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publié, au commencement du i8*sièqle, un petit Dictionnaire latin ctTrançais. R. Aiusworth déclare lui-même , daus un avis aux amateurs d’une pure latinité, qu’il a suivi principalement
Îiour guides le T’hesaitrus de l. litienue , et celui de B. Faber.
j" ALAIN (Maître), de Lille, fut surnommé le üocieur universel , parce que son esprit et sa plume s’étaient exercés sur toutes les sciences en vogue de son temps.
Les opinions sont partagées sur le lieu de sa naissance et l’époque de sa mort. On ne sait même presque rien de positif de ses actions, ni des emplois qu’il a remplis.Les. uns le clisent .Allemand, en reconnaissant toutefois qu’il était né à Lille; les autres, Anglais, d’autres Ecossais; quelquesuns , Sicilien. Mais il faut s’en rapporter à ce qu’il dit lui-même dans son commentaire sur les propliélies de Merlin, qu’il était né à Lille en Flandres, il est vrai que l’abbé Lebeuf, qui attribue cet écrit à Alain d’.Àuxerre, en conclut que c’est lui qui a été surnommé De JJlle, et que maître Alain n’a porté le même surnom que parce qu’il était né ou à l’Ile- Adam sur l’Oise, ou a l’Ile dans le comtat Venaissin , ou plutôt à l’île de Médoc. Mais on ne trouve dans aucun auteur ancien qu’Alain d’.Auxerre ait été surnommé De Lille. A la vérité on lit dans son épitaphe non pas qu’il était ne a Lille , mais qu’il y avait été -élevé. .Au surplus , oii ne peut faire aucun fonds sur les épitaphes , à moins que leur ancienneté ne soit bien prouvée. Trithème et ceux qm l’ont suivi , placent la mort de maître Alain
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vers la fin du xin* siècle ; et celte opinion est conforme à la date qu^ se lisait à Citeaux sur son tombeau. Mais elle est contredite par des auteurs antérieurs à cette époque , qui s’accordent à fixer cet événement au commencement du même siècle. Tels sont, Olhon de Saint-Biaise, mort en 1209, qui parle de notre auteur sous l’année 119! ; Alberic de Trois-Fontaines , qui existait au même siècle, et fixe sa mort en 1202. On trouve la même date dans la grande Chronique belgique. .Alaiu est cité par Ebrard de Béthune, écrivain de ce même siècle , par Henri de Gand , mort en i2<)3.
Alain vivait donc et était mort avant tous ces auteurs , et par conséquent on ne peut prolonger sa vie jusqu’en i3oo; et puisque nous avons une autorité positive qui fixe sa mort en 1202 , il faut s'v arrêter. Henri de (iand est le
firemier qui ait dit qu’Alain eut a direction des écoles de l’église de Paris; mais il ne dit pas en quel temps. On ne trouve dans le xii‘ siècle aucun auteur qui fasse mention de lui en cette qualité, et lui-même quand il se nomme ne la prend jamais , ce qu’il n’aurait pas manqué de faire suivant l’usage du temps, s’il en eût été revêtu. .Tean de Sarisbéry fait le dénombrement des professeurs de cette université, qui deson temps, c’est-à-dire depuis 1 136 jusqu’en 1148, enseignaient à Paris, et il ne nomme pas une seule fois Alain. H est donc très -possible qu’Henri de Gaud ait confondu maître Alain avec Alain de Bécoles qui enseignait à Paris en 1229, ce qui est jilus voisin du temps où Henri écrivait. Parmi les fables qu’on a débitées sur le
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compte d’Alain, on raconte que la veille du iour où il s’ëtait engagé à expliquer en public le mystère de la Trinité , il aperçut un eiifantsur le bord de la Seine , <iui s’amusait à porter de l’eau dans un trou fait dans le sable.
« Que prétendez-vous faire, mon enfant , lui dit le docteur? — Je veux que toute la rivière entre dans c% trou. — Et quand croyez -vous que vous en serez venu à bout ? — Plutôt que vous n'ayez expliqué le mystère de la Trinité, comme vous aHBus J êtes engagé. >• Cette réflexion déconcerta le docteur, honteux de s’être trop avancé pour faire une vaine parade de sa science. II monta cependant en chaire ainsi qu’il l’avait promis; mais ce fut pour congédier son auditoire par cette gasconade : Suflicial vobis vidisse Alatntm. Il faut mettre dans la même catégorie son entrée à Citeaux , en qualité de frère convers, jiour y être employé a la garde des troupeaux, et le rôle merveilleux qu'on lui fait jouer au concile de Latran.
