‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 266 sur 305 · HER · texte numérisé non relu

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a lu cette traduction latine , et qu'il l'a trouvée digne de la réputation que l'auteur s'est acquise par d'autres ouvrages. L'abbé î>aas a reproduit ces deux pièces dans son Recueil de Fables latines et françaises ; An vers (Rouen) ,

* HÉROUVILLE ( Aktoine de RïCOUART,comteD'),deClaye, .

né à Paris vers 171 3, était fils de Jacques-Antoine Ricouart , chevalier, marquis d'Hérouville,et de Marie-Gabrielle Nivelle de la Chaussée ; il embrassa l'état* militaire et devint lieutenant-général des armées du roi etinspecteur général d'infanterie. Ses connaissances profondes dans l'art militaire , ne l'empêchèrent point de cultiver les lettres et les sciences avec succès ; il a communiqué aux éditeurs de la grande Encyclopédie , des mémoires très-curieux sur la minéralogie ; on lui doit aussi des mémoires sur le Colzat, laGarance, etc. Son principal ouvrage est le Traité des Légions , qui porte le nom du maréchal de Saxe , parce qu'il a été imprimé sans la participation de son véritable auteur , sur une copie trouvée parmi les papiers du maréchal de Saxe , à qui il avait été communiqué. Ce grand général dont les talens embrassaient toutes les parties de l'art militaire, et <Jui avait applaudi aux vufp du comte d'Hérouville, l'engagea à les développer; quand l'ouvrage fut achevé , le vainqueur de Fontenoy y ajouta des remarques, et lui donna, sur la copie, qui était restée entre ses mains, le titre de Traité des Légions. Son suffrage justifiait d'avance le succès de ces mé-

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moires dont il existe* beaucoup d'éditions. Le nom du maréchal de Saxe ne Se trouve plus sur le frontispice de Ja 4e» qui a été revue avecsoin sur un manuscrit.

( Paris , Prault , 175^ , petit irc-12. ) Le comte d'Herouville s'était beaucoup occupé d'une Histoire générale des guerres , comme on peut le voir dans la correspondance de Grimm ( 2* partie, t. 2, p. 43cj et suiv. ). Ce militaire distingue est mort en 1782, âgé de 69 ans environ. Il avait été question de lui pour le ministère sous Louis XV , et il y serait parvenu sans un second mariage cju'il contracta et qui fut considéré comme trop inégal.

HEU MANN ( Christophe- Auguste). 11 faut regarder comme nulle et non avenue une note qui se lit dans la Biographie universelle relativement à cet auteur.

On y reproche aux bibliographes, une erreur, et Terreur n'est que du côté de l'annotateur : voici le fait. Mylius a inséré dans son supplément à la Bibliotheca anoiiymorum et pseudonymorum de Placcius , des corrections et des augmentations avec une excellente dissertation qu'Heumann avait publiée en 171 1 , sous le titre de Schediasma de anonytniset pseudonymis. Il y a même joint de bonnes observations; la note de la Biographie ferait croire que cette réimpression n'a pas eu lieu.

*HEUZET (Jean) , célèbre professeur de l'université de Paris.

Nous avions ignoré j usqu'àce jour quel lieu l'avait vu naître : une note manuscrite m'a appris le 18 février 1817 , que c'était la

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ville de Saint-Quentin. Cette note est conçue en ces termes : Ex dono magistri Heuzet San - Quinliant, et elle se trouve en tête d'un exemplaire de la ire édition des Selectœ k veteri \testamento historiœ, publiée en 1726. Ainsi , la patrie des Omer Talon, des Pierre Ramus , des Charles Gobinet , des frères Desjardins, serait aussi celle de Jean Heuzet.

C'est un nom devenu célèbre , à ajouter à ceux sur lesquels M. Louis Hordret , avocat , nous a laissé de curieux détails dans son Histoire abrégée de la ville de Saint-Quentin. Paris, 1781 ,in-8°.

Gaullyer nous apprend (i)que ce fut M. Rollin qui plaça M. Heuzet au collège de Beauvais ; aussi a-t-il montré dans différentes circonstances un attachement bien sincère à la personne de M. Heuzet , et une estime bien sentie pour son rare mérite.

M. Heuzet quitta l'enseignement vers 17 18, car on lit , à la fin de quelques ouvrages publiés à cette époque , des approbations qu'il a signées en qualité d'ancien professeur.

Une preuve du mérite éminent de M. Heuzet , c'est qu'il fut membre de cette Compagnie d'hommes habiles qui s'assemblaient au collège de Beauvais , pour expliquer les principales difficultés de Tite-Live. Rollin et l'abbé d'Asfeld assistaient à ces conférences. Crevier remplissait les fonctions de secrétaire, ce qui nous a valu l'excellente édition de Tite-Live en 6 vol. in-4° qni porte le nom de ce professeur, et qui commença à paraître en 1735.

C'est dans la belle préface de cet ■

(1) Voy . Têïeace , etc. 2e part., p. 1 u •

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important ouvrage (page 58) que Crevier a rendu un si noble hommage aux connaissances et aux vertus de M. Heuzet ; ce morceau m'a paru mériter d'être rapporté ici dans son entier.

