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Les ouvrages de l'oncle sont les des expéditions étrangères , et
plus nombreux et les p)us ton- leur avaient , dans la province
nus; mais plusieurs ont e^ té coq- même, rendu des services assez
fondus avec ceux du neveu. On a considérables. Malgré tout cela ,
aussi attribué au troisième une les parent de Vital étaient fort
revision de la traduction faite par pauvres, ùa l'envoya néanmoins
Amyot du célèbre roman dé 1; é-r fort Jeune dans des collèges où
véque Héliodore : cette révision des maîtres ignorâtes lui firent
appartient à l'un desideu? autres, prendre l'étude en aversion. Mais
}>ayle, l'abbé Joly , l'abbé Gou- il montra dès-lors un grand cou-*
jet , dans son premier supplément rage, et se précipita au milieu
au Dictionnaire de Moreri , ftt do* troubles civils. Son peu de
-dans son édition des Mémoires de succès dans l^s exercices littéraires
l'abbé de Marolles; l'abbé Leu- et dans ceux de la guerre, le fit
glet dans sa Bibliothèque des ro- revenir chez s« parens. Quelque
mans , et plusieurs autres biogra- temps après , son père le renvoya
phes, se sont trompés de ditie- dans les universités. Après avoir
trouvé des détails curieux sur sa progrès : au contraire, il abusa naissance, sur son éducation, sur de sa liberté pour se livrer à la ses ouvrages et sur sa mort, dans débauche et à toutes les disputes YHistoire manuscrite des poètes oh elle n'entraîne que trop fré— français par G. Colletet. J'en offre quemment; aussi reçut - il pluie précis aux lecteurs , avec des sieurs coups d'épée , ce qui fait additions qui éclaircissent l'his- dire assez ingénieusement à Coltoire littéraire de cette époque, letet qu'il viola les lois avant de Je ne m'appesantirai pas sur les les connaître. Bientôt d'Audicircenstances historiques de la vie guier parut à la cour, où il se fit de cet auteur ; on les trouve dans des amis et des ennemis. Plusieurs les Remarques de l'abbé Joly, et cartels lui furent offerts, et il en mieux encore dans le 14e vol. de sortit toujours blessé. Las de ce la Bibliothèque française del' abbé genre de vie, il s'éloigna de la Goujet. Ce nouvel article est bien cour pour ne fréquenter que des différent de celui qu'on voit dans gens de lettres. Ces nouvelles sole Supplément de Moréri. M. ciétés lui donnèrent le goût de la* Drouet eût dû s'en servir pour poésie et de l'étude. Il composa l'édition de 1759. donc des vers et des romans. Ces
derniers eurent beaucoup de suc-
f AUDIGUIER (Vital d'), sei- cès , et lui procurèrent quelque
gncur de la Menor, naquit vers aisance; mais cet état de prospé-
1574, en Rouergue. Son père et rite ne dura pas long- temps,
son aïeul étaient gens de robe; D'Audiguier mit son malheur à.
mais leurs prédécesseurs avaient profit ; il se consola des disgrâces
été hommes d'épée, et en cette de la fortune, en se livrant à l;i
qualité avaient suivi nos rois dans lecture avec plus d'ardeur qu'il
n'avait fait avant de devenir auteur. Ce fécond écrivain mourut d'une mort sanglante et funeste; il fut assassiné en la maison et en la présence d'une présidente que Colletet a bien voulu ne pas nommer. « On le fit jouer, aitil , au piquet ; on lui mécompta tant de fois son jeu , qu'il ne put s'empêcher de dire à celui qui le fouroait r vous comptez mal, parole qui fut relevée d'un démenti; et èn même temps, plusieurs satellites , sortis de derrière une tapisserie ., se jetèrent dessus lui ; et quelque effort qu'il fît de parer leurs coups avec un escabeau qui lui servit quelque temps de bouclier et de plastron , il fallut qu'il cédât à la force , et ce d'autant plus que ses ennemis se saisirent d'abord de son épée qui était sur un lit. Il fut percé de plusieurs coups, et rendit ainsi l'esprit sous l'effort de ces tigres de qui la rage ne se put assouvir que par son dernier soupir ; ce qui advint au faubourg Saint-Germain vers Tan 1624» s* bien qu'il mourut âgé d'environ 55 ans. Il était d'une taille haute et fière, d'un visage morne et mélancolique, et d'une humeur fort rêveuse et fort solitaire; au reste, homme, sur la fin de ses jours, fort dévot et fort craignant Dieu, et toujours trèsbon et très-fidèle ami. >» Colletet dit dans un autre endroit qu'il avait eu l'honneur de le connaître et de le pratiquer familièrement.
