a pour fils Éliab, tandis que Nathanias a pour fils Énan; Chelcias est fils d'Éliab et père d'Éliu , tandis que Melchias est fils d'Énan et père d'Achitob; Éliu, fils de Chelcias, est père d'Elcia,
tandis que Élaï est fils de Jamnor et père d*Ozias ; Oziel est tils d'EIcia, tandis que Ozias est fils d*Élaï. Enfin, Israël, Sarasadaï , Éliab et Elcia de la version grecque n'ont point de correspondants dans la version latine, et Ruben, Siméon, Énan, Ârchitob, Raphaim, Gidéon et Jamnor de la version latine n'ont point de correspondants dans la version grecque. Autres embarras. Le Siméon de la généalogie de la Yulgate est bien celui des fils de Jacob, qui est appelé de ce nom, puisque Judith, ch. 9, V. 2 et 3, parlant de son ancêtre Siméon, fait allusion au inassacre des Hévéens, raconté au ch. 34 de la Genèse. Or, parmi les descendants de Siméon, désignés au V. 10 du ch. 46 de ce même livre de la Genèse, on ne voit ligurer aucun des noms qui composent la généalogie de Judith. On a le droit de s'étonner aussi de ne pas voir figurer dans hi généalogie de la version grecque le nom de Siméon, que, dans cette même version, ch. 9, v. 2, Judith invoque également comme étant celui d'un de ses ancêtres.
L'histoire d'Esther^ que Racine a su rendre si touchante, se termine, dans la Bible, par les plus atroces vengeances. Les Juifs égorgent dans Suze et les provinces de l'empire 73,810 de leurs ennemis (1), et la douce Esther elle-même, conseillée par son saint oncle Mardochée, prie le roi de permettre ces massacres, ch. 8, V. 8-13, et ch. 9, v. 12-16 (2). Un écrivain israélite, M. Salvador, qui a fait de grands efibrts pour justifier
(1) 15,810 seulement dans le grec.
(2) Dans la tragédie de Racine, Assuérus seul prend sur lui Todieux de cette pensée sanguinaire :
« Je leur livre le sang de tous leurs ennemis. » (Acte 3, scène 7.)
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ses ancêtres d'être veuus non seulement déposséder, mais exterminer les peuples inoflTensifs de Chanaam, aYOue cetie fois que la justice est so%tUlée par la vengeance (1). Le eh. 2, V. 12-14, contient des détails d'intérieur de sérail, ^ln n'ont rien de bien édiGant, et qui du reste ne font point dispirate avec le festin gigantesque et la dâîbération bouffonne <pie décrit le premier chapitre. Le ch. 3, v. 12-15, présente une invraisemblance des plus hardies. Aman, voulant extenniner tous les Juifs, les avertit onze mois d'avance (2) par un édit qu'il fait publier dans Suze, leur donnant ainsi larg^nent le temps de concerter les moyens de faire avorter son dessein. On imagine quel émoi et quels troubles causeraient dans une nation de pareils ordres publiés presque un an d'avance, et combien le fait même de cette publication ra rendrait l'exécution difficile pour ne pas dire impossible. Si Charles IX eut fait placarder dans les rues de Paris, je ne dirai pas dès l'année 1571, mais seulement dix jours d'avance l'ordre de massaorer, dans la nuit du 24 août 1572, les protestants de France, il n'eût pas été seulement un roi abominable, mais il eât été le plus imbécile de tous les princes, et l'histoire n'aurait pas m à transmettre à la postérité le souvenir d'un des pins grands forfaits, ou aurait eu a lui apprendi^e que la tentative 4a massacre avait été plus funeste à ses auteurs qu'à ses victimes. Mais les assassins ne sont ni assez braves ni assez sots pour prévenir les gens que tel jour ils se présenteront chez eux pour les égorger ; car ils savent bien que les hommes de cœur ne les
attendraient pas pour leur tendre paisiblement la gorge, mais
(1) Institutions de Mot/se, Ire partie, livre 6, ch. 3, tome II, Paris, 1828.
(2) Racine a réduit ce délai à 10 jours.
qu'ils profiteraient de ravertissemeut pour organiser leurs moyens de défense et faire au moins payer chèrement leur vie et celle des leurs. Au chapitre 8, versets 9-14, les Juifs triomphants imitent la sottise ainsi que la cruauté d'Aman, en publiant près de neuf mois d'avance l'ordre d'exterminer leurs ennenns.
