‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 154 sur 314 · DEN · texte numérisé non relu

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dan (a) me paraît avoir eu tort d’insinuer que cet ouvrage n’était

fas authentique , en disant qu’on avait donné sous le nom de J.-B. le Denis. Il fautd’ailleurs lire Denis. Dreux du Radier a consigiié dans la Table, du Journal de Verdun, une autreerreur, en présentant le Denis ou plutôt Denis, comme ancien secrétaire de Bossuet: il fallait dire, deM. deBissv.

C’est dans l’ouvrage de J. -H.

Denis que se trouve la fameuse anecdote relative au prétendu mariage de Bossuet avec mademoiselle *** (Desvieux de Maiiléon), racontée depuis par Voltaire’avec de nouveaux détails, d’après la famille Secousse. H y a des invraisemblances dans l’un et l’autre récit ; mais l’on peut conclure 4I11 fonds de l’anecdote, cyj’il a existé une liaison assez intime entre Bossuet et mademoiselle Desvieux, dès' le temps où Bossuet n’était que chanoine de Metz.

Rnrigny avoue, dans la vie de l’hlustre évêque, que cette liaison dura jusqu’à sa mort. Il est très-possible que Bossuet ait acheté une maison pour la donner, à mademoiselle Desvieux, et qu’à sa mort ses héritiers ayent été obligés d’acquitter le prix de cette maison. Voilà à quoi se réduit principalement l’anecdote ra-' contée par J.-B. Denis , et vqilà ce que Voltaire a dénaturé , en disant que la famille de Bossuet , après sa mort, régla les reprises et tes conventions matrimoniales.

C’est l’abbé Guyon qui , dans V Oracle des nouveaux philo.toplies, 1(769, in-i2, a réfuté avec le plus de véhémence l’anecdote

(a) V. le Supplément ilt la Clef du Cabinet. Verdun, 1713, t. a, p. 55s.

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relative au prétendu mariage de Bossuet ; mais il était si peu érudit qu’il a eu le malheur de défier M. de Voltaire de citer, non pas plusieurs livres , mais un seul oh il soit dit queM. de Meaux a vécu marié. Quoique le volume de J, -B. Denis ne soit pas commun, il n’est pas cependant assez rare pour que M. l’abbé Guyon u’aitpu en entendre parler.

DENYS LE Chartreux. Son traité De quatuor nooissimis a eu une grande vogue ; la Biographie universelle, cite les traductions espagnole et italienne qui en ont paru : pourquoi a-t— elle passé sous silence celle qui existe en français sous ce titre : Des quatre fins de fihomme , par Denys le Chartreux , nouvelle, avec un abrégé de sa Vie , Paris , i685 , in-ia? .Tacques Boileau a publié ton traité De vitd et moribus canonicorum. Colonise Agrippinæ, 1670, in-12. Nous en avons une traduction française, sous ce titre : De la vie et des mœurs des chanoines , traduit du latin, par l’abbé Méry. Paris, 1761 , in-12.

^DENYSE (Louis-Traxqcille), professeur de grammaire, et sousprincipal des Artiens, au collège de Navarre à Paris , mourut au mois d’octobre 174 3. On a de lui :

I. Cent fables choisies des anciens auteurs mises en vers latins , par Gabriel Faërne, de Crémone, traduites en français. Paris, veuve Thiboust, 1699, petit in-12.

II. Les Fables de Phèdre en vers français , avec le latin à côté et des notes. Paris, 1708, in-12.

Il ne faut pas confondre ce tra-

^ , ducteur avec Jean DËNYSE,pro-

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fessenr de philosophie au collège de Moutaigu , qui a publié ?

I®. Lo vérité de la religion chrétienne démontrée par ordre géométrique. Paris < I7i7,in-ia.

L’auteur avait ôoraposé un cours de phnosophie suivant cette méthode , et ce traité est une portion de ce grand ouvrage.

2®. in nature expliquée par le raisonnement et par rexjtérience.

Paris, 1719,10-12. C’est une seconde pièce détachée du cours de philo.sophie de l’auteur.

En 1763, le pasteur de Neufchâtel, Petit-Pierre, creyant que J. -J. Rousseau avait quelque satisfaction ë faire au christianisme, engagea ce philosophe à lire l’ouvrage de M. Denyse. J. -J. lui ré-

[ tondit qu’il n’avait point offensé e christianisme, et qu’H n’avait que faire du livre de Af- Denyse.

la Correspondance de Jf.-J.

