DEN
relative ail prétendu mariage de Bossuet ; mais il était si peu érudit qu'il a eu le malheur de défier M. de Voltaire de citer, non pas plusieurs livres , mais un seul où il soit dit que M. de Meaux a vécu marié. Quoique le volume de J.-B. Denis ne soit pas commun , il n'est pas cependant assez rare pour que M. l'abbé Guyon n'ait pu en entendre parler.
DENYS le Chartreux. Son traité De quatuor novissimis a eu une grande vogue ; la Biographie universelle cite les traductions espagnole et italienne qui en ont paru : pourquoi a-t-elle passé sous silence celle qui existe en français sous ce titre : Des quatre Jins de l'homme , par Denys le Chartreux , traduction nouvelle , avec un abrégé de sa Vie , Paris , i685, in-12? Jacques Boileau a publié son traité De vitd et moribus canonicorum, Coloniae Agrippina;, 1670, in- 12. Nous eu avons une traduction française , sous ce titre : De la vie et des mœurs des chanoines , traduit du latin, par l'abbé Méry. Paris, 1761 , in-12.
* DENYSE (Louis-Tranquille), professeur de grammaire, et sous-
Srincipal des Artiens, au collège e Navarre à Paris , mourut au mois d'octobre 174^- On a de lui :
I. Cent fables choisies des anciens auteurs mises en vers latins , par Gabriel Faërne , de Crémone, traduites en français. Paris, veuve Thiboust, i6qq, petit in-12.
II. Les Fables de Phèdre en vers français , avec le latin à côté et des notes. Paris, 1708, in-12. Il ne faut pas confondre ce traducteur avec Jean DENYSE, pro-
DES 245
fesseur de philosophie au collège de Montaigu , qui a publié :
i°. La vérité de la religion chrétienne démontrée par ordre géométrique. Paris, 17 17, in-12.
L'auteur avait composé un cours de philosophie suivant cette méthode , et ce traité est une portion de ce grand ouvrage.'
2°. La nature expliquée par le raisonnement et par Vexpérience* Paris, 1719, in-12. C'est une seconde pièce détachée du cours de philosophie de l'auteur.
En 1763, le pasteur de Neufchâtel, Petit-Pierre, crevant que J.-J. Rousseau avait quelque satisfaction à faire au christianisme, engagea ce philosophe à lire l'ouvrage de M. Denyse. J.-J. lui répondit qu'il n'avait point offensé le christianisme , et qu'il n'avait que faire du livre de M. Denyse.
r. la Correspondance de J.^J.
Rousseau.
* DESBANS (Louis), avocat à Paris, au commencement du xviii* siècle , eut la réputation d'un homme instruit , mais ne sut
S oint se procurer les avantages e la fortune. Le chancelier Voisin travailla à lui obtenir une pension , que lui fît enfin avoir le garde- des -sceaux d'Argenson. Cette pension n'ayant pas été fort exactement payée, Desbansserait mort à l'Hôtel-Dieu , si quelques amis n'eussent pas eu soin de lui.
Ce jurisconsulte publia en 1702, sons les initiales L. D. B. , un volume intitulé: Y Art de connaître les hommes. Ce n'était qu'un abrégé du livre de M. Esprit sur la Fausseté des vertus humaines. Paris, 1678 , 2 vol. in-12. Desbans n'avait pas indiqué la source où il avait puisé. Il pouvait donc passer
DES
pour plagiaire. Son abrégé fît sensation. Les libraires de Hollande croyant que les initiales indiquaientl'abbé de Bellegarde, dont les ouvrages avaient alors de la vogue, réimprimèrent en 1708 , X Art de connaître les hommes , sous le nom de cet abbé. Cette édition réussit encore mieux que celle de Paris. On écrivit de la capitale à Fauteur de la République des lettres, pour dévoiler l'espèce de plagiat dont le sieur Desbans s'était rendu coupable, et pour montrer que l'abbé de Bellegarde était tout-à-fait étranger à l'ouvrage. Les libraires de Hollande n en continuèrent pas moins à le réimprimer sous le nom de cet abbé.
Une si honteuse révélation ne corrigea point le plagiaire Desbans ; il commit un nouveau larcin en 171 5, par la publication du volume intitulé : les Principes naturels du droit et de la politique , in- 12 ; il eut cette fois la hardiesse de mettre son nom au bas d'une épître dédicatoire au chancelier voisin, et d'annoncer, à la fin de l'ouvrage, qu'il recevrait chez lui tous ceux qui auraient des difficulté.* à lui proposer. Qu'eût répondu cet effronté plagiaire à l'amateur de livres qui lui eût présenté les Essais de morale et de politique , où il est trdilé des devoirs de F homme considéré comme particulier et comme vivant en société , de l'origine des sociétés civiles , de l'autorité des princes et du devoir des sujets; divisés en deux parties. Lyon, Thomas Aiuaiilry, 1687, in-12.
