‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 86 sur 305 · BON A VEN TURE (S. ). M · texte numérisé non relu

BON A VEN TURE (S. ). M

Qiaudonet la Biographie universelle indiquent vaguement la vie de ce saint, par l'abbé Boule, excordelier. C'est un ouvrage anonyme in tit. : Hist. abrég. delà vie et du culte de S. Bonavent. yhy on y 1747, in -8°. Ni l'un ni l'autre de ces ouvrages ne cite la traduction française de plusieurs Traités spirituels de S. Bonaventure , par le P. le Roux, cordelier. Paris, 1693 , 2 vol. in-12.

BONGARS(JacQuEs). M. Chaudon s'est exprimé avec inexactitude , lorsqu'il a dit que MM. de Port-Royal publièrent , sous le nom de Brianville, une traduction française des Lettres latines de cet auteur. Cette traduction est anonyme; mais on est sur qu'elle a été faite principalement par l'abbé de Brianville. L'édition corrigée et augmentée qui fut donnée à La Haye en 1695, est due auxsoinsde Jacques Bernard.

L'inexactitude que je reproche ici à M. Chàudon, se retrouve dans la Biographie1 universelle,

. * BONNAUD(Jean-Baptbte) entra dans la société des jésuites aussitôt qu'il eut terminé ses études. Après la destruction de la société, il se livra paisiblement à la culture des lettres , et publia en 1777 le Tartuffe épistolaire démasqué, 1 vol. in-8° , contre les lettres publiées par Caraccioli , sous le nom de Clément XIV. Il fit paraître en 1786 le volume intitulé : Hérodote, historien du peuple hébreu, sans le savoir. C'est une réponse à la critique que l'abbé Duvoisin avait faite de rHistoire des temps fabuleux del'abbe Guérin du Rocher. Devenu graud-

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vicaire de M. de Marbœuf, lorsque celui-ci remplaça M. de Montazet, il obtint toute la confiance de ce prélat. On lui attribue la rédaction des deux mandemens publiés par M. de Marbœuf, contre la constitution civile du clergé. Il publia à la même époque, une brochure intitulée: Découverte importante sur le vrai système de la constitution du clergé, décrétée par V Assemblée nationale, 1791» in-8°. Cette constitution lui paraît être un vraipïagiat du richerisme, ou de la doctrine de Richer, condamnée en 161 a, par deux conciles de France. L'abbé de Feller attribue encore à l'abbé Bonnaud la Réclamation pour V Eglise gallicane , contre V invasion des biens ecclésiastiques et V abolition de la dixme ; Paris, 1792,^-8°; ouvrage savant. Cet ecclésiastique est du nombre de ceux qui furent massacrés à Paris, dans l'église des Carmes, le 2 septembre 1792.

L'abbé de Feller attribue aussi à l'abbé Bonnaud le fameux Discours à lire au Conseil du Roi, par un ministre patriote , 1 787 , m-8°. L'abbé Lenfant paraît avoir coopéré à cet ouvrage.

* BONNET(àntoine), jésuite sur lequel Moréri donne une notice rédigée avec soin d'après un Mémoire du célèbre P. Oudin. Chaudon , Feller et la Biographie uni' verselle n'en parlent pas. Je ne puis approuver cette conduite.

On devrait accorder quelques lignes aux écrivains dont les ouvrages sont à peu près oubliés , en renvoyant aux ouvrages qui en ont parlé d'une manière plus détaillée. Par-là, il n'y aurait pas de lacune dans notre histoire litté-

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raire , et l'on accorderait plus d'espace aux auteurs dont les écrits présentent encore de l'intérêt.

* BONNET DE CHEMILIN(l'abbé) , mort en 1762 , dans la force de son âge , commença à se faire connaître en 1745 , par une petite comédie en vers , à la louange du roi , intitulée VEtranger ; elle reçut un mauvais accueil du public : cependant les connaisseurs y entrevirent une certaine facilité dans la versification. L'auteur forma ensuite le projet de faire connaître aux français, dans une traducliou en prose , le théâtre de Métastase ; il publia, en 1750, le premier volume de cette traduction. On y trouve quatre opéras , savoir .• Artaxerce , Démétrius , Démophon et Thémistocle. Fréron porta un jugement favorable de cette entreprise ; l'avertissement du traducteur annonçait , suivant ce critique , un homme d'esprit et de goût.

BONNEVAL (le comte de). On peut reprocher à la Biographie universelle de n'avoir point cité l'édition des prétendus Mémoires du comte de Bonneval, publiés à Paris en 1806 , avec des uotes historiques sur les personnages divers et les principaux faits mentionnés dans l'ouvrage , par M.

Guyot Desherbiers , ex-législateur ; 2 vol. in-8°. Cette édition a été faite avec soin, quoique l'éditeur , dans son avertissement , paraisse convaincu que ces Mémoires sont du grand général dont ils portent le nom. 11 apprécie avec justesse un autre roman qui a paru j en 1740, sous le nom

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«apposé de M. de Mirone, intitule : Anecdotes vénitiennes et turques , ou Nouveaux Mémoires du comte de Bonneval , 2 vol. in- 1 2 ; ainsi que les Anecdotes turques , ou Nouveaux Mémoires du comte deBonneval, mis en ordre par M. de C***, son secrétaire.

