ANT
iV. B. îl^st d'autant plus essentiel de relever les fautes- oui ont échappé aux rédacteurs de la Biographie universelle , que déjà elles se trouvent reproduites assez généralement dans le premier volume du Supplément au Dictionnaire de Feller. On y lit l'article Ansart , comme dans la Biographie , sans distinguer les deux écrivains de ce nom. Du reste , je me fais un plaisir d'avouer ici que çe Supplément est rédigé avec plus de modération et d'impartialité que l'ouvrage de Feller. Seulement beaucoup d'articles ont été mal abrégés , de manière qu'on y trouve des fautes que l'on n'a pas à reprocher à ceux qui les Ont traces en grand.
ANTIST (Le père Vince^t-Justinien ) , dominicain espagnol , su r leauel on trouve un assez bon article dans Moréri. Les auteurs ont cependant oublié de dire nue son Traité de la conception,de la trèssainte Vierge Marie , mère de Dieu, avait été traduit en français par le sieur D*** ( Antoinethomas ), avec une addition sur le même sujet, extraite de divers auteurs. Paris , 1706, in-12. La Biographie universelle ne parle pas du P. Antist.
ANTOINE ( Don ) , roi de Portugal. La Biographie universelle afferme qu'on a imprimé sous le nota de ce prince une Paraphrase des Psaumes de la pénitence , traduite par l'abbé de Bellegarde. Il fallait dire : On a imprimé les Psûumes de la confession du sért:nissime prince D. Antoine, roi de Portugal, pour demander à Dieu le pardon de ses péchés, avec des Prières du même roî sur différent
APU
sujets , le tout traduit en français par l'abbé de Belleçarde- On trouve la même méprise dans le dictionnaire de Ladvocat , édition de 1777, et dans celui de M. Chaudon. Je dois convenir qu'à l'article Bellegarde, la Biographie universelle reconnaît l'erreur qui a été commise à l'article de D. Antoine.
APER ( Mabcus ) , orateur romain , auteur présumé du célèbre Dialogue de oratoribus. M. Chaudon s est trompé lorsqu'il a dit que la traduction de ce Dialogue par Louis Giry, avait paru en 1626 ; elle n'a été imprimée qu'en i63o. La même erreur se retrouve dans le dictionnaire de M. Feller et; dans la Biographie universelle.
APULÉE. L'article de çe philosophe platonicien, dans la Biographie universelle y laisse peu à dç'sirer. Editions anciennes de ce qui nous reste de l'auteur, éditions nouvelles des mêmes œuvres, éditions séparées des parties les plus intéressantes , avec leurs traductions en diverses langues, tout y est indiqué avec soin.
Je vois cependant que le rédacteur de cet article n'a pas connu la plus récente des traductions françaises de la fable de Psyché.
Elle porte ce titre : Recherches philosophiques sur le sens moral de la fable de Psvché et de Cupidon , tirée des Métamorphoses de l'Ane d'or d'Apulée , philosophe platonicien , avec une interprétation du discours de Dio tinte dans le banquet de Platon, et des observations critiques par M. de R. M.; Hambourg, 1798, petit in-8° de 192 pag. Les réflexions préliminaires contiennent 5o p.
C'est un coup-d'œil très-judicieux
ARP>
sur \e caractère de la philosophie de Platon , sur la personne d'Apulée , et une fidèle analyse du système de l'un et de la fable de l'autre. H y a dans ces recherches une critique fort raisonnable. La traduction de la fable de Psyché et de Cupidon est plus élégante que fidèle. En lisant ce volume, je désirais ardemment de connaître le nom de son auteur. L'avertissement me l'a fait bientôt découvrir, parce que l'anonyme y rappelle les fragmens dont il a enrichi le second semestre du Spectateur du nord , sous les mêmes lettres R. M. qui se trouvent sur le frontispice de la nouvelle brochure : ces initiales désignent sans doute M. le marquis de Romance-Mesmon , connn par plusieurs productions agréables , et par sa coopération au Spectateur du nord. Beaucoup de fautes typographiques défigurent ses recherches sur Apulée et sà traduction de Psyché. Cet ouvrage mérite d'être réimprimé avec soin à Paris.
On regrette de ne pas trouver, dans la Biograb. universelle, que Warburton a donné une explication de la Métamorphose d Apulée , et que l'on doit à Thomas Taylor une explication de la fahle de Psyché.
ARBRTSSELLES (Robebt D'),rondateurde l'ordre de Fojitevrauld.
L'article de la Biographie univerrelle sur ce Bienheureux , ne contient aucune indication bibliographique. Il fallait au moins citer l'ouvrage très-bien fait qui a été publié en faveur de Robert parle P. de Soris , religieux de l'ordre de Fontevrauld , sous ce titre : Dissertaiion apologétique pour le bien-
heureux Robert d' Arbrissetles , sur ce qu'en a dit M. Bayle dans son dictionnaire. Anvers , 1701 , petit in-S°. Des indications de ce genre sont très-utiles ; elles mettent les lecteùrs à même d'approfondir les questions que les articles ne peuvent faire connaître que superficiellement.