Tout cela est destitué de dates, de preuves et même de vraisemblance. Ce ne fut que deux siècles après sa mort qu'on ajouta aux trois premiers vers de son épilaphe, les quatre qui la terminent, et après qu’on eut imaginé la fable qui en faisait un frère lai. Il est représenté sur son tombeau, tenant un chapelet à la main , chose inconnue de son temps. 11 est étonnant qu’Alain , auteur de tant d’écrits qui durent lui donner, deson vivant, une si grande célébrité , fût si peu connu au XV* siècle, où toutes ces fables ont été inventées. Pour expliquer le silence de nos historiens à son
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sujet, on va le chercher en Angleterre. (lervais, moine de Çantorbéry, dans le xii* siècle, dit ne maître Alain, de chanoine e Bénévent , se fit moine de la cathédrale de Cantorbéry ; que le 6 août 1 i-q, cinq ans après son noviciat, il en fut nommé prieur à raison deson mérite, et qu’il était Anglais, ce qu’on explique en disant qu’il pouvait être né à Lille d’une famille anglaise, ou parce qu’il résidait en Angleterre. Raoul de Diceto s’exprime sur Alain de la même manière que le moine Gervais. Les mêmes historiens nous apprennent que dès l’année ii84, Alain justifia la haute idée que Ses confrères avaient conçue de son mérite , par la fermeté avec laquelle il soutint les droits deson chapitre contre les prétentions des évêques de la province, et contre le roi Ini-meme, à l’occasion de l’élection d’un archevêque de Cantorbérv. Mais le roi et le nouvel archevêque , redoutant son opposition au nouveau projet qu’ils avaient conçu pour enlever le droit d’çdeclion aux pioines de la cathédrale , se concertèrent pour le destituer et le transférer à Twksbury , dans le Glocestershire , dont il fut nommé abbé.
Dès ce moment il n’est plus fait mention de lui dans l’tùstoire.
Pour ne faire qu’un même personnage de maître .\laiii, et d’Alain, prieur de Cantorbéry, on s’autorise surtout du Commentaire sur les prophéties de Merlin. L’auteur de ce rominentaire, qui est incontestablement le docteur universel , se dit né à Lille en Flandres. On ajoute que les trois premiers livres de ce commeutairc supposent qu’il a été
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composé en Angleterre , puisqu’ils ne sont , à proprement iiarler , qu’une liisloire des rois d’Angleterre iusqn’à Henri II ; ne Tes manuscrits des œuvres ’Alaiti ne sont nulle part aussi multipliés qu’eu Angleterre, soit qu’il les eût composés eu Angleterre ou <lans quelijuc ville de deçà la mer, soumise à la domination anglaise; qu’ayant éprouvé des désagrémens dans son abbaye de Twksbury , il finit par s’en (fémettre pour repasser en France, et se retirer à (iiteaux; tiue sa dénomination de insulis l’aura fait confondre avec l’évêque d’Auxerre, ^de même nom que lui, Cf comme lui cistercien. Les œuvres de maître Alain ont été recueillies à Anvers , en j{)54 y par les soins de dora de Wiscli.
tette édition ne renferme pas tous ses ouvrages imprimés. En voici la notice : I. Enrj'cljuiedia, on Anli-CIahdianu.i, deojjficio viri boni et perfecti^ C’est un poème ou roman moral, divisé en neuf livres , appelé Encjciopedîa , parce que l'auteur y entre dans un grand détail sur les procédés des sciences et des arts ; et Anti- Clnudinnus , parce que c’est unp imitation, mais en sens inverse, du poème satyrique de Claudien contre Ruflin. Claudien , afin de rendre odieuse la mémoire du ministre de Tbéodose , suppose un complot des vice» pour bannir de l’empire le règne de la vertu , et il en prend le modèle daus Ruflin. Alain , au contraire , imagine un concert de toutes les vertus pour chasser les vices de la terre et faire cesser la dépravation des hommes. Ce plan , mélange bizarre de philosophie , d’érudition, d’imagiualion et des
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préjugés du temps, offre cependant une conception vaste. La versification en est facile et beaucoup meilleure que celle de la plupart des poètes du xn* siècle.