Utrecht, 1741 » 1 V°L >el^ a pris soin de trier dans ces deux ouvrages quelques morceaux qui appellent l'attention et l'intérêt ; on les trouve à la fin du second volume. On avait prétendu que le fameux marquis d'Argcns était l'écrivain cacné sous le nom de Mirone ; mais les Anecdotes vénitiennes et turques ne figurent pas dans la liste des ouvrages du marquis d'Argens, insérée à la suite 'de l'éloge que M. Boyer, son neveu , a fourni en 1772 à l'éditeur du Nécrologe des hommes célèbres. Je prouverai ailleurs que le nom de Mirone est le masque dont se couvrit un protestant converti, nommé de Sauinery , auteur des Mémoires et Aventures secrètes d*un voyageur du Levant, Liège, 1 732-1 736, 6 vol.

in-12. La Biographie mérite un reproche plus grave ; c'est de ne pas avoir connu les Mémoires sur le comte de Bonneval , inséréspar le prince de Ligne dans le 26e volume de la Collection de ses œuvres. J'ai publié cet article séparément sous ce titre : Mémoire sur le comte de Bonneval , par. le prince de Ligne, suivi des Let-»

très de la comtesse de Bonneval à son mari, etc. ; nouvelle édition , revue , corrigée et augmentée d u Procès du comte de Bonneval , fait et instruit par lui' même, et de deux Mémoires de ce comte , sur la tactique. Paris ,

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madame Hérissant -le -Doux , i8i7,in-8H.

f BORDE (Charles). Le nom de cet estimable littérateur est trop lié à l'histoire littéraire du xvm* siècle , pour que l'on ne soit pas étonné de la brièveté de l'article qui se lit dans la Biographie universelle, où se trouvent d'ailleurs plusieurs inexactitudes qui existaient déjà dans le Dictionnaire de M. Chaudon. C'est ce qui m'enhardit à offrir à mes lecteurs des détails plus étendus et pl us exacts.

Charles Borde naquit à Lyon le 6 septembre 17 u , de Jacques Borde, trésorier au bureau des finances , et de Geneviève Taillandier, son épouse. Il eut un frère, Louis Borde, mort en 1747»

qui fut habile géomètre et grand mécanicien. Charles- se destina d'abord au barreau ; mais bientôt l'amour des lettres lui fit abandonner le temple deThémispour se transporter à Paris, véritable sanctuaire de l'esprit et du goût.

11 rechercha avant tout les personnes qui cultivaient les lettres , et devint l'ami desBernis, desMably , des Condillac , des Bernard , etc. M. Borde a joui de l'estime et de l'amitié de Voltaire e{ de J.-J.

Rouss. Plusieurs de ses ouvrages furent attribués à Voltaire ; c'est en faire un assez bel éloge. Quant à J.-J. Rousseau , les rapports d'estime et d'amitié qui existèrent entre M. Borde et lui, ne durèrent pas long-temps; mais cette rupture ne peut nuire à la mémoire de M. Borde : il apprécia un des premiers les talens de l'auteur d'Emile; il l'obligea même de sa bourse et de son crédit.

Mais M. Borde ne put s'empêcher

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de regarder comme un paradoxe

l'opinion développée si éloquemmen t par Rousseau , dans son Discours sur les scieuces: il publia un Discours sur le même sujet.

J.-J. l'honora d'une réponse ; M.

Borde répliqua. Ses deux Discours ont mérité de figurer à coté de ceux du plus éloquent de nos écrivains : quel plus bel éloge pouvait-on en faire? D'ailleurs , Rousseau a écrit à M. Borde qu'il était le seul adversaire qu'il eût craint, on plutôt dont il eût es-

Ï)éré de nouvelles lumières. Dans a suite, les contradictions que M. Borde crut remarquer entre les écrits et la conduite de Rousseau , le portèrent à publier , en 1761 , la Prédiction tirée d'un vieux manuscrit ; et , en i 763 , la Profession de foi philosophique : c'étaient deux satires contre J.-J. Rousseau, qui ne les a jamais pardonnéesà leur auteur.

M. Borde a été plus heureux dans sa liaison avec Voltaire, qui lui a témoigné une constante estime.

Philosophe par principes , M. Borde a constamment préféré le bonheur à la gloire ; il acoulé des jours sereins et heureux au sein des muses et des lettres. Ayant joui pendant plusieurs années d'un bien-être qui ne lui laissait ni besoins ni désirs, il a fait entrer la bienfaisance pour beaucoup dans la composition de son bonheur. Il a voyagé en Italie , en Suisse, en Hollande et en Angleterre; il revit la capitale en 1778; mais il a voulu consacrer à ses compatriotes ses derniers jours et ses derniers travaux :

il mourut au milieu d'eux le i5 février 1781 , dans la soixante-dixième an née de son âge.