Dcsbans a copié la seconde partie de ce volume. Son plaçiat sera détaillé, pour la première fois,
DES
dans la seconde édition de mon
Dictionnaire des anonymes,
M. d'Argenson regardait comme un chet-d'ceuvrele nouvel ou* ▼rage de Desbans; cependaut il ne se débitait pas. L'auteur, dans son chagrin contre le public , dévoua aux flammes la plus grande partie des exemplaires , ce qui a rendu le volume fort rare. Au milieu du dernier siècle , Dreux du Radier eut connaissance d'une copie manuscrite de cet ouvrage; il le trouva si nettement et si sensément écrit , qu'il résolut de le livrer à l'impression, ce qu'il exécuta en 1765 , 2 parties in-12.
Cette nouvelle édition des Principes naturels du droit et de la politique est précédée d'un Discours de l'éditeur , contenant une filée historique de la pratique du droit public et de la politique , dans les différens siècles de la monarchie, et une notice des principaux ouvrages sur cette matière. Ce morceau de 56 pages est fort curieux.
Cependant la nouvelle édition de l'ouvrage de Desbans eut encore peu de succès ; mais doit-on s'en étonner , lorsqu'on se représente la réputation dont jouissaient alors L'Esprit des lois et le CVmirat social? Les principes de l'anonyme de 1687 , et ceux de Desbans sont en opposition avec ceux de Montesquieu et de J.-.T. Rousseau.
( Voyez le Catalogue des ouvrages imprimés ou manuscrits de M.
Dreux du Radier. Rouen, 1776 , in-12, de 5i pag. , très-rare. )
DESCARTES (Rxné). Après avoir lu avec admiration, dans différens Dictionnaires historiques , les découvertes de Descartes et les principaux traits de sa
DES
vie, on éprouvait encore du plaisir à lire quelques détails sur l'ingénieuse nièce de ce grand philosophe. La Biographie universelle a dédaigné ces aétails. Jusqu'à ces derniers temps , les opuscules en vers de Catherine Descartes étaientensevelis dans plusieurs recueils assez anciens ; le libraire Léopold Callin les a fait réimprimer en 1806, à la suite des Lettres de mes dames de Scudihy et deSalvan de Saliez , 1 vol. in-12. Quelques morceaux cependant ont échappé à ses recherches : par exemple , trois heures à mademoiselle de Scudéri , qui se trouvent dans \esEssais de lettresfamilières (par les abbés Cassagne etFnretièf re) , Paris , 1690 , petit in-i 2.
On voit dans l'article Descartes, de M. Chaudon, une faute d'impression, assec grave pour être corrigée : suivant l'auteur , Y Arrêt, burlesque pour le maintien de la doctrine d'Aristote , se trouve dans les oeuvres de Descartes , qui le composa de concert avec Dongeois , son neveu , Racine et Bernier; on voit qu'il faut lire : dans les œuvres de Despréaux , dont le neveu s'appelait non pas Dongeois , mais Dongois.
* DESCEMET (Jf.aw) , docteurrégent et doyen d'âge de l'ancienne faculté de médecine de Paris , médecin du lycéedit impérial , ancien professeur de botanique, d'anatomie et censeur royal , membre de la société de médecine, de pl usieurs acade— raies étrangères et sociétés savantes , etc. , né à Paris , le 20 avril »732, est décédé le 17 octobre ib'io.
M. Descemet , naturellement enclin à la culture, à la connais-
DES 247
sance des arbres et des plantes , a profité avec facilité des leçons de son 6a vaut maître, M. Duhamel- Du monceau ; aussi n'avait-il pas atteint sa dix -huitième année, que ses progrès étonnans , ses connaissances en botanique, son inclination , les avis de ses maîtres, le vœu de sa famille et de ses amis, le décidèrent à embrasser la profession de la médecine , qu'il a exercée toute sa vie avec, une distinction particulière , avec un zèle et un désintéressement exemplaires.
Son application à la théorie et à la pratique de la médecine ne l'a jamais détourné de la continuation de ses études et de ses observations sur la botanique et l'a* natomie. Il posséda à un très-haut degré l'art d'appliquer ces connaissances au soulagement de ses malades.
Le public est redevable à M.
Descemet de la nouvelle édition du Traité des arbres et arbustes de M. Duhamel-Dumoaceau ; il a communiqué à l'un des éditeurs ses avis décisifs et les nombreuses annotations par lui rédigées sur un exemplaire de la première édition ; avis consignés dans l'avertissement de la seconde édition , exactement conformes au vœu de l'auteur , qui , a près avoir publié son bel ouvrage en it55, avait énoncé et confié à M. Descemet le désir qu'un savant le revît et le continuât.
Le même éditeur ne tarda pas à donner le plan de cette vaste entreprise , en priant M. Descemet d'en être le rédacteur, à des offres très-avantageuses : malgré son penchant pour l'accroissement des sciences , et son désir d'être utile à la postérité , il fut
*48 DES
arrêté par trois considérations.
