‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 241 sur 314 · GOD · texte numérisé non relu

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croit, a ouvert la voie aux folies de«M. Mortier, •

GODEFROI (Devis) , natif de Paris , était probablement de la mêine famille que les jurisconsultes ou historiographes de ce nom. Il embrassa la profession d’avocat; mais il n’est connu que par les notes qu’il a fournies au grand coutumier on somme rural de JeauBontilIer , de*l’edition de i537 , chez Galliot Du Pré. Ces notes, ainsique sa préface, se retrouvent dans les éditiofts du Grand coutumier données par C.arondas le Caron, père et fils, de i6o3 à i6?. I. Prosper Marchand, dans son curieux article dej. Boutiller, semble avoir confondu notre Denis Godefroi avec le célèbre jurisconsulte de ce nom, qui ne naquit qu’en i549; l’abbé Paquot, dans ses Mémoires littéraires , est tombé dans la même faute.

noyé £ let d’a dosieu

années de recherches. Morisot , écrivain contemporain, se contente de le désigner comme un travail de vingt ans. Voy. son éloge de Jacques Gpdefroi, à la fin de ses lettres. Dijon, i6S5, in-4°. La Biographie universelle a reproduit l’opinion vulgaire sur les trente années.

GODOUIN ( Jean ). Ce professeur du Collège de France publia dès i66i , sous le voile de l’anonyme, livres des épîtres familières de Cicéron , traduites en français. Paris, Sommaville , j66i , in-i2. L’édition de i663

)EFROI (JUcQüF.s). Lamonivait déjà reproché à Bailvoir présente le Codethéocoinine le fruit de trente

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contient les seize livres. Cette traduction a été rerue par plusieurs auteurs, dans l’édition donnée en 1679, chez la veuve Thiboust,

1 vol. in-8”. On ne lit sur le frontispice que les initiales des noms de Godouin.

GOERTS ( Henbi , baron de ) , né dans le Holsfein , et ministre du prince, à qui il ne restait plus que le titre de ce duché, ayant rendu des services importaiis à Charles XII, roi de Suède, pendant le séjour de ce monarque à Bender , était depuis devenu son favori et son premier ministre.

Jamais homme ne fut si souple, ni si audacieux à la fois, si plein de ressources dans les disgrâces , si vaste dans ses desseins, ni si actif dans ses démarches. Nul projet ne l'elFrayait , nul argent ne lui coûtait. 11 prodiguait les dons , les promesses , les sermens, la vérité et le mensonge. Il eût été capable d’ébranler l’Europe, et il en avait conçu l’idée. Ce que son maître était à la tête des armées , il l’était dans le cabinet.

Aussi prit-il sur Charles un ascendant qu’aucun ministre n’avait eu avant lui. Le roi , qui à l’âge de vingt ans n’avait donné que des olores au comte Piper, recevait alors des leçons du baron de Goerts, d’autant plus soumis à ce ministre, que le malheur le mettait dans la nécessité d’écouter des conseils , et que Goerts ne lui en donnait que de conformes à son courage. Goerts avait-pressenliquelecélèbre czar, Pierre 1 , était mécontent de ses alliés, qui l’avaient empêché d’avoir un établissement en Allemagne ; ce fut le fondement sur lequel il bâtit le dessein d’une révolution. Il

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donc de réconcilier Charles avec le czar , et d’en faire un allié, pour, avec son secours, remettre Stanislas sur le trône de Pologne; Jacques III, sur celui d’Angleterre; le duc deHolstem, dans ses Etats , et forcer le roi de Prusse à remettre ce qu’il avait pris sur la Suède. De cette manière , Charles XII se serait vengé glorieusement de ses ennemis.

Flatté de ces grandes idées, il donna carte blanche à son ministre, avec un plein pouvoir qui l’autorisait à tout sans restriction , et qui le rendait plénipotentiaire auprès de tous les princes , avec qui il jugerait à propos de négocier. Goerts trouva des dispositions favorables dans le czar. Les flibustiers retirés à Madagascar , tous gens déterminