‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 222 sur 314 · FUR • FUR · texte numérisé non relu

FUR • FUR

M. Basnage, de Beauval en don- blics , on n’a pas cessé de la leur na unenouvelleéditioii, en 1701, attribuer. Il en parut aussi une en 3 vol. in-fol. , revue , corrigée autre édition à Trévoux, en 1721, et augmentée. Il avait associé à avec de très'- grandes augmentason travail M. Huet le père, mi- tiens, car celle-ci est en 5 vol. nistre réfugié à La Haye; M. Rc- in-fol. Le P. Souciel, jésuite , y gis ,. médecin ; M. Brutel de la eut la principale part , et je le Rivière, et quelques autres per- sais par moi-même; cependant sonnes versées dans les lettres, les les jésuites la désavouèrent ensciences et les arts. Cependant , core. Cette édition fut réimpridès la même année, on annonça m^ par les mêmes libraires, en une nouvelle édition qui devait 1732, sajis aucun changement, se faire à Trévoux , par plusieurs si ce n’est qu’on retrancha les savans de Paris , et l’on promet- phrases du Dictionnaire latin qui’ tait grand nombre de corrections termine l’ouvrage; elle fut enet d’augmentations. c'ore copiée à Nancy, en 1733 , et

L’édition parut à Trévoux, en encore en i74<>- Ganeau et les 1704, en3 V. in-fol., bien supérieu- autres libraires de Parfs , associes re à celle de Basnage , néanmoins au privilège, en donnèrent une sur le même plan. II arriva ici une nouvelle à Paris, en 1742, en chose bien frappante : les éditeurs 6 vol. in-fol. Bien des personnes supprimèrent, non-seulement le fournirent des Mémoires. M. Resnom de Basnage , mais ce qui taut en eut la direction. Les mêest bien plus odieux , celui de mes libraires en donnèrent une Furetlère; et ce ejui^est le com- nouvelle en 1752, en 7 vol. iri-fol., ble de l’indignité , après avoir sous la direction de M. Berthelin, osé annoncer au public , que leur qui a trouvé de grands secours Dictionnaire était un ouvrage dans les Mémoires abondans du nouveau, fonné sur un plan neuf, feu P. Souciet , de M. du Masbadont on faisait honneur à M. le ret, curé de St. -Michel de la ville duc du Maine, on ne rougit pas de St.-Léonard, de feu M. Valde décrier le Dictionnaire de Fu- druche , et de feu M. l’abbé Leretière. « Il passe pour constant , clerc. Il parut, en 1762, à Avi- » disent les Trévolisles , que tout gnon , un Abrégé de cette édi- » ce qu’il jr a de bon dans Fure- tion , en 2 vol. in-4°, et un mell- » tière , a été pris dans le Diction- leur , à Paris , l’année suivante , » naire de l’académie. I>a partie 3 vol. in-4", par M. Berthelin , » dont Furetière se faisait hon- où sont généralement tous les ter- » neur , était celle des arts et des mes du Dictionnaire'. On prépara, 0 sciences , et c’était précisément depuis 1761, une-nouvelle édi- » celle qui valait le moins. » L’a-, tion, dont M. du Masbaret a vauie n’en demeura pas là ; elle fourni la plus grande partie des a été répétée à toutes tes éditions, matériaux, en 3 vol. in-4°,d’cnau nomnre de sept, qui ont suivi viron mille pages chacun , où il celle-ci. Le public donna cette marque les retranchemens , les édition aux jésuites de Paris, et, corrections et les additions qu’il quoiqu’ils l’aient désavouée coup y ® faites , et la disposition qu’il sur coup , par des désaveux pu- faut y introduire ; sans doute

Digilized by VjOOgle

qu’il y aura bien d’antres Mémoires. Ce nictionnaire est le

f'ius riche trésorde notre langue;