C’est de tous les ouvrages d’Alain celui qui lui donna le plus de célébrité parmi ses contemporains.
Il était même devenu classique au XIII* siècle , où il eut des coinmhiitateurs, tels que Raoul de Longehainpet Adam de Labassée, qui T’abrégea et renrichit de digressions morales. Ces deux commentaires n’ont jamais été imprimés. L’ouvrage le fut sans nom d’auteur, à Bâle, i536; Venise, i58?. ; Anvers, 1621 ; puis dans la collection de D. de Wisch. Le grand d’Aussy a donné, sur un manuscrit de la bibliothèque du roi, la notice d’une traduction libre de V Anli- Clnudianus en vers français, qu’il met beaucoup au-dessus de l’original. L’auteur en a retranché beaucoup d’endroits, surtout ceux qui ne contiennent que des détails scholasti([ue$. H y a ajouté des morceaux • de sa façon , et en a embelli , corrigé et resserré le plan., IL De ptanclu naluræ ad deum, ou Enchiridion de rebus)palurK. C’est un conte moral contre la dépravation du monde, mêlé devers cl de prose, faible imitation du Traité de la consolation philosophique de Boëce, dont il n’aj)— proche ni pour le fond ni pour le style. Cependant.Barlhiiis en fait un grand éloge. Allatttis en pré-
fiarait une édition avec des notes, orsque la mort l’interrompit dans son travail. III. Elncidatto super cnntica canticonirn , tout en l’honneur de la sainte V ierge,
Sour laquelle l’auteur trouve ans ce livre des allégories tant
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bien que mal amenées. IV. Dearle prœdicatorid. Cesont des esquisses de sermons sur presque tous les sujets de morale. Son objet était de réformer les défauts des prédicateurs de son temps ; mais il aurait dû-coinmencer lui-même par réformer ses propres sermons, dans lesquels il n’emploie ])resque jamais l’Ecriture sainte qu’en un sens allégorique. V. Deux proses rimées, l’unesur l’incarnation, l’autre sur la faiblesse de la nature humaine. VI. Doctrinale allum. Ce sont des pensées détachées sur difFérens textes de l’Ecriture , à l’usage des prédicateurs. VII. Doctrinale minus. Ce sont des paraboles qui renferment des maximes de morale et autres vérités , rendues d’uiie manière spirituelle, en vers'élégiaques , distribués eu distiques , quatrains, sixains , etc. Cet opuscule fut imprimé à Lyon en i49*> in-8“, 160 1 , avec le Commentaire de Mathieu Bonhomme , Leipsick, i5i6; traduit eu vers français, avec des coiniueutaires moraux. Paris, i536,in-i6. VIII.
Un Opuscule sur les six ailes des Chérubins , attribué à saint Bonaventure, imprimé parmi les œuvres du docteur Séraphique, mais moins complet que dans celles d’Alain. IX. hiberpcenitcntialis , dédié, dans plusieurs manuscrits, par maître .\lain à Henri deSully, archevêque de Bourges, qui occupa ce siège depuis 1184 juSq^uen 1200. A. Dejtde calholicd.
C’est un excellent traité de controverse en quatre volumes contre les albigeois , les vaudois , les juifs et les inahométans. On n’en trouve que les denx premiers livres dans les œuvres d’Alain. Ce ue fut que deux ans après avoir
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donné son édition , que D. de Wisch reçut les deux derniers de la biblioliièqiie de Citeaux , et qu’il les publia on forme d’appendice dans la seconde édition de son Bibliotheca Cisterciensis.
