‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 267 sur 305 · BEU · texte numérisé non relu

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fane ; cet utile conseil nous a valu les deux excellens recueils qui ont pour titre : l'un Selectœ h Veteri Testamenlo , et l'autre, Selfctœ h Profanis Scriptoribus historiœ. M. Heuzet fut enlevé à l'université et aux lettres le 14 février 1728, c'est-à-dire, peu de temps après la, publication du Selectœ è Profanis. Il laissait une bibliothèque si bien composée , qu'un de ses confrères ne craignit pas de se charger d'une pension viagère de 4°° francs , pour en faire l'acquisition. Souhaitons avec Rollin (1) que l'exemple de l'un et de l'autre ayent oeaucoup d'imitateurs parmi ceux qui se dévouent à l'instruction de la jeunesse. •

Voici l'ordre chronologique , des ouvrages de M. Heuzet.

I. Quinti-Curtn Rufi de Rébus Àlexandri Magni historiarum //bridecem ad usum scholarum Uni' versitatisParisiensis.Parisiis,Ja.& ques Quillau , Lambert Coffin , et Jean Desaint , 1720, petit in-12 de xxi et 479 pages , sans l'index qui en a 9.

Les notes qui enrichissent cette édition réimprimée plusieurs fois, tirées principalement du Quinte- Curce, ad usum Delphini , sont courtes, mais très - nombreuses.

L'éditeur, sous le nom des libraires , dans un Avis de deux pages , écrit en beau latin , annonce ce qu'il a fait pour procurer à la jeunesse une édition de Quinte-Curce qui lui fAt véritablement utile pour la correction du texte et l'explication des passages les plus difficiles. On trouve à la fin du volume le pri-

(t) Traité des Études, t. IV, p. 6<J6, ëdit. de 1728.

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vilége du roi, que j'ai analysé* vers 1570, Job Veratius , fut sou- La petite édition de Quinte- vent reproduite à Paris et en Hol- Curce qui , depuis 1770, a rem- lande dans le dix-septième siècle, placé dans les classes celle de TU- Au commencement du dix-huiniversité , porte le nom de l'abbé tième, l'université de Paris crut Valart ; mais elle ne présente devoir adopter ces beaux modèles guèresque les notes de M. Heuzet, de l'ancienne éloquence , et elle réduites à un petit nombre. On chargea M. Heuzet de les revoir y trouve aussi le même index, avec tout le soin dont il était ca- L'abbé Valart, quoique très-ins- pable. L'estimable éditeur a retruit,nese faisait aucun scru- fait presque tous les sommaires , pule d'emprunter à ses devan- et revu les textes sur les meilciers sans les nommer. C'est ainsi leures éditions quiexistaient alors qu'on lit dans son édition d'IIo- de Salluste, de Tite-Live , de Tarace beaucoup de remarques tirées cite et de Quinte-Curce. Cette noud' une lettre du célèbre Markland. vel le édition des Conciones a eu II. OrationesexSaHustii^Cur- le plus%brillant succès. Elle fit tiiet Taciti historiis collectes ad presque oublier les anciennes, et usum scholarum Universitatis Pa- on la réimprime encore tous les risiensis. Parisiis , Quillau , etc. , jours. Quelques-uns des nouveaux 1721 , in-12. L'éditeur, dans un éditeurs ont introduit des ch ancourt , mais judicieux avertisse- gemens , sans en prévenir , dans ment, rappelle le Quinte-Curce l'Avertissement de M. Heuzet; publié l'année précédente. Quoi- d'autres l'ont totalement supque Crevier ne parle pas de ce primé. On doit louer au moins recueil, on en est certainement ces derniers d'avoir ajouté à leur redevable à M. Heuzet, puisqu'on édition une table générale et aly trouve des notes qui ressem- phabétiquedes discours. Tel est bien t textuellement à celles du l'avantage que présente 4'édition Quinte-Curce cité dans l'article stéréotypée , d après le procédé précédent, et du Salluste dont il de M. Erbann. Paris, 1810, sera parlé ci-après. vol. in-12.

Dès i542, le Bénédictin Joa- III. SelectœhveteriTestamento

cbim Perionius, avait présenté historiœ ad usum eorum qui lin-

aux amateurs , avec des notes , guœ latinœ rudimentis imbuntur.

cent quatre-vingt-treize discours Parisiis , Jac. Etienne, 1726, 2

tirés de Tite-Live. En 1570, le parties in-i 2. Traduit en français

célèbre imprimeur Henri Etienne par un anonyme ; Paris, 1764,

avait ajouté , aux discours tirés petit in- 12. Ce recueil jouit d'une

de l'histoirien romain, les plus grande estime ; mais il n'a pas

belles harangues d'autres histo- . paru d'une utilité aussi générale

riens grecs et latins. Ces collée- que le suivant,

tions avaient été bien accueillies ; IV. Selectœ h profams Scripio-

les harangues choisies des auteurs riùus historiœ , quibus admista

latins parurentsurtoutdevoirétre sunt varia honestè vivendi pra*-

adoptees dans la Belgique et en cepta ex scripioribus iisdem de-

Allemagne pour l'instruction de prompta. Parisiis^ Jac. Etienne,

la jeunesse. L'édition qu'en donna '727, 2 parties in- 12,

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Une première édition ne satisfait jamais un auteur d'un goût sévère; M. Heuzet se préparait à perfectionner cet ouvrage ; la mort le surprit au milieu de ce travail. Les libraires ont pourtant fait usage de ses corrections d'après les avis du sage Rollin , dans la seconde édition qu'ils firent paraître en 1729; la troisième édition, publiée en 1732, reçut encore des améliorations.