* ARCONVïLLE (madame d'), une des femmes les plus instruites et les plus modestes do xvme siècle. Ses nombreuses productions obtinrent, de son vivant, beaucoup de lecteurs, par leur seul mérite. EUe a publié successivement des ouvrages de morale, des ouvrages scientifiques, des ouvrages d'imagination et des ouvrages d'histoire. J'avais cité les principaux dans mon Dictionnaire des ouvrages anonymes ; j'avais même annoncé la mort assez récente de cette dame. Comment est-il arrivé qu'aucun des nombreux coTlaborateursde la Biographie universelle ne se soit procuré què£ques détails sur la vie d'une pef^ sonne aussi recommandable. On en trouve pourtant dans le discours préliminaire d'un ouvrage publie' dès 1 8 1 o , sous ce titre Cours de botanique médicale comparée y par Mi jBodard y docteuHr en médecine , iz vol. in-o**; rpM.
Bodard était attache à maaàftre d'Arconvilîe par les' liens du s'àng et de l'amitié. Cependant $à manière d'envisager cette dame1 riA paru conforme à Topinro^dctf critiques contemporains; je' la1^produn donc ici presque >n sW entier ; j'ai Seulement tms'Was d'ordre 'et d'ex a t titu.de d^te Tifrdication des ouvrages. '
Madame Geneviève* Chàrlbïtfe d'Arlcs , épouse de M. « Loufê-
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Lazare Thiroux d'Arco^ille , président au parlement, née le 17 octobre 1720, est décédée le 23 décembre i8o5. Belle-sœur et înère de deux magistrats dont le nom rappelle l'idée de toutes les vertus ( M. Angran d'Alleray, ancien lieutenant civil, et M. Thiroux de Crosne , ancien intendant de Rouen ) , elle mérite d'occuper un rang distingué parmi les femmes célèbres de son siècle.
Née avec une imagination vive, un amour extrême du travail , madame d'Arconville, dont l'éducation avait été restreinte aux devoirs d'une femme dans l'intérieur de son ménage , tourna bientôt toutes ses idées du côté des sciences ; et n'ayant qu'elle seule pour diriger ses études, elle put dire avec raison qu'elle était elle-même son ouvrage.
Pour concilier ses devoirsetscs occupations, elle avait divisé l'em- ploi de son temps de manière que sa famille , ses amis , ses travaux . et la société en avaient chacun june partie. ,
t*n tact fin et délicat, de l'esprit sansraflTectation, de l'instruction sans pédanterie, une foule de mots heureux , d'expressions qui faisaient image , un à-propos .xare.da"* les citatious, la faisaient rechercher beaucoup plus qu'elle c^dç/j ift» i t ; 1 égère a vec 1 es fem m es Superficiel les, folâtre avec les jeunes personnes, instruite avec les; wyans | Son caractère flexible se^r^t'ait à tous les tons de la 4pc»été. • .
, ,Les.ç,ou naissances variées et étenduçs de madame d Arconville la
• l, c .il - . . . ,
jmirenten reJation intime avec Jes fiavahs les plus distingués. Parmi .ceux qui se présentent à ma méjmoire, je citerai M.. Macqucr ,
Bernard de Jussieu, Anquetil > Poultier et de Lavoisicr , M. de Malesherbes, MM. de la Curne de Sainte-Palaye , et plusieurs autres auteurs célèbres qui existent encore.
Douée d'une sensibilité expausive, possédant au plus haut point le sentiment exquis des convenances, elle eut beaucoup d'amis.
Personne plus qu'elle ne fut digne d'en avoir, parce que personne ne connut mieux le grand art d'obliger. Quoiqu'il fût difficile de rendre un service avec plus de délicatesse et de grâce, elle semblait n'avoir eu qu'elle en vue; et par le plaisir qu'elle éprouvait, on eût dit qu'elle voulait persuader celui qui le recevait qu'il pouvait, sans être ingrat, se dispenser de la reconnaissance.
Maigre la maladie cruelle dont elle fut atteinte dans les dernières années de sa vie, elle travaillait encore dans l'intervalle que lui laissaient ses douleurs. A l'âge de 85 ans , son esprit avait conservé toute son amabilité, tout son feu; et son imagination n'avait rien perdu des grâces et des fraîcheurs de la jeunesse.
Les ouvrages publiés par madame d'Arconville ont tous paru sous le voile de l'anonyme ; en voici une liste à peu près exacte :
I . Pensées et réflexions morales sur divers sujets ( adressées à madame Angran d'Alleray, sœur de l'auteur). Avignon (Paris), 1760, petit in-12, 2e édit. , augmentée; La HayeetPaiis, 1766, pet. in-12.