A quelle époque le livre de Job a-t-il été écrit et quel en est Fauteur? Job a-t-il réellement existé ou est-ce un simple mythe (1)? S'il a existé, ^ù vivait-il et dans quel temps? Le début du livre le fait vivre dans la terre de Hus ; mais où était située cette terre de Hus? Ce sont là autant de questions sur lesquelles les plus forts interprètes s'avouent très peu renseignés. Dans la version grecque, après le dernier chapitre, vient une sorte d'épilogue qu'on ne trouve pas dans l'hébreu, et où il est dit, d'après un livre syriaque ^ que Job s'appelait aussi Jobab et demeurait sur les confins de l'Idumée et de l'Arabie, qu'il fut roi d'Édom, eut pour père Zaré et pour mère Bosorra, et fut le cinquième descendant d'Abraham. Ce serait alors le même Jobab dont il est parlé au ch. 56, v. 55, de la Gemse^ et au ch. V% V. 44, du V^ livre des Paralipomènes, qui eut pour mère Bosra et pour père Zara, petit-fils d'Ésaû.
Le livre de Job a causé de grands tourments à saint Jérôme,
(1) Son nom DVK signifiant eu hébreu accablé de maux, a été fait évidemment pour le besoin de la légende même, et donne lieu de nouveau à Tobservation que j'ai consignée déjà dans la note de la page 123, au sujet du nom de Nabal. Job étant né dans l'opulence, ses parents n'avaient pu, lors de sa naissance, prévoir les douloureuses épreuves auxquelles il serait soumis un jour, ni par conséquent lui donner un nom exprimant ce fait.
18<i SECONDE PARTIE.
coiume on peut en juger par la Préface de sa traduction. Il déclare qu'il n'a entrepris ce travail que pour mieux faire ressortir les obscuritéi, les omissions et les altérations des divers exemplaires de l'ancienne version dont se servait alors l'église latine, et qu'il a rétabli prés de sept à huit cents versets dans un texte qu'il a trouvé honteusement écourté, lacéré et rongé; il avoue d'ailleurs, que, dans l'hébreu même auquel il s'est reporté, le sens du livre est énigmatique et fugitif, et il le compare très ingénieusement à une anguille qui vous échappe des mains d'autant plus vite que vous la serrez davantage (i). Éyidemment l'illustre traducteur, tout en croyant avoir débrouillé ce chaos, ne pouvait prétendre à l'infaillibilité ; il est donc difficile de se défendre d'un sentiment de stupéfaction, quand on rapproche ces aveux des anathèmes lancés par l'autorité ecclésiastique contre ceux qui se permettraient de douter de la parfaite intégrité et du caractère divin des textes bibliques. Je ne m'arrête pas à cet étrange colloque, établi sur un ton
(1) ff Apud latinos, antè eam translationem quam sab asterîscis et obelis « nuper edidîmus^ septingetiti ferme aut octingenti versus desunt, ut decurtains H et lacer atus corrosusque liber fœditatem sut publiée legentibus pruebeat, Haec « autem translatio nullum de veteribus sequitur interpretem, sed ex ipso M hebraico arabicoque sermone et interdùin syro nunc verba nunc sensos nimc
* simul utnunque resonabit. Obliquus enim etiam apud hebrœos totus liber fer- 1 tiir et lubricus, et quod grœcè rhetores vocant éax^jfjutxifffLévoq, dùmqae aliud « loquitur, aliud agit; ut si velis anguillam vel mursnam stiictis tenere - manibus, quantb fortiùs pressens, tanto citiùs elabitur Audiant qua-
* propter canes mei idcircb me in hoc volumine laborasse non ut interpréta- " tionem antiquam reprehenderem, sed ut ea quœ in illâ aut obscura sunt ani H ofiiissa aut certè scriptorum vitio depravata^ manifestiora nostrâ int-erpreta- « tione fièrent. « (Prépfatio in Job, tome 1er, Paris, 1693.)
familier entre Dieu et Satan , qui assiste aux conseils de la cour céleste, ch. V% v. 6-12, et ch. 2, v. 1-7. J'ai déjà eu a noter ce fait à propos d'un incident de même genre, relatif à une délibération ayant pour objet de tromper le roi Achab (1).