1 ne lui faut qn’uné main intelligente , qui ait la liberté de faire les retranchemens convenables , et de mieux ordonner la plupart des articles ; il a été confié à la direction de M. l’abbé Brillant ; son édition a paru , en 1771 , en 8 vol. in-fol. •

Sans tenir en aucune façon à Furetière, j’ai touiours plaint son sort. L’académie le maltraita à l’excès, à propos de rien , et par pure jalousie; mais l’ingratitude des Trévojistes me choque encore davantage, et comme si le pubüc y avait donné les mains , y avait applaudi, dès 1704 , date de la première édition du Furetière, faite à Trévoux, ce Dictionnaire a cessé d’être nommé le Dictionnaire de Fureiièr.c ; depuis celte époque, il ne fut appe é que le Dictionnaire de Drévoiix , le Trévoux meme tout court , dénomination plus en vogue que jamais, et qui ne périra pas. La destinée de Moréri a été plus favorable , tant la réputation a ses caprices !

Son Dictionnaire historique, d’un vol. d’abord , puis de deux, est parvenu jusqu’à dix bien fournis, et ira encore bien plus loin ; par combien de mains n’a-t-il pas passé ? combien d’éditeurs n’a-t-il pas eus? combien n’en aura-t-il pas dans la suite des temps? Ce que Moréri a fait, est noyé; à peine en reste-t-il quelque trace ; n’importe, c’est toujours le Dictionnaire de Moréri , le Moréri même, simpliciter et sine addito.

On imprima en 1696 Fureteriana , ou les bons mots et les remarques d’histoire , de morale, de critique y de plaisanterie et efcrit-

dition de M. Furetière, C’est un vol. irf-i 2, dont j’ignore l’auteur.

N. B. On sait aujourd’hui, que Guy-Marai.s a été l’éditeur de ce volume.

M. du Masbaret et la Biographie universelle ne parlent pas d’un volume qui a pour titre;

Essais de lettres familières sur toute sorte de sujets , avec un discours sur l’art épistolaire , et quelques remarques nouvelles sur la langue française -, ouvrage posthume de M. l’abbé *** (Cassane, mise en ordre par l’abbé e Furetière) de l’académie française. Paris, Jacques Lefebvre, 1690, in-i2.

Ce volume a été généralement attribué à. Furetière, probablement parce qu’il renferme plusieurs lettres contenant l’initiale de son nom ; mais l’excellent philologue, Mt L. T. Hérissant, en l’exainiuant attentivement, s’est convaincu que l'abbé Cassagne était le véritable .auteur de l’ouvrage ; en effet, l'abbé Cassagne se décèle lui-mênîe . p. 25, dans une lettre ou il parle de son Traité de morale sur la valeur, et de son Poème sur la pacification générale. .T’ajouterai à cela (jue le soin pris par Furetière de mettre l’initiale de .son nom à plusieurs lettres et à l’élégie qui termine ce volume, indique suffisamment qu’il n’en est que l’éditeur. Je dirai encore que les lettres inar* quées de la lettre F , valent mieux • que les autres , et enfin que La Monnaye, dans son édition du Ménagiana, t. 2, p. 2.34, renvoie à une lettre de Furetière , dans le recueil de celles qii’on a imprimées sous son nom. La Monnaye ne parait pas convaincu que ces lettres

GAG

noient réellement de .Furelière.

Lès remarques sur la langue ' française , ajoutées aux lettres , sont ert gépéral pleines de justesse; et il est étonnant que l’abbé Goujet ne les ait pas citées dans sa Biblioiheque française.

On trouve dans ce volume trois lettres très-ingénieuses de madeinoiselleDescartes. Elles n’ont pas été'connues des geiisde leltresqui ont publié, chez le libraire Léopold Collin, le Recueil des lettres des femmes françaises.

L’abbé Cassagne était mort dès 167^ ; Furetière mourut en 1688 :

le 'livre est donc posthume sous tous les rapports; aussi u’e$l-il précédé d’aucune préface.

