‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienneChapitre 6 sur 96 · LE BOUC ÉMISSAIRE · texte numérisé non relu

LE BOUC ÉMISSAIRE

àu chapitre 16, Jéhovah enseigne à Moyse un procédé de pQrïfication morale, qui est devenu célèbre sous le nom de bouc émissaire. Aaron, à qui l'on amènera deux boues, les placera à rentrée du tabernacle, jettera le sort sur eux, en immolera un et réservera Tautre, v. 7-10. Or voici la destination de ce dernier. Après avoir fait plusieurs aspersions de sang, Aaron placera ses deux mains sur la tête du bouc réservé ; il confessera toutes les iniquités des enfants d'Israël et les dépo^ sera sur la tête de Tanimal, qu'il enverra au désert et qui emportera avec lui tous les péchés du peuple, v. 20-22 (1). Ce moyen de se débarrasser de la responsablité de ses iniquités est aussi immoral qu'il est stupide et grotesque ; car un peuple à qui Ton aura fait croire qu'il s'est déchargé sur un bouc du poids de ses crimes, pourra s'en donner à cœur joie. On a vu du reste, au 5® chapitre de la V" partie de cet ouvrage, que des chrétiens avaient substitué à ce procédé divers autres procédés encore un peu plus commodes.

§ 4. — LOI DU TAUON.

Ch. 24, V. 17, 19 et 20, Moyse règle les relations civiles des Juifs par un code pénal excessivement simple, qu'il a déjà donné dans Y Exode, ch. 21, v. 23-25, et qu'il redonnera dans

(1) yvvi^'n ^xr^r on» îrai, v. 21.

iO SECONDE PARTIE.

le DeutéronomCf cb. 19, v. 21. Si quelqu*un commet une injustice y on lui rendra exactement la pareille. S'il tue on le tuera; s'il casse un bras ou une jambe, on lui cassera un bras ou une jambe ; s'il arrache un œil ou une dent , on lui arrachera un œil ou une dent, et ainsi du reste. C'est ce que Ton appelle la loi du talion, qui est en usage chez les peuples enfants et barbares, et quelquefois aussi chez les peuples qui se disent civilisés, loi sauvage par laquelle la justice, en punissaut le crime, se montre aussi brutale que lui et aussi grossièrement inintelligente que la passion qui l'a enfanté. La peine de mort, encore en usage au xix^ siècle, est un reste de ce code barbare, qui s'était annoncé presque dès le début de la Bible, sous cette formule générale : « On fera couler le sang de celui « qui répand le sang de l'homme (1) », et qu'on retrouve dans un des livres du Nouveau Testament sous cette autre formule : « Si quelqu'un tue avec le glaive, il faut qu'il soit tué lui-même « avec le glaive (2). »

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