Le poème de Job, qui contient assurément de fort belles choses en tant que poème, n'est au fond qu'une dissertation très vide sur les épreuves de la vie humaine et l'exercice de la justice divine en ce monde. Six interlocuteurs y prennent successivement part, et aucun d'eux ne pense à la trancher nettement par la survivance du principe immatériel, réservé après la mort pour un nouvel ordre de choses. Un instant Job semble entrevoir cette solution ; mais en même temps il émet plus que des doutes sur l'immortalité de l'âme. Dans les deux premiers chapitres, il montre d'abord une parfaite résignation à la volonté de Dieu qui l'a dépouillé de tous ses biens, privé de ses dix enfants, et couvert d'un afireux ulcère : c'est là ce qu'il y a de plus beau et de plus moral dans tout le livre. On ne saurait assurément trop admirer ces paroles du v. 21 du ch. 1®' : « Nu « je suis sorti du sein de ma mère, et nu j'y retournerai. Jého- « vah avait donné, Jéhovah a ôté ; que le nom de Jéhovah soit « béni (2). » Mais, dès le ch. 3, Job perd patience, maudit le jour de sa naissance, et fait cette question, si familière à ceux qui nient la Providence : « Pourquoi la lumière a-t-elle été donnée
(1) Au § 6 du ch; 8.
(2) ninn \m nin^ no^ :ïWii onyï ^dk rt33D ^nv^ ony
inaD nin» qiù »n> nph
Les traducteurs grec et latin ont affaibli ce verset d'une simplicité subb'me, tni j ajoutant ce commentaire, qui n'est point dans roriginal : il; t<^ Ko:tcû
tVoÇêv ovTwç iyévsxo^ Sicut domino placent itàfadum est.
c au malheureux et la vie à ceux dont Tâme est remplie d*amerc tume? » Des amis qui étaient venus pour le consoler, lai reprochent avec autant de maladresse que de dureté son impatience et sa trop grande confiance en sa sainteté ; ils veulent lui prouver que Thomme souffre seulement pour ses péchés, et que la justice divine obtient ici basson plein et entier effet. Job entreprend de démontrer son innocence. Chemin faisant, il pose, dans les V. 10 et 14 du ch. 14, ces étranges questions : « Lorsque € Thomme est mort, où est-il? » < Après la mort est-ce que c rhomme vivra (1)? » Ceux qui nient la persistance de la personnalité humaine après cette vie, ne s'expriment pas autrement. Tout en faisant ces questions sceptiques. Job dit, au V. 12 du même chapitre, queThomme ne ressuscitera p2^ avant que les deux m soient détruits (2). Des objections et des répliques, aussi incohérentes les unes que les autres, s*échangeut
(1) i»w m« jnj*i
Dans le texte grec. Job ne fait pas ces questions. Au v. 10, il semble déclarer positivement que Thomme, une fois mort, n*esf plus : ïleŒÙjy <fè ÇpcTo^ oùx ST* è(7Tt. Mais, au v. 14, il dit expressément le contraire : *Eày ^à/j
(2) Si Ton ne consulte que la version latine de saint Jérôme, Job semblera se contredire encore plus formellement dans les versets 25-27 du chapitre 19. Les théologiens invoquent ces versets en faveur de leur dogme de la résurrection corporelle. J*ai montré, dans le chapitre 8 de la Ire partie de cet ouvrage, l'inanité de cette résurrection charnelle, et j*ai fait voir en même temps ('2e note de la page 293 du tome 1") que c'était seulement dans la traduction latine de saint Jérôme et dans les traductions modernes faites sur la Vulgate , que le langage attribué à Job était si net et si exprès, et qu'il s'en fallait de beaucoup qu'il en fût ainsi dans le texte hébraïque.