L’auteur fles Essais de lettres dit à la p. 3o, (jue quandon écrit au roi, c’est uneincivilité demeure serviteur, à moins qu’on ne soit chancelieroumarécbal de France.

Gela prouve évidemment que le livre n’est pas de Furetière, puisque ce t académicien termina deux epîtres dédicatoires au Roi, i” en 1672, en tète de sa Paraphrase en vers des paraboles de l’Evangile ; 2° en i684 I À la tète de son Essai

■ gag 363

d’un Dictionnaire universel , par oes mots : de Votre Majesté, le très-humble, très - obéissant et très-fidèle serviteur et sujet.

M du Masbaret a publié, sons le voile de l’anonyme, une îjetire a M. le Hédneteur de In nouvelle édition du Dictionnaire , dit de 'Frévoux. .Amsterdam et Paris, Glousier, 1777 , in-8®de 36 pages.

Cette lettre, très-curieuse et trèsrare aujourd’hui , contient le précis des trois volumes iu-4" de remarques qu’il avait envoyés à Paris, pour l’araélioratiob de ce fameux. Dictionnaire.

.T’ignore ce que sont devenus ces trois volumes de remarques.

FURG.AÜI.T (Nicolas), savant profe,ssciir de l’université de Paris. T..e rédacteur de V Annuaire à\x département de la Haute-Marne (I>angres) pour 1811 , le fait naître le 20 octobre 1705, et mourir le 23 décembre 1794- Oi* trouve dans la Biographie universelle, d’autres époques de la naissance et de la mort de ce savant. Celles de V Annuaire me paraissent les plus sûfes.

GAGNIER (Jean) , célèbre orientaliste. La première page de l’article de ce savant, dans la Biographie universelle , renferme plusieurs inexactitudes. Les détails que je vais donner, sont tirés de l’ouvrage que Gagnier publia 4 La Haye , en 1706.

Jean Gagnier naquit à Paris , d’un père qui mourut à la suite d’un ambassadeur en Danqinarck. Sa mère, qui n’avait alors que vingt-quatre ans , prit la résolution de se faire religieuse dans

le monastère royal des Filles de Ste. -Elisabeth ; ses trois enfans, en bas ège , assistèrent à sa profession. Cet exemple fit sur eux une vive impression , et contribua sans doute à les faire entrer tous trois , par la suite , dans des congrégations religieuses ; savoir:

deux chez les Géuovéfains , et le troisième chez les Prémontrés, L’aîné mourut deux ans après son entrée chez les Génovéfains. Jean Gagnier. dans le cours de’ses études , tourna toute son appli-

364 gag

cation à la recherche des racines des langues saintes. Son supérieirr se mit dans la tête, qu’avec celte disposition, il serait propre à déchiffrer de vieux titres , des anciennes huiles des papes, écrites en lettres gothiques , et il lui en donna la commission. Il fallut accepter cet emploi, en vertu de la sainte obéissance. Le même su-

fiérieur lui permit la lecture des ivres défendus dont il possédait une ample provision. Une altercation étant survenue entre Ganier et ce supérieur , celui-ci énonça J. Gagnier à l’évêque de Beziers , sur le penchant qu’il avait à lire des ouvrages protestons , enlr’autres , VJnsiiiulion do Calvin. Gagnier était alors curé d’une paroisse du diocèse de Beziers. Le prélat l’honorait de sa bienveillance ; il le fit venir chez lui , pour s’informer de la vérité :

Gagnier témoigna son étonnement d’être dénoncé par un homme qui lisait non-seulement les ouvrages des Calvinistes, mais aussi ceux des Sociniens. Quelque temps après , Gagnier revint à Paris; ou l'envoya de-lâ, pour gouverner la maison de S. -(irespin de Soissons ; ensuite il alla * successivement à Epernay et ;i Landève, diocèse de Reims. Ce fut dans ce dernier séjour qu’il s’appliqua fortement à l’étude des ouvrages qui contenaient les principales controverses des deux partis. De Landève on le fit aller à Provins, ou était'la belle bibliothèque duprésidentd’Aligre ; bientôt il se détermina à renoncer à sa patrie , pour suivre les moùvemens de sa conscience. L'n jour donc cju’il était parti pour aller à Reims , il se rendit à I.iége ,*et de-là .à Alàestricht , suivant la route de Hollande ; il profita