Les auteurs latins sont réduits dans ce recueil à un style plus clair; et on n'y trouve point de raisonnemens obscurs qui supposent une profonde connaissance de l'anciennephilosophie. Des modifications aussi sages ontdépluà quelques auteurs. Le professeur Gaullyer les critique amèrement dans son Térence^ Cicéron, etc., justifiés contre la censure de M.

Rollin (1). Suivant ce professeur , des extraitstels que ceux dont il s'agît, ou les textes^originaux , sous prétexte de plus grande clarté, sont abrégés , dérangés , changés , affaiblis, altérés de quelque manière que ce puisse être, ne peuvent être aussi propres à former les jeunes gens à la pureté et à l'élégance du latin, que les originaux même lus en nature et dans toute leur pureté.

Un professeur de Leipsick , nomme Jean-Echard Kappius , a été plus loin que Gaullyer. Dès l'année 1728, il a rétabli, dans une réimpression du Selectœ è profanis , les passages des auteurs tels qu'ils se •trouvent dans les originaux ; il reproduisit son édition, en 1734, avec des améliorations, sous ce titre: Selectœ è

(1) Voy. Térence, v partie, pag. 71 «tsuiv.

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profanis Scriptoribus historiœ , qui bus admis ta sunt varia honeste >vivendi prœcepta ex iisdem scriptoribus depromta , in usum juven»

tutis schotasticœ , adlalini sermonis castitatem et ad morum suavitatem manuducendœ. Secunda edilio Lipsiensis . ad Parisiensem repetita , ità tamen ut loci auctomm prœpostero consilio in hdc velimmutati vel decerpti, res~ tituli accuratiusque citati fuerint.

Accessit huic alteri editioni index rerum memorabilium. Lin si œ , TValterus, 1734 , in-12 de 480 p. , sans V index qui en a 33. Cette édition a encore été réimprimée en 1765, en 17^7, et en 1784, dans le forma tin-o°, par les soins de J. Frédéric Fischer, élève de Kappius. Ces éditions sont recherchées par les amateurs de l'ancienne latinité; mais le travail de M. Heuzet n'en est pas moins utile à la jeunesse.

A Paris et à Londres , on réimprime le Selectœ h Profanis , tel qu'il est sorti des mains de son auteur ; quelquefois on y fait d'utiles additions : telle est la Table historique des Personnages cités dans cet ouvrage , composée par M. Bérard , ancien censeur des études au Lycée de Poitiers, pour l'édition publiée à Paris , en i8o5 , par le libraire Merlin. Cette table renferme 104 pages.

En 1752 et en 1754, le sieur Charles Simon , maître-ès-arts en l'université de Paris, fit paraître une traduction française du Selectœ h Profanis , avec des notes morales et historiques , tirées en grande partie de VHistoire de France , 3 vol. in-12. Le but du traducteur était louable, mais il rendit l'ouvrage trop volumineox

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pour la jeunesse ; d'ailleurs , la traduction en elle-même est trèsimparfaite et mal écrite. On Ta cependant jointe au texte latin , à Bàle ou à Lyon, en 1775 et années suivantes ; 2 vol. in-12. M. Barrett a donné une meilleure traduction du recueil de M. Heuxet, Paris, Barbou , 1781, in-12.

Le libraire de Paris qui , dans ces derniers temps , a réimprimé le Selectœ è Profanis , avec une traduction française, a eu tort de mettre sur le frontispice le nom de M. Barrett, puisque la traduction qu'il a reproduite est celle de Simon.

V. C. Crispi Sallustii Opéra quœ exstand , ad usum scholarum Universùatis Parisiensis. Parisiis, Desaint , 1729, petit in-12, réimprimé plusieurs fois, notamment en 1767 , chez Paul-Denis Brocas.

La Préface qui se lit en tête de ce volume , contient une notice pleine d'érudition sur la vie et les ouvrages deSalluste.Les notes on t, en général , plus d'étendue et d'importance que celles du QuinteTCurce. Elles sont tout- à-fait dignes de l'auteur du Selectœ è Profanis. Le Journal des Savant rendit à l'éditeur une pleine justice, lorsqu'il dit» en 1731 , que ces notes étaient courtes, faciles, sensées et proportionnées à l'intelligence des jeunes écoliers pour qui elles étaient faites* Le volume est terminé par deux index , l'un de choses y l'autre de mots.

On voit à Ja suite du privilège du roi , que l'université de Paris a cédé ce privilège à Jean Desaint, le premier octobre de l'année 1727. La dernière maladie de l'éditeur aura probablement occasionné le retard de l'impres-

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