Rousseau.

♦ DESBANS ( Louis ), avocat à Paris, au commencement du XVIII® siècle , eut la réputation d’un homme instruit , mais ne sut point se procurer les avantages de la fortune. Le chancelier Voisin travailla à lui obtenir une pension , que lui fit enfin avoir le garde - des - sceaux d’.Argensoii.

Cette pension n’ayant pas été fort exactement payée, Desbansserait mortà'l’IIôtel-Dieu , si quelques amis n’eussent pas eu soin de lui.

Ce jurisconsulte publia en 1702, sous les initiales L. D. B. , un volume intitulé : V Art de connaître les hommes. Ce n’était qu’un abré?'

Îé du livre de M. Esprit sur la 'autseté des vertus humaines. Pa- Vis,i678, 2 vol. in-12. Desbans n’avait pas indiqué la source oh il avait puisé. Il pouvait donc passer

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pour plagiaire. Son abrégé fit sensation. Les libraires de Hollande croyant que les initiales indiquaientl’abbédeBellegarde, dont les ouvrages avaient alors de la vogue, réimprimèrent en 1708 , V An de connaître les hommes , sous le nom de cet abbé. Cette édition réussit encore mieux que celle de Paris. On écrivit de la capitale à l’auteur de la Républicfue des lettres, pour dévoiler l’espece de plagiat dont le sieur Desbans s’était rendu coupable, et pour montrer que l’abbé de Bellegarde était tout-à-fait étranger k l’ouvrage. Les libraires de Hollande n’en continuèren t pas moins k le réimprimer sous le nom de cet abbé.

Une si honteuse révélation ne corrigea point le plagiaire Dcsbans ; il commit un nouveau larcin en l'ji 5, par la publication du volume intitulé : les Principes

naturels du droit et de la politique, in-12; il eut cette fois la hardiesse de mettre son nom au bas d’une é^ître dédicatoire au ■ chancelier \ oisin, et d’annoncer, k la fin de l’ouvrage, qu’il recevrait chez lui tous ceux qui auraient des dillicultés k lui proposer. Qu’eût répondu cet effronté •plagiaire k l’amateur de livres qui lui eût présenté les Essais de morale et de politique , où il est traité des devoirs de l'homme con- / sidéré comme particulier et comme vivant en société , de l’origine des sociétés civiles , de l’autorité des princes et du devoir des sujets ; divisés en deux parties. Lyon , Thoqias Amaulry, 1687,10-12.

Desbans a cop/éla seconde partie de ce volume. Son plagiat sera . détaillé, pour la première fois ,

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dans la seconde édition de mon * Dictionnaire des anonymes.

M. d’Argenson regardait comme un chef-d’œuvre le nouvel ouvrage de Desbans; cependant il nese débitait pas. L’auteur , dans son chagrin contre le public, dévoua aux flammes la plus grande partie des exemplaires , ce qui a rendu le volume fort rare. Au milieu du dernier siècle, Dreux du Radier eut connaissance d’une copie manuscrite de cet ouvrage; il le trouva si nettement et si sensément écrit , qu’il résolut de Je livrer k l’impression, ce qu’il exécuta en 1765 , 2 parties in-12.

Cette nouvelle édition des Principes naturels du droit et de la politique est précédée d’un Discours de l’éditeur, contenant une idée historique de la pratique du droit public et de la politique , dans les dijjërens siècles de la monarchie, I

et une notice des principaux ouvrages sur cette matière. Ce inor- î

ceau de 56 pages est fort curieux. )

Cependant la nouvelle édition de l’ouvrage de Desbans eut encore peu de succès ; mais doit-on s’en étonner , lorsqu’on se représente la réputation dont jouissaient alors L’Esprit des lois et le Contrat social? Les principes de l’anonyme de 1687 , et ceux de Desbans sont en opposition avec ceux de Montesquieu et de J. -J. Rousseau.

( Voyez le Catalogue des ouvrages imprimés ou manuscrits deM.

Dreux du Radier. Rouen, 1776 , in-12, de 5i pag. , très-ratx. )

DESCARTES (René). Après avoir lu avec admiration, dans .'

différens Dictionnaires histori- j

ques , les découvertes de Descar- ]

tes et les principaux traits de sa

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