GAG

d’un convoi quipartaitpourl’An- ’ gleterre , et arriva à Londres le jourmêmequ’ony célébrait l’anniversaire de la nais^ncé du roi Guillaume ; il y fut très-bien accueilli le docteur Allix le présenta à l’évêque deWorcester, alors grand aumônier d’Angleterre. Cet illustre prélat admit Gagnier dans sa famille , et au nombre des commensaux de' sa' maison; il le fit recevoir ministre, par lettres-patentes, raaître-èsarts en la célèbre université de Cambridge, avec la nomination pour remplir une chaire de professeur ès-langues orientales dans l’université d’Oxford. Une des premières occupations de J. Gagnier , à Londres , fifct la composition d’un ouvrage , pour rendre compte des motifs qui lui avaient fait abandonner la religion romaine, ('et ouvrage a été imprimé et publié à La Haye , sous ce titre : L’Eglise romaine convaincue de dépravation , d’ido- .

Idtrie et d’ anti-christianisme , en forme de lettre , par J. Gagnier , ci-devant prêtre, chanoirte régulier de l’abbaye royale de Sainle- Geneviève-du-Mont , de Paris , à présent de l’Eglise anglicane , et maîlre-ès-arts en l’université de Cambridge , au sieur Germain Gagnier son frère, aussi chanoine régulier de Saint-Yvet de Braineles-Soissons , de l’ordre dit dePrémontré. La Haye, chez JeanKitto, 1706, in- 12 de z56 pag. Gagnier se maria à Londres.

Les Instructions pour les Nicodémiles , Amsterdam , 1700^ pet.

in-i2, que lui donne la Biographie universelle , sont de Jean (iraverol , ministre protestant.

La véritable date de cet ouvrage est de 1687 ; .y nouveau

frontispice en 1700.

Diq!-'

gal

GALEN (Christophe- Bernard Van) , prince-Hvèque de Muiisler.

rt Sa vie, dit la Biographie universelle , écrite par un anonyme , a été traduite et revue par le Lorrain, plus connu sous le nom d’abbé de '\ alleniont , Rouen, 167g, in-iG. » Il n’y a pas assez d’exactitude dans ces expressions.

La Vie de Van Galen , traduite en frangaij, par M. G. . . , parut à Leide et à Cologne, en 167g.

La même année , le Lorrain en donna , à Rouen , une édition revue et corrigée. Ou do/t une histoire du même évêuue , en latin, à Jean d’Alpen , chanoine de Cologne et de Munster, Goesfeldt , , 3 vol. in^i2. Elle est

plus exacte que la précédente ; mais le nouveau biographe jpasse sous silence des actions qu’on ne peut justifier que par le malheureux droit de fa guerre.

GALIANI (Ferdinand). L’article de M. G... , sur cet auteur , dans la Biogr. univ. , ne laisse rien à désirer. J’ajouterai seulement , ici , que , depuis l’impression du t. 16' delà Biogr. , la Correspondance de Galiani avec Mme. d’Epinay; dont M. G... possédait les originaux, a été imprimée, sur ces mêmes originaux, à Paris, chez Treuttel et Würtz , 1818, 2 vol.*in-8°. J’ai ajouté quelques notes à cette édition.

GALTFET , ou GALIFECT , ou enfin GAj^IJÛ'ET ( Joseph de ) , jésuite , dont Ta célébrité s’accroît de jour en jour , par les progrès que fait la Dévotion x au s^ré cœur de Jésus , dont il a été , pour ainsi dire, le fondateur. II a traduit lui-même, en français, l’ouvrage latin qu’il avait publié k Rome, en 1726, sur celle dé-

Page 1