DUP
I. Mémoires de sir Georges JV ollap ; ses voyages dans différentes parties du monde , etc. Paris, 1787 et 1 788 , 6 parties ,
II. Honorine Derville , ou Confessions de madame la comtesse de £***, écrites par elle-même.
Paris , 1789» 2 vol. in-12.
III. Histoire du marquis de Seligni et de madame de Luxai , ou Lettres authentiques et originales , trouvées dans un portefeuille , à la mort de M. le maréchal de Paris , Re^nault , 1790, 2 yol. in-12. L'éditeur, dansun Avertissement, assure que l'authenticité fait le principal mérite de cette collection. Ces lettres ont été écrites du temps de Law ; à l'époque où elles parurent , il était curieux de pouvoir comparer la situation des finances , avec l'état oii elles étaient près d'un siècle auparavant.
DUPUY, secrétaire au congrès de Riswick. Les Amusemens de l 'amitié , en 1 vol. in-12, qu'on lui1 attribue dans la Diogr. univ. , sont de l'abbé de Varennes.
DUPUY -DEMPORTES (Jean- Baptiste). Il n'y a pas assez de développemens sur les principaux ou- /rages de cet auteur, dans l'article que la Biographie universelle lui a consacré ; M. Chaud ou n'en avait pas parlé.
I. Le Traité historique et moral du Blason. 1754, 2 vol. in-12.
On trouve dans cet ouvrage beaucoup de choses étrangères au sujet, et d'autres qui n'ont avec l'objet principal qu'un rapport éloigné ; ce qui a fait dire assez plaisamment à Frérqn : Si vous
voulez vous amuser et apprendre beaucoup de choses, excepté la science des armoiries , lisez ce Traité du blason.
II. Le Gentilhomme maréchal, tiré de l'anglais de Jean Barthrlet, chirurgien, où l'on a rassemblé tout ce que les auteurs les plus distingués ont rapporté de plus utile pour la conservation des chevaux. Paris, Jombert , 1756 et 1758, 2 vol. itt-12.
III. Le Gentilhomme cultivateur , ou Corps complet a" agriculture, traduit de 1 anglais de M.
Haies , et tiré des auteurs qui ont le mieux écrit sur cet art. Paris , chez Simon , 1761 et années suiv.
8 fol. in-4°,ou 16 vol. iu-12. L'auteur anglais n'a fourni à l'écrivain français que le plan de son ouvrage , et une partie de ses observations. Cette collection renferme des remarques utiles sur tout ce qui tient à l'agriculture, et on la consultera toujours avec intérêt, pour connaître l'état des connaissances en ce genre , à l'époque où elle parut. On attribue au même auteur plusieurs brochures peu importautes , auxquelles il n a pas mis son nom. On lui donne aussi l'édition augmentée des Mémoires de Gaudeoce, de Lucques, 1753, 4 ^parties in-12, et la traduction de Y Histoire du ministère du chevalit r JValpole , 1764 , 3 vol. in-12. Grimm lui attribue le Testament politique , du même VValpole , Pans, 1768, 2 v.
in-12.
DURAND (Guillaume). Suivant (olletet, ce poète français et latin naquit à Paris, et non à Senlis : il s adonna, dès sa jeunesse * a la science du droit et des lois. Après avoir paru avec assex
d'éclat dans le {barreau de Paris , il épousa une femme en la ville deaenlis, où il se retira; et en même temps, il y traita d'une charge de conseiller du roi au présidial. Le premier ouvrage qu'il publia à Paris, et qu'il dénia au roi Henri III , est intitulé :
Enchiridion, ou Manuel discours»
C'est un discours en rime sur les biens et sur les maux que, par le changement et la vicissitude des temps , les Israélites reçurent de la main de Dieu. La Biographie universelle reproche à Duverdier d'avoir copié , d'une manière si
5 eu exacte , le titre d'une Elégie e Guillaume Durand, adressée à Henri de Lorraine, ducde Guise, Paris , 1569 , in-4° , qu'on ne sait si l'original était latin ou français, et si Durand en est l'auteur, ou seulement le traducteur. Colleté t s'exprime d'une manière plus précise ; car il dit que G. Durand composa une Elégie latine , traduite de certains vers français sur les Poitevins , défendus par Henri de Lorraine , imprimée à Paris , l'an 1569.