longuement entre Job et ses amis Eliphaz,Baldad et Sophar,et sans que la question débattue fasse un seul pas, lorsque, au ch. 32, survient un nouvel interlocuteur, Eliu, qui n'avait pas été annoncé d'abord, et qui trouve que tous les autres divaguent. On souscrit avec empressement à ce jugement, et Ton espère que le nouveau venu va poser plus simplement les termes de la question et mettre d'accord nos discoureurs. Désappointement complet. Eliu divague autant et plus encore que les autres; il prend contre Job et fort inutilement la défense de Dieu, sans donner aucune bonne raison, afférente à la discussion. Enfin Jéhovah lui-même (1) vient, au ch. 38, se mêler à cette dispute qui semble ne devoir pas finir. On s'attend naturellement à ce qu'il éclaircisse la question et surtout à ce qu'il la résolve. Il n'en est rien. Il passe en revue les œuvres de sa puissance dans deux beaux chapitres (58 et 39), que j'admire et que je goûte autant que personne, si l'on me les donne simplement pour ce qu'ils sont, c'est à dire pour de précieux monuments de la poésie hébraïque, et il défie le pauvre Job, qui se débat sur son tas de cendre (2), d'oser se comparer à lui. Celui-ci se garde
(1) On a remarqué que le nom sacré Hin^ figurait dans les deux prcmiers chapitres, qui servent de prologue à Tentretien de Job avec ses amis, et reparaissait après la clôture de cet entretien, dans les derniers chapitres 38-42, où Dieu intervient en personne, mais que, dans la partie principale du poème, c'est à dire dans les chapitres intermédiaires 3-37, excepté seulement le v. du ch. 12, où Ton rencontre cette expression mn^'H^j la main de Jého-
tah^ Dieu était toujours désigné par les autres qualifications 7^? Hl/K,
D'ri /K, '3"1K et ^"yV* On a cru voir dans ce fait une présomption
que le livre était l'œuvre de plusieurs mains.
(2) Le verset 8 du ch. 2 avait fait asseoir Job sur la cendre, 3tt*^
%m SKCONDK PARTIE.
bieu d*accepter le déli . 11 ne sait toujours pas, car personne ne le lui a encore dit clairement, pourquoi le juste souffre en ce monde. Cette connaissance lui serait assez utile dans la situation où il est réduit ; mais il prend le parti de s'en passer. Il s'avoue vaincu eUait pénitence, ch. 4S et dernier. Alors Jéhovah lui rend le double de ses biens, ce qui en définitive semble résoudre afiirmativement et dans le sens immoral des amis de Job cette question qui vient d'être si longuement débattue : Toute justice s' accomplit-elle sur la terre? Ses parents et ses connaissances qui tout à Theure le délaissaient, apprenant qu'il est redevenu opulent, accourent en foule le visiter; maintenant qu'il n'a plus besoin de rien, chacun s'empresse de lui faire des présents. Paimi ces présents il en est un qui mérite d'être mentionné : chaque visiteur lui apportait un anneau d'or, un seul (1). Job eut de nouveau dix enfants, sept fils et trois filles
*)QKn"'ÏÏinS Les traducteurs grec et latin le font asseoir sur un fumier,
'Ex^5ifro £;r? rijç xorpix^ fÇ« rîjç «"^Afw^', Sedens in sterquilinio ; de plus on voit que, dans la version grecque, ce fumier est placé hors de la ville, circonstance dont les textes hébraïque et latin ne disent rien.
(1) nnK ant du tt^^W V. ll. Le mot DU signifie un anneau que les femmes suspendaient à leur nez ou à une oreille. Saint Jérôme en fait une boucle d'oreille, viaiirem auream nnam. Dans ce cas, il faut croire que chaque visiteur s'entendait avec son voisin pour faire la paire. Au ch. 24, v. 22 et 47, de la Genèse, le serviteur d'Abraham donne aussi à Rebecca un seul anneau , DÎ3 . Mais cette fois saint Jérôme avait traduit ce mot par inaures, imitant
ce pluriel inexact de la traduction grecque èvurtx ; de plus ces mots du v. 47, nfîK"/]? Dî3n Dtt^KI , Je lui ai mis Vanneau au nez, lui ayant paru sans doute exprimer un fait de trop mauvais goût, il les avait rendus par Suspendi iiaqne inaures ad ornandam faciera ejtts. Dans la Vulgate , chaque boucle d'oreille, offerte à Job, est accompagnée d'une brebis dont l'hébreu ne dit rien,
qui furent les plus belles femmes de tout le pays, et il posséda 14,000 brebis, 6,000 chameaux, 1,000 paires de bœufs et 1,000 ànesses, v. là, 13 et 15. On sait que la Bible aime les nombres ronds.
Et dederunt ei umtsqtiisqtie ovem tmam. Dans le grec, il y a aussi une petite brebis, 'E«fwxf iè avT^ Ixcurroq àfJisi^A fjuxv^ mais point de boucle d'oreille.