COQ
> * COQUILLE D ES LONCH A MPS ( Hknri ), né à Caen vers 1 7 , se distingua dans ses études , embrassa l'état ecclésiastique, et fut nommé , en 177 1 , professeur de quatrième xau collège Du r«ois à Caen. Les talens qu'il développa dans l'exercice de ses fonctions , le firent nommer recteur de ITniversité, en 1779- L'année suivante , le roi lui accorda la survivance et l'adjonction de la chaire royaled'éloquence. Vers 1782,1] fut député à Paris par l'université de Caen , pour des affaires aussi importantes que délicates. Il s'acquitta de sa mission avec tant de succès , qu'en, 1786 le roi le nomma syndic général de l'Université de Caen ; l'Université regarda comme une obligation pour elle , de placer son portrait avec ceux de ses bienfaiteurs. La ville de Caen dut à son zèle pour le bien public, l'établissement d'une école de médecine clinique. En 1 jqi , l'Université fit imprimer sa délibération au sujet du serment exigé des fonctionnaires publics. La rédaction de cette pièce fait honneur aux talens de M. Coquille; en ayant fait parvenir au pape un exemplaire , par le fameux abbé Maury , Sa Sainteté adressa aux recteur et syndic général de l'Université de Caen un bref, dans lequel elle les félicite d'avoir publié une déclaration dictée par la sagesse et la piété , et qui respire dans tousses points une doctrine vraiment catholique. Une conséquence naturelle de cette déclaration était le refus du fameux serment. M. Coquille sé retira à Paris auprès de son compatriote et ami le Blond , qui bientôt le fit attacher a la bibliothèque Mazarine. Il mourut dans
COR *i5
l'exercice des fonctions d*administrateur de cette bibliothèque, au mois de janvier 1808, dans la soixante-deuxième année de son Age. Il passe pour constant que M Coquille a beaucoup aidé l'abbé le Blond , en 1785, dans la rédaction du second volume de la Description des pierres gravées de M. le duc d'Orléans. M. Coquille est mort sans fortune. Il était neveu du général du Gommier. On a en vain sollicité , pendant plusieurs années, une modique pension pour son infortunée veuve, morte en novembre 1819; elle n'a reçu que des secours provisoires.
CORBTNELLI (Jean) , Secrétaire des commandemens de la reine Marie de Médicis. La Biographie universelle lui attribue faussement les Sentiment d'amour tirés des meilleurs poètes modernes. Paris, i665, 2 vol. petit m-12. Cette compilation appartient à un autre auteur du même nom. (Voy. la préface du Recueil des poésies sacrées, publié par Lafontaine. ) La bibliothèque du Conseil d'Etat possède le manuscrit en 2 vol.
in~4° de son Tacite réduit en maximes.
f CORDIER (MattjrpO, lemeilleur article sur cet auteur avant la publication de la Biographie y était celui de M. Sencbier, dans Y Histoire littéraire de Genève ; on y trouve cependant plusieurs inexactitudes et des indications trop vagues. Les mêmes reproches peuvent être faits à l'article de la Biographie universelle ; il m'a semblé qu'un professeur aussi zélé que Maturin Cordier ^ et dont les ouvrages avaient été si utiles à la jeunesse pendant un
2i4 COR
siècle au moins , méritait un article plus détaillé.
Maturin Cordier, natif de Normandie , est mort à Genève , le 8 septembre i5li4 , âge* de 85 ans.
Ce célèbre professeur se distingua
f>ar son zèle pour l'éducation de a jeunesse, par sa pure latinité et par sa vaste érudition ; il avait une de ces ames antiques, qui désirait sincèrement le bien public, et qui le préférait toujours à ses intérêts et à sa propre gloire; son école devint une pépinière de grands hommes, et il eut la satisfaction de se faire dans chacun d'eux des amis zélés qui lui témoignèrent constamment de la reconnaissance et de l'attachement. Le plus intime de ses amis, Robert Estienne, lui fil adopter la religion réformée, et Calvin , l'un de ses élèves , lui dédia son commentaire sur la première épître aux Thessaloniciens. On connaît bien peu de circonstances de la vie de Cordier ; après avoir exercé ses taleus avec distinction à Paris, à Nevers et à Bordeaux , il vint à Genève en 1 54 1 - Il passa quelque tempsà Wenfchâtel età Lausanne; il se fixa enfin à Genève en i545, pour remplacer Castalion, et devint principal du collège. Calviu nous apprend que comme les régens des basses classes enseignaient mal dans ce collège , et faisaient manquer les études par le commencement , Cordier , qui sentit la grandeur du mal , en trouva le remède , et eut le courage de l'employer ; il quitta la première classe pour diriger la quatrième. ^et se dévoua ainsi à 1 enseignement des élémens de la grammaire. A l'âge de 85 ans , cet excellent professeur se rendit le témoignage de n'avoir élé
COR
occupé pendant cinquante an^ au moius que de la pensée de former la jeunesse à la piété et aux bonnes mœurs, en même temps qu'aux belles-lettres. Il publia beaucoup d'ouvrages en divers temps ; les principaux sont :
I. Maturini Corder ii de corrupti sermonis emendatione libellas. Parisiis , Rob. Stephanus , i53o. in-8°. tertia editio, auctior cui accessit carmen parœnelicum ut ad Christian pueri statim accédant. Parisiis , Rob. Steph.
i536, in~4°. H fit paraître la même année , chez le même libraire, un abrégé de cet ouvrage iu-8°. Cordier réforma beaucoup cette production dans la quatrième édition que Rob. Estienne en donna en i54i, in-8°. Ou l'avait averti que les exemples de mauvaises phrases qu'il n'avait mis en avant qu'afin de lés faire éviter, apportaient du préjudice à la jeunesse, parce qu'elle s'arrêtait beaucoup plus à ces expressions barbares, qui servaient à plaisanter , qu'aux expressions pures. On lui avait donc conseillé de supprimer cette partie d u livre, et il se rendit enfin à ces remontrances. Le litre de l'ouvrage fut ainsi changé, dans la quatrième édition : Commenlarius pueront m de quotidiano sermone , qui prias liber de corrupti sermonis emendatione dicebatur, lat. et gallice.
réimprimé chez Rob. Estifiine , en i55o et en i58o , in-8°. La plus mauvaise édition de l'ouvrage De corrupti sermonis emendatione , est celle de Paris, chez Antoine Bonnomère en i53i , dans laquelle le nom de l'auteur fut supprimé, ainsi qu'une préface de sa façon ; Ménage s'est appuyé de l'édition .de i5.|i, chez Rob. Es-
COR
tienne, pour avancer qu'on jouait encore à la paume avec la main à cette époque , parce que Cordier présente un de ses interlocuteurs qui le donne à entendre. Ce passage se trouve déjà dans l'édit. de i53i , qui d'ailleurs est d'un tiers moins ample que celle de i53§.
II. Distica Catonis cum gallicd interpretatione et, ubiopus fuity declaralione latinâ , ex recognilione Malurini Corderii et cum grœcd interpretatione Maximi Planudœ ; accesserunt dicta sapienium Grœcè , cum interpretatione latinâ et gallicd. Parisiis et Basileœ, i536, in-8°. Parisiis , Rob.
Steph. , i585 , m-8°.
Cordier fit imprimer ensuite à Lyon, chez Thibaut-Payen , des Commentaires et familière exposition des mêmes distiques. Duverdier dit que cet ouvrage a été réimprimé plus de cent fois ; comme aucun bibliographe n'en donne la date , il est possible qu'on veuille parler de l'éuit. latine avec l'interprétation française.