‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 296 sur 305 · JUR · texte numérisé non relu

JUR

christianisme, sans pourtant se départir de l'union de l'Eglise catholique , apostolique et romaine.

En son âge viril, il vit naître la faction de la ligue en Bourgogne ; et quoiqu'il fût périlleux , en ce temps-là , d'aller au contraire d'un parti, qui, en apparence s'établissait sur la religion et qui était appuyé de l'autorité du gouverneur (1), aussi ne laissat-il pas de suivre toujours le parti du roi , et ne se put tenir , en diverses rencontres , de témoigner, et par ses écrits et par sa poésie, en laquelle il excellait , combien il estimait vain le dessein de ceux qui voulaient, au préjudice des lois fondamentales de cet Etat, donner entrée à l'étranger , qui couvrait son usurpation du prétexte de piété et de religion. L'inclination qu'il avait au service du roi et à son parti , lui fit avoir amitié avec ceux qui, aux autres provinces, s'étaient réunis dans les mêmes sentimens , et particulièrement avec M. le premier président du Harlay ; de Thou, conseiller; Gillot, du Puy, Pierre et François Pithou frères , avec lesquels il vécut en singulière amitié. M. le premier président du Harlay fit son possible pour l'obliger à établir sa fortune à Pans, en prenant une charge de conseiller au parlement ; mais la crainte qu'il eut que cet emploi, qui se donne tout aux affaires dautrui, ne lui laissât la liberté de ses études, fit qu'il le négligea, quoioue ses affaires domestiques semblassent l'y inviter. Ayant vécu le reste de sa vie avec une grande douceur, et exempt de toute ambition , il mourut le 21

(1) Le duc de Mayenne.

Page 1