On doit à l'abbé de Caslil-

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Ion, son ami, le Recueil des OEuvres diverses de M: Borde , Lyon , 1783 , 4 vol. in-8°. Ce Recueil est trop volumineux : on y trouve une tragédie intitulée :

Blanche de Castille. J.-J. Rousseau , dans des vers pleins de sensibilité, reproche à 1 auteur de ne pas avoir mis cette pièce au théâtre. Les comédies qui suivent cette pièce ont eu des succès de société. Au milieu d'une vive guerre entre la France et l'Angleterre , M. Borde avait publie) une Ode sur la guerre, qui eut le plus grand succès. Stanislas désira de l'entendre réciter à l'auteur : Borde la prononçait avec le feu qui en avait animé la composition ; mais il fut intimidé autant par la majesté du monar-' que que par la sagesse des principes qu'il lui développait : Continuez , lui dit le prince , je su is digne de vous entendre. On distingue encore , parmi les poésies de M. Borde , la fable intitulée Chloé et le Papillon; c'est une charmante imitation d'Hamilton. Parmi les morceaux de prose, outre les Discours relatifs à celui de J.-J. Rousseau, on peut citer avec éloge un Discours sur 1*1 Fiction. On ne voit point figurer dans les 4 volumes imprimés à Lyon : i°. Le poème de Para pi II a , imité 4'un conte italien qu'on trouve dans le livre rarissime , intitulé : // libro del Perche. Ce Poëme est d'un genre assez semblable à celui de la Pucelle d'Orléans; mais l'auteur, par la réserve de son langage , a rendu presque décent un sujet qui ne l'est point et ne peut l'être. i°. Le Catéchumène, ouvrage hardi sur la religion , publié en 1 768, et qui a été réimprimé sou»

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différens titres, une fois entre autres par les soins de Voltaire.

On donne encore à M. Borde , le Tableau philosophique du genre humain, 1757, in-12; ouvrage qui a e'té souvent attribué à Voltaire. M. Borde était membre de l'académie de Lyon , de celle des Arcades de Rome , et de la société royale de Nancy. J'ai profité , pour la rédaction de cette notice, du Tribut de l'amitié , à la nié" moire de M. Borde , par M. l'abbé G*** ( Guillou ), de l'académie des Arcades de Rome. Lyon , 1785, in-8°. M. Guillon, qui a bien voulu aussi me communiquer quelques notes manuscrites sur son illustre ami , est aujourd'hui l'un des conservateurs de la Bibliothèque desQuatre-Nations.

L'abbé de Fel 1er , dans un court article sur M. Borde , a su éviter les méprises de M. Chaudon.

BORDELON (l'abbé). On est étonné de voir W Biographie universelle attribuer à cet auteur le Livre sans nom , que le Journal des Savans donue à Cotolendi.

C'est une digne suite de YArlequiniana de ce mauvais écrivain.

On lit dans le même article sous le n° XXVIII, Molière , comédien aux Champs-Elysées , nouvelle composée d'une comédie

il fallait dire , suivie d'une

comédie

+ BORDES (Charles) , Orléanais , prêtre de l'Oratoire , mort en 1706. On doit à ce savant' modeste la publication d'un grand ouvrage du P. Thoraassiu , intitulé : Traité historique et dogmatique des édits et des autres moyens' spirituels et temporels, dont on s'est servi dans tous les

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temps pour établir et pour maintenir l'unité de l'Eglise catholique. Paris, 1703, 2 vol. in-4°.

Presque toute la première partie de cet ouvrage avait paru dès j686, en 1 vol. in-8°, sous le titrede Traité de l'unité de l'Eglise.

Le P. Bordes , qui a mis en ordre le manuscrit du P. Thomassin , a cru qu'il manquerait quelque chose à son ouvrage s'il n'y ajoutai* pas un supplément, qui poussât cette histoire jusqu'au temps où il écrivait. Ce supplément forme un troisième volume qui parut avec les deux premiers. 11 est écrit avec beaucoup de soins ; les recherches en sont curieuses ; la troisième partie de ce supplément est une réponse à V Histoire de * VEdit de Nantes, parle ministre Benoît. Le ministre avait promis dans la République des lettres d'octob. 1705, de répondre à l'ouvrage du P. Thomassin et'au supplément du P. Bordes ; il n'a point tenu parole. Le P. Bordes fit paraître une réponse au mémoire de Benoît. Il» a encore publié en 1704, le Recueil des oraisons funèbres du P. Mascaron, avec une notice sur la vie de l'auteur. Il a aussi donné une vie du P. Thomassin en tête du Glossarium hebraicum de ce dernier.

* BORY (Gabriel de) entra fort jeune dans la marine , et fut nommé en 1761 gouverneur de Saint- Domingue. Ses premiers regards se portèrent sur les habitans , et il chercha à faire jouir chaque individu de la liberté que la nature lui donne, et que l'abus de l'autorité lui fait perdre. Ses demandes furent agréées; mais en même temps il fut rappelé. Il devint ensuite gouverneur des îles

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sous le vent. On a de cet honnête administrateur :

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