Le récit qu on vient de lire de l'assassinat de d'Audiguier réfute l'opinion de ceux qui, d'après une lettre de Balzac, reculaient cet assassinat jusqu'à l'année l63o. D'ailleurs , le crime dont parle Balzac a été commis aux Murais du Temple. L'assassinat de
d'Audiguier a dû se commettre en 1625, car plusieurs de ses ouvrages portent la date de cette année. Sa naissance doit aussi être reportée à l'année i56g environ , puisque Colletet avoue qu'il mourut âgé ^'environ 55 ans. Venons à ses ouvrages.
« Ses oeuvres , dit Colletet , sont toutes belles et toutes parfaitement raisonnées ; voici le catalogue de celles que j'ai vues , et je ne crois pas qu'il en ait guère fait d'autres : »
I. La Philosophie soldade, avec un manifeste de V auteur, contre ceux qui V accusaient faussement d'avoir voulu livrer sa ville natale ( probablement Naïac, près de Villefranche ) entre les mains des ennemis. Paris, 160/f, in-12. A l'imitation de ses ancêtres , d'Audiguier montra un inviolable attachement à ses souverains légitimes. Il a célébré dans ses vers la mort funeste de Henri III et celle de Henri IV. Dans le cours de ses études sous les jésuites, au lieu de faire des vers en faveur de la Ligue, comme on n'en faisait guère d'autres en ce temps- là, il en composait pour le roi, et les remettait à ses maîtres ; ce
3ui , dit Colletet , n'était pas sans anger d'une mercuriale.
II. La Flavie de la Mcnor. Paris , 1606, in-12; petit roman divisé en 2 livres.
III. Histoire tragi-comiaite des amours de Lisandre et de Caliste.
Paris , 161 5 , in-8°, souvent réimprimée à Paris et dans presque tontes les grandes vil les du royaume. Colletet sait gré aux excellens poètes de son temps , d'en avoir tiré de beaux et agréables sujets de comédie. Il existe des éditions de ce roman , i° avec une
traduction hollandaise. Amsterdam, i663, 2 vol. in-12; 20 avec traduction allemande. Amstertam , 1670, in-12. En 1735, Guillotde Chassagne rajeunit cet ouvrage , et le publia sous ce titre :
Le chevalier des Essarts et la comtesse de Bercy , 2 vol. in-12.
IV. Epîtres françaises et libres discours , première et seconde parties. Paris, 161 1, in-8°. Réimprimées plusieurs fois.
V. Le vrai et ancien usage des duels. Paris, 161 7, in-8° , dédié à Louis XIII. Le but de Fauteur est de faire voir l'injustice des duels ordinaires, et de porter le roi à les rétablir tels qu'ils se pratiquaient autrefois , pour causes très- graves, et avec permission expresse du souverain.
VI. Six Nouvelles de Michel Cervantes, traduites de l'espagnol en français, avec Six autres Nouvelles de la traduction de François de Rosset. Paris , 1618 , in-8°. Colletet trouvait la traduction de d'Audiguier bien supérieure à celles qui paraissaient dans le même temps.
VU. Les Amours dUArislandre et de Cléonice. Paris, 1626, in-8°.
Ce roman a eu moins de succès que les Amours de Lisandre.
VIII. La défaite dH Amour, et autres œuvres poétiques de V. D.
S. de la Menor. Paris, 1606, in- 12. Réimprimées , avec des suppressions et des augmentations , en 1 6 1 4 ) in-8° , sous le titre d'OEuvres poétiques.