La première , le respect qu'il portait la mémoire de son ancien maître , paraissait lui imposer le devoir de conserver en entier ce qu'il avait publié; il -ne pouvait consentira en devenir en quelque sorte le censeur.
La deuxième était son éloignemeut de toute occupation capable de partager les momens qu'il consacrait , sans distinction de fortune, au soulagement de l'humanité souffrante et de ses amis.
Et la troisième, la crainte de ne pouvoir exécuter , de la manière la plus satisfaisante, par maladie ou défaut de temps disponible., un ouvrage qu'on devait livrer à terme fixe, et dont le retard eût reculé la jouissance du public et nui aux intérêts des éditeurs.
On doit encore à M. Descemet la découverte importante, dans l'aiiatoiuie de l'œil, de la membrane qui contient l'humeur aqueuse, et dont la partie intérieure de la cornée transparente est revêtue. Cette découverte est rappelée dans les Mémoires de V académie des sciences , Savons étrangers y tome 5, pages 177 à J189; dans le Journal de Médecine , tome 3o , pages 333 à 34 1 ; dans Y Histoire de Vanatomic , par M. Portai ; dans sa Thèse du 23 février 1758, et dans plusieurs auteurs.
Il serait facile de citer une infinité de découvertes qu'il a faites, notamment celle dont a parlé le célèbre Lorry : De Morbis cutaneis introductio , page 4 > etc.
M. Descemet a toujours été trop modeste pour parler de lui avec avantage: c'est par suite de sa modestie , que dans le princi-
DES
pe ou le cours d'une maladie se" rieuse , il acceptait avec plaisir les avis , les consultations de ses confrères , ayant coutume de dire à ce sujet : Il y a plus d 'esprit dans deux têtes que dans une.
Cette modestie le portait encore à observer, à méditer, avant de se décider ou d'agir ; il était convaincu et avouait souvent que le bon médecin doit connaître le tempérament du malade , ensuite aider la nature et non la contraindre ou la contrarier , pour parvenir à la guérison parfaite.
M. Descemet connaissait parfaitement le prix du temps ; il savait l'employer constamment
Sour ses malades , pour les acaémies et sociétés savantes dont il faisait partie, pour sa famille, pour ses amis , et il savait s'en réserver assez pour ne pas abandonner ses études favorites.
( Extrait d'une Notice publiée par feu M. Desessarts.)
♦DESCHAMPS (Jean), originaire de Bergerac , naquit en 1708,, à Butzow , dans leMecklembourg ; il fit ses études à Genève et à Marbourg. Le roi de Prusse l'attacha , en 1737, au service de l'Eglise de Reinsberg ; en sa qualité de candidat , et prêchant devant la cour , il s'attribuait le caractère de chapelain. Le prince royal , depuis Frédéric II , n'a jamais été a ses sermons. M. Deschamps, ayant été disciple de Wolffà Marbourg, traduisit , en 1736, in-8° , sa logique allemande^ cette traduction, dédiée au prince royal , fut bien reçue du public. Le prince ne fit pas un aussi bon accueil à l'épi tre dédicatoire. Deschamps y comble d'éloges un prince qu il avoue ne
DES
pas connaître ; c'était , suivant Frédéric, avouer, à la tête d'une logique, qu'il ne savait pas raisonner. Deschamps publia ensuite un Cours abrégé de la rihilosophie woineune, en forme de lettres; Amsterdam, 1 74^—1 747 î 3 vol. in-8°. Ces lettres, adressées à un jeune théologien , finissaient ordinairement parquelques nouvelles littéraires. Voltaire étant venu à Berlin , Deschamps s'avisa de mettre , à la fin d'une lettre , son portrait , et de représenter sa fîgnre, comme l'une des plus laides et des plus ridicules. Le roi, irrité de cette sortie imprudente, fit jouer au château une comédie , dont on a cru qu'il était luimême l'auteur. Dans une des scènes , un libraire, dans son magasin , indiquait les livres dont il avait eu bon débit ; ensuite il faisait voir de grandes piles de volumes entassés , disant : C'est la philosophie de Deschamps , je la vends à Vaune. Quand le pauvre Deschamps apprit cela , il se tint renfermé quelques jours , puis partit sans rien dire ; il alla se faire donner l'imposition des mains à Casse! ; il passa de -là à Londres, où il devint prêtre de l'Eglise anglicane , et pasteur de la chapelle royale delà davoie: ce fut dans cette place, qu'il mourut en 1767. Jean Deschamps avait de l'esprit et de l'instruction. On a encore de lui :
I. Recueil de nouvelles pièces sur les erreurs prétendues de la philosophie de JVolf. Leipsick , 1736 et 1737 , 2 vol. iu-8°.
II. Recueil de cinq sermons prononcés par M. Reinbeck, traduits de l'allemand. Berlin, 1739,