DURAND (David). Je dois "des remercîmensà M. D. L., soit pour l'idée avantageuse qu'il a bien voulu présenter aux lecteurs de la Biographie universelle, de ma notice sur la vie et les ouvrages de D. Durand , soit pour l'abrégé qu'il en a fait. S'il a confondu ensemble les Sermons sur divers textes de V Ecriture-Sainte , composés par D. Durand avec les Morceaux choisis dont il n'a été , en grande partie, que l'éditeur , cela vient , peut-être, du mot choisis, que j ai inséré mal à propos dans le titre du premier, de ces recueils»
Ayant plusieurs additions et rectifications à faire à cette notice, je la reproduis ici :
David DURAND naquit) vers 1681 , à Saint-Parçoire , dans le Bas-Languedoc , diocèse de Beziers (Hérault). Il était nls et frère de pasteurs distingués ; son père, Jean Durand, ministre, avant la révocation de l'Edit de Nantes, des églises de Poussan et de St.-Pargoire, appartenait à une famille de robe, bfe Montpellier, alliée à d'anciennes familles du Languedoc, entre autres, à celle du cardinal de Bernis.
Son frère, Jean-Antoine Durand , père de David-Henri Durand, est mort en 1766, pasteur de Dombresson , dans la principauté de Neufchâtel en Suisse.
David Durand eut la même vocation. Après avoir été reçu ministre à Bâie, à l'âge de 22 ou 23 ans, il passa en Hollande, où il fut nommé chapelain d'un régiment de cavalerie, composé de pro tes tans languedociens , réfugiés dans ce pays. Ce régiment, commandé par le fameux Mitron Jean Cavalier, qui avait eu l'honneur de traiter Je couronne à couronne avec Louis XIV , se trouva dans plusieurs actions en Espagne, pendant la guerre de la succession , entre autres à la bataille d'Almanza, où il fut mis en déroute avec toute l'armée des alliés. David Durand fut reconnu par les paysans d'un village, pour être le ministre hérétique d'un corps hérétique , et par-là même l'ob jetde leur exécration. Ces mal- .
heureux le saisissent et l'entraînent dans une étable à cochons , où ils le condamnent à être brûlé vif. I>infortuné n'attendait plus que le moment de sa mort ; on le
conduisit dans une espèce de cuisine , où il vit bouillir l'eau destinée à son supplice ; ramené dans son étable , if voit passer un officier de son régiment , auquel il fait en deux mots l'exposé de sa situation. Ce brave jeune homme, nommé Brugairolles , alla se jeter aux pieds du duc de Berwick , qui commandait l'armée française ; il lui peignit avec une énergique sensibilité, l'état de David Durand. Le général dépêcha aussitôt des soldats , qui arrivèrent assez à temps pour délivrer le martyr. On le conduisit dans le camp <fu général , et il y passa plusieurs semaines , mangeant à sa table.
Au bout de quelque temps , le duc de Berwick obligé, malgré l'éclat de ses victoires, à de grands ménagemens vis-à-vis de la nation espagnole, qu'il s'agissait d'attacher à la dominationfranç. , déclara à David Durand , que, ne pouvant le mettre entièrement à l'abri du tribunal de l'inquisition, il fallait qu'il se soumît à demeurer quelque temps chez un ecclésiastique du voisinage , qui se chargerait de sa conversion. David Durand fut en conséquence transféré chez le curé d'une ville du royaume de Valence , appelée Castillonde la Plana. Le curé, vieillard vénérable par sa bonne mine et par ses cheveux blancs, eut, pour son néophyte, des bontés plus que paternelles ; il ne lui parla jamais de controverse ;mais sans cesse il lui peignait la charité prescrite par l'Evangile , cherchant à le dédommager, par les égards de la tolérance la plus affectueuse , du malheur qu'il avait eu de tomber entre les mains des agens de l'inquisition, et levant les mains au ciel , toutes les fois qu'il
était question de ce redoutable tribunal.
L'humanité de ce digne ecclésiastique alla si loin, que , de concert avec les çens du duc de Berwick , il facilita à D. Durand , les moyens de se rendre à Montpellier ; on dit , pour satisfaire les officiers de l'inquisition , qu'on l'y avait envoyé , à l'effet de le faire instruire dans la religion catholique , au couvent des jésuites.
D. Durand, passa plusieurs mois chez un religieux, à la conduite duquel il ne rendit pas un témoignage aussi flatteur qu'à celle du digne curé espagnol. Il trouva cependant le moyen de s'enfuir à Genève, ou il rencontra beaucoup d'amis. Il y prêcha plusieurs fois, et , dans un de ses discours, il demanda pardon à Dieu , non d'une abjuration absolue et proprement dite, qu'il a nié constamment avoir jamais faite ; mais de la faiblesse qu'il avait eue de se prêter à des démarches qui avaient eu pour objet son changement de religion. Ce sermon fit pleurer tout l'auditoire.
Après avoir séjourné fort peu de temps à Genève , David Durand revint à Rotterdam , où il fit connaissance avec l'illustre Bayle.
Malgré la différence des âges et surtout des opinions, le philosophe de Rotterdam admit le jeune ministre dans sa familiarité ; il dut en effet le voir avec plaisir allier le goût des lettres à l'étude de la théologie, et annoncer un caractère de modération et de douceur dont les exemples étaient rares alors parmi ses confrères.
David Durand a toujours parlé de Bayle avec transport, tout en déplorant l'usage qu'il fit de ses taie us , et , quoique fâché de re-
marquer que les vertus qu'il admirait en lui, ne fussent pas produites par les principes de la religion.
Après un séjour de quelques années à Rotterdam , David Durand alla à Londres ; sa Vie de Vanini est datée de cette ville, le
ïo août 1 7 1 4 - E'1 '7'7» ^la'4 chapelain du lord baron de Morth et Grey : une note de la préface de sa "Religion des mahométans (page 63) , semble prouver qu'en 1720, il était déjà ministre de l'église deSt.-Mai tin ; il fut nomme membre de la société royale, le 16 janvier 1728; cet honneur lui fut sans doute déféré à cause de la réputation que lui avait faite V Histoire de la peinture ancienne , extraite de Pline, et publiée en 1725 , avec des remarques fort curieuses. David Durand devint ensuite ministre de l'église de la Savoie, à laquelle a été réunie celle de St.-Martin. C'est dans cette place qu'il termina sa longue et honorable carrière, le 16 janvier 1763,' à l'âge de 82 ans.
Peu après sa nomination à la Savoie, il avait épousé une veuve, dont il n'eut point d'enfans. C'était la tante, par alliance, du riche chevalier Vanheck, père du lord Huntingfield , créé pair d'Irlande , vers 1794.
David Durand était d'une humeur fort gaie; il parlait avec facilité , et se piquait même de . parler très-purement. On a remarqué qu il aimait beaucoup les louanges; il s'accusait facilement lui-même d'être trop porté à se rendre justice, et il s'appliquait volontiers le caractère qu'Horace donne aux Grecs :
Prceter laud m nullivs avaris.
De a rte j>oct., v. 32/j.
David Durand a eu pendant long-temps des pensionnaires de la plus grande distinction ; ce qui lui eût donné la facilité d'amasser des richesses , mais sa générosité l'empêcha de faire la moindre épargne. Il ne laissa à son neveu , d'autre héritage qu'une bibliothèque très-nombreuse à la vérité, mais en mauvais état. Cet estimable neveu attachait plus de prix à la parfaite réputation qui suivit son oncle dans le tombeau , et aux bons exemples qu'il lui avait transmis , qu'à toutes les guinées qu'il eût pu lui laisser.
Voici la liste des ouvrages de David Durand, venus à ma connaissance , soit pour les avoir eus sous les yeux , soit pour en avoir vu des annonces dans des catalogues exacts , ou lu des extraits dans des journaux dignes de foi.
I. La Vie et les Sentimens de Lucilio Vanini. Rotterdam , Gaspard Fritsch, 1717 , in- 12.
Lors de la publicatiou de cet ouvrage, des gens soupçonneux prêtèrent de mauvais desseins à l'auteur. Quelques personnes en portent aujourd'hui un jugement bien différent ; M. Naigeon , entre autres, dans le Dictionnaire de l'Encyclopédie méthodique.
qui traite de la philosophie ancienne et moderne , regarde cet ouvrage comme rempli de digressions inutiles ; il n'y trouve que les préjugés et l'esprit étroit a'un controversiste.
L'abbé Goujet dit , dans le catalogue raisonné et manuscrit des livres de sa bibliothèque , que la Vie de Vanini a été traduite en anglais, en 1730.