L’ouvrage est dédié , Amantissimo { al. reverendissimo) domino suo Tf'illelnw, Dei gralid Monli.spessulani pnincipi. L’auteur n’y prend d’autre qualité que celle de magister AÛanus Et il déclare que le motif de sa dédicace, c’est que ce prince de Montpellier était le seul des souverains d’alors qui fût éminemment revêtu des armes de la foi chrétienne , et qui, au milieu des tempêtes qui agitaient l’Eglise , n’eùt jamais abandonné la barque de saint Pierre. Le nom de (iuillaumefutcomnie héréditaire dans la maison de Montpellier jusqu’à la fin du xii' siècle. Parmi ces jirinces, Guillaume VI, Guillaume VII et Guillaume VIII , furent toujours dévoués au saintsiège, et ne furent jamais suspects dans leur croyance. Mais comme cet ouvrage ne fut composé qu'Uprès le concile de Latran,eii 1 17g, ou Alain avait été chargé parle pape d’écrire contre les héréti(|ues qui y avaient été condamnes, il est vraisemblable que c’est à GuillaumeVlII, mort en 1202, qu’il le dédia.
Alain s’était lié particulièrement dans ce concile aœc Erniengaud, abbé de Saint-GiHes, auquel il a a’ussi dédié un de scs ouvrages manuscrits. Or, cet Erniengaud gouverna le monastère de Saint- Gilles jusqu’à environ 1 ig5. Voilà comment Alain atira fait connaiss|tnce avec ce prince si zélé contre une hérésie qui faisait alors les plus grands ravages, sans êt^
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obligé, comme l’abbé Lebeuf, de le faire naître ou à l’Ile dans le conitat Yenaissin , ou à l’ile-.lnnrdaiii , près de Toulouse, ou à l’ile- Médoc, dans le bordelais, pour réser^r à Alain d’Auxerre le pririlcge exclusif d’être né à Lille en Flandres. XI. De arte, seit arliculis fulei catholicœ , mis au jour par doin lîeriiarfl Pcz. Cet ouvrage , divisé en cinq livres , et oii Vauleur suit la méthode des gèouiètres , est dédié à un pape du nom deClément , ce qui parait devoir s’entendre de Clément III , qui occupa le saint-siège depuis 11H7 jusqu’en 119»- XII. Alani ntagni de insulis docloris universalis explanationum in prophetiam Merlini Ambrosii Brilanni libri septem. Ce commentaire fut publié à l’occasion des événemens extraordinaires qui se passaient alors en Angleterre, et dans lesquels on croyait reconnaître l’accomplissement des prophéties de Merlin. L’auteur y fait preuve d’une grande sagacité , d’une connaissance fort elendue de l’hisloire et même des sciences physiques et naturelles. Casimir Oudin et l’abbé Lebeuf l’attribuent à Alain d’Auxerre, parce qiie l’auteur dit qu’il était né à Lille en Flandres. Mais ils ne font pas attention que cet auteur ait que dans son enfance le comte Thierri d’Alsace prit possession du comté de Flandres, • qui eut lieu en 1128, et ne peut s’accorder avec les époques connues de la vie d'Alain d’Auxerre, et s’accorde très-bien- avec celles de la vie de maître Alain : ajoutez que le même auteur dit que TIenrr II régnait en Angleterre à l’époque il écrivait son ouvrage ; qu’il ^omme par leurs noms et dans
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l’ordre de leur naissance les enfans de ce prince, Henri, Godefroy el.lean. Or, ce dernier, selon la chruui(|ue de Robert de Monlmouth , naquit en 1 167. Il faut donc qu’.\lain ait écrit postérieurement à cette année et avant la mort d’Henri II, arrivée en ii8g, et même avant celle d’Henri , son fils aîné, en ii83, puisqu’il ne parle pas de la guerre que les enfans firent à leur jière cette auncc là , quoique son texte lui en fournisse l’occasion. Il fa ut conclure de ces circonstances et de quelques autres, que l’ouvrage fut coinposé'dans l’intervalle de 1174 à 1179. Lebeuf prétend que l’auteur dit qu’il était alors moine de Citeaux, ce qui déciderait la question en faveur d’Alain d’Auxerre , qui à cette époipie s’était démis de son évêché , et résidait à Flairvaux. Mais observez que l’auteur parle bien de son ordre , sans désigner toutefois quel était cet ordre. Or, puisqu a cette même époque on trouve un maître Alain moine de Cantorbéry , de l’ordre de Saint-benoît, qui se trouvait établi dans le pays oii se jiassaient les événemens qui donnèrent lieu à l’ouvrage, pourquoi aller chercher un évêque qui avait vieilli non dans la carrière des sciences, mais dans l’exercice de son mi-* nistère?Cene fut que long-temps après que maître Alain se retira à Citeaux. Xlll. f^ie de saint 'J'homas de Cpntorbérjr , dont on a publié des extraits dans le Qita-t drilogue que le P. Lupus a placé à la tête des lettres du saint archevêque. Cette Yie est d’Alain , moine de Cantorbéby, h qui Casimir Oudin attribue d’avoir recueilli et mis en ordre les lettres du saint prélat. XIV. Dicta Alani
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de lapide philosophico , germa-" nico idiomaiey latine reddila per Juslum à lialbian Aloslunnm. Cet ouvrage , inséré dans le Theatrum ehimicnm, paraît être d’un autre Alain , comme on peut le conjecturer de ce qu’il avait été composé en allemand. Il existe encore beaucoup d’écrits du docteur universel, mais qui n'ont pas vu le jour , et qui vraisenlblableluent ne le verront jamais. La partie brillante de ses écrits, sont ses. poésies. Il ne manquait pas de génie. On voit qu’il s’était appliqué à former son style sur Martianiis Capella , chez lequel il a puisé les notions qu’il étale dans son Encyclopédie. S?s commentaires sur l’Ecriture sainte et ses sermons ne présentent guère que des allusions et des interprétations allégoriques. Ses' traités de controverse sont solides ; mais ils ont tous les .défauts de la scholastique sèche et pointilleuse qui régnait de son temps. ( Article communiqué par M. Tabaraud, qui l’a extrait en géande partie d’un Mémoire lu à l'Institut par M. Brial , ancien bénédictin. )
ALARY (.Teav). L’abbé Goujet et la Biographie universelle , ne fournissent sur cetauteiir queues renseignemens vagues; l’article que je vais donner est extrait de la notice détaillée sur ce poète, que je trouve dans Y Histoire, encore manuscrite , des Poètes français , composée par Guillaume Collelet, mort en i65q.
Ce manuscrit jouit d’une assez gr.ande réputation. Iloiitété fort utile à l’abbé Goujet pour la composition de sa Bibliothèque française; mais ce savant ne mit m ôbtenircoramunication. Vov.
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la préface de son vol., pag. vi, ou le t. i4'.
Jeav ALARY naquit à Toulouse ; sou père était président au présidTal de cette ville. Comme il avait laissé à son, fils, en mourant, quelques affaires épineii^s , celuici fut obligé de venir à Paris pour les poursuivre au conseil du roi.
Dans la vue de rendre utile et fructueux un séjour ^iii devait le consumer en frais , ce jeune homme, qiiis’était distinguédaiis ses cours d’humanités et de philosophie, et qui s’était déjà fait recevoir avocat tant au parlement de Paris qu’en celui de Toulouse , fit afficher dans Paris un long discours ayant pour titre : Abrégé, des longues études , ou Pierre phi~ losophale des sciences. Ce discours, qui fit beaucoup de bruit parmi les curieux, dit Colletet , était adresse aux princes, aux ecclésiastiques, aux ambassadeurs, à la noblesse, aux magistrats, aux financiers , aux régnicoles , aux etrangers , aux dames même , enfin à tous ceux qui, n’av.int point fréquenté les écoles, désiraient en peu de temjis paraître avec honneur dans la chaire, au barreau et dans tous les autres emplois relevés. L’auteur promettait de communiquer sa science par de ifertaines règles nouvelle.s, exactes, infaillibles, et aussi aisées à comprendre qu’à pratiquer.
Plusieurs curieux vinrent le consulter sur ses nouvelles vues.
Qiielquês-uns en furent satisfaits, mais d’autres non. Pendant quelques mois, il eutdes disciples qu’il instruisit par le moyen de ses.
règles. Il se vantait d’en réservèV quelques-unes pour le Service du roi, déclarant qa^il n’eu commu*
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niquerait pas le secret pendant sa vie , pour ne point rendre de son vivant sa science trop commune , et ne point préjudicier à la fondation qu’il désirait en faire poulie public. Un écrivain de la ville de Paris , en introduisant un liominâjldo qualité dans la maison d’.^lary, lui enleva treize de ses règles. Alary présenta au roi, en i6?.o, une requête fort vive pour obtenir justice et réparation de ce vol. C’est un tableau naïf du caractère et de la vie de l’auteur. vSes plaintes firent tant d’impression sur l’esprit de quelques personnes, que deux prélats offrirent , l’iiri de lui fournir par an la somme de 800 1., et de faire réparer un vieux édifice, d’une abbaye pour y loger les pauvres écoliers auxquels il voudrait ap-
firendre sa science; et l’autre, de ni délivrer tous les ans 12,000 1.
pour racconip'issenient de ses grands projets. I.e judicieux Collelet n'a point été dupe de tontes ces annonces. Le style du sieur Alary lui paraissait ressembler à ces corps malades qui veulent faire passer leur enflure pour embonpoint, et à ces faux politiques qui croient que leurs raisonnemeus chimériques sont autant de sôlides maximes éTEtat. 11 le trouvait souvent plus embarrassé que fleuri, et plus obscur qtie lumineux. Cependant il y avait des endroits capables de contenter un bon esprit. Outre les deux ouvrages cites par la Biographie tiniverscllr, Alary a encore publié la T'^eriu iriomphanle Je Infortune.
Paris, if)22. L’auteur . y offrait ses services h la reine-mère; mais ses envieux et ses ennemis lui rendirent de si mauvais ollices , que l’on se contenta de louer sam es-
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Îirit et de plaindre sa mauvaise brtune. Lesouvragesd’Alarysont rares, parce qu’il les faisait imprimer à ses frais, et les débitait lui-meine. 11 est à croire cpie beaucoup d’exemplaivessont restés entre ses mains. On ignore l’époque de sa mort. Alary portail au milieu de la cour même une longue cl épaisse barbe , un chapeau d’une forme haute et carrée , qui n’étail pas celle du temps , et un long manteau double de longue
iieliiche, qui lui descendait plus >as que les talons, et qu’il portait même souvent pendant les plus grandes chaleurs de l’été, ce qui le distinguait des autres hommes, t*t le fai.sait connaître du peuple qui l’appelait hautement philosophe crotté, de quoi, dit Colletet, sa modestie ne s’offensait jamais.
ALBERG.ATI(FAmo). L’article de cet écrivain italien , mort en i6o5 , est aussi sec et aussi fautif dans M. Chaudon que dans la Biographie universelL’. Fabio Albergati a autant écrit sur la politique <]ue sur la morale : il est faux que l’imprimeur Zanetti ait jiublie le recueil de ses ouvrages en G vnl. in-fol. On lui doit seiilq|uent le traité Del modo di ri~ durre a pace Vinimîcitie priva te , 157.3, iii-fol. , et peut-être quelques autres traités. La collection oes ouvrages de Fabio Albergijti ne parut qu’eu 1G64, à Rome , 7 vol. iii-4“. Mazuchelli donne une notice détaillée sur cet auteur.
L’abrégé qu’on en trouve dans Adeliing est exact.
L’abbé de Feller n’a pas reproduit cet article insignifiant.
ALBËRIC VEER, .Anglais, cha-
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noine régulier de Saint-Augustin, a composé, suivant Moréri , un Traité de l’eucharistie , une Tie de St. Orithe, etc. M. du Masr baret fait observer qu’Orithe est le nom d‘une sainte. En effet , sainte Orithe est une martyre anlaise qui fut décapitée par les.
arbares vers l’an 870. Voy. les Ties des Pères, etc. , traduites de l’anglais par l’abbé Godescard.
■" ALBERT ( Louis-Charles d’) , duc de Luynes, pair^et grand fauconnier de France , naquit le jour de Noël 1620, fut reçu chevalier des ordres du roi le dernier déc. 1661 , et mourut en i6go. Il a été marié trois fois, et eut un grand nombre d’enfans. Ce seigneur se livra avec une grande ardeur à la lecture des Livres saints et à celle des saints-pères.
Les ouvrage's et les traductions qu’il a publiés, presque toujours sous le nom du sieur de Laval , lui ont acquis une juste célébrité.
Les principales de ses productions sont :
I. Méditations métaphysiques de Réné Descartes , traduites du latin de l’auteur. Paris , J. Cainusat, 1647 , in-4°.
II. Sentences tirées de l’Écriture sainte et des pères, appropriées aux fêtes des saints. Paris , i648,in-i2; i7o3,in-i2.