Après avoir rappelé les conférences-du collège de Beauvais, Crevier ajoute :

Sed prœterire non possum vi- >» rum omnibus bonis doctisque fie- » bilem , nobis , ditm extremam » huic operi manum admoveba— » mus , lue tu as d morte ereptum , « M. Joannem Heuzet , eruditio- » ne , diligentid , indefessd in » scrulandis, et adliauidum per- » ducendis rébus patientid mémo- «rabilem : qui quidem nostrd » prœdicatione non indiget , >• quàm suce eum Litterœ et au- » rea opuscula , nimiritm selee- » tas ex Veteri Tcstamento , tum » ex profanis Scriptoribus histo- » rice , et brèves in Curtium Sal- K v » lustiumque notulce , abundecom- »» mendent $ ex his ejus scriptis , » quœ minime ambitiosus dociri- » nœostentatorstudiosœJuventu- » lis utilitati devoverat , notum » erit omnibus quâ Me antiquita- » lis notitid, quàm acri et limato » judiciOy quàm solerti in rébus » ordine disponendis prudenfid » prœditus fuerit; nobis , quibus >» suavissimo illius convient frui >» datum est , etiam perspectus '» fuit morum ejus candor et dignd » litterarum ingenuitate simptici- » tas , et nullis unquàm intertur- ». batte nubeculis frontis animi- » que serenitas , et in magndgra- » w/ûfe viïa? comitas jucundissi- » ma , et obvia votis amicorum h sedulitas , e* omîtes denique » virtutes quai animos hominum » devincire possunt , sincerd in •> Deurh pietate consecratœ. »

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J'ai essaVé de rendre ce m orceau de la manière suivante :

« Mais jene puis m 'empêcher de » parler de M. .Tean Heuzet , qnc » tous les gens de bien , et tous les » savans doivent regretter ; une p triste mort me Ta enlevé au » moment où je mettais la der- » nière main à ce travaU ; il était m connu par son érudmon , par n son zèle, par la patience iné- » puisable avec laquelle il s'atta- » chait à examiner et à éclaircir » toutes les difficultés t c'est en » vain que je lui donne ces louan- » ges ; car son savoir et ses excel- » Iens opuscules , le recomman- » dent assez à l'estime publique; » "je veux parler de ses Histoires » choisies de F Ancien Testament » etdes auteurs profanes , ainsi que » de ses petites notes sur Quinte- » Curce et sur Salluste. Ces ou- » vrages qu'il a consacrés à l'uti- » lité de la jeunesse, quoiqu'il ne » cherchât nullement à faire os- »» tentation de science , prouve- » ront à tout le mondé sa pro- » fonde connaissance de Panti- >» quité , la netteté et la justesse » de son jugement , son habileté » dans le choix et la disposition » de ses matériaux. Pour moi qui » ai eu le bonheur d'habiter la n même maison que lui , j'ai aussi » admiré en lui l'innocence des » mœurs , cette simplicité qui ac- » compagne si bien la culture des »> belles - lettres , cette sérénité » du visage et ce calme de l'ame >» qu'aucun nuage n'a jamais » troublée , cette aménité de ca- » ractère qu'il est si agréable de » rencontrer dans un genre de vie » très-sérieux, ces attentions obli- » géantes et empressées pour ses » amis ; enfin toutes les vertus » les plus capables d'attirer les

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«* cœurs , couronnées par une sin- » cère piété envers Dieu. «

Louis XV accorda , le 8 août 1720, à sa fille aînée l'université de Paris , un privilège de cinquante ans pour faire imprimer , par tels imprimeurs ou libraires qu'elle voudrait choisir , les livres nécessaires pour ses classes , avec des notes ou sans notes , et spécialement une suite d'auteurs grecs et latins , eu entier ou en partie , avec des notes , et un in»

dex , afin d'en faciliter l'intelligence , le tout néanmoins sans préjudicier, en façon quelconque, à aucuns libraires ou imprimeurs du royaume, qui avaient ci-devant obtenu ou pourraient obtenir, dans la suite, des privilèges ou permissions d'imprimer les textes desdits auteurs , simple* ment ou avec des notes différentes de celles que l'université ferait ou ferait faire sur lesdits auteurs.

M. Heuzet avait été choisi pour travailler aux éditions indiquées dans cetiionorable privilège; car, dans le cours de la même année 1720, il a publié une bonne édition de Quint-Curce , à l'usage des collèges de l'Université de Paris. L'année suivante, il fit paraître le recueil connu sous le nom de Conciones ; son Salluste était préparé un an avant sa mort.

Ces trois ouvrages latins ne présentent qu'un essai de ce que M. Henzet voulait faire pour répondre à la confiance dont l'honorait l'université. Des auteurs grecs devaient les suivre ; mais , vers l'année 1725 , M. Rollin fournit à M. Heuzet le plan de deux ouvrages, dont la jeunesse avait besoin pour étudier avec fruit l'histoire sacrée et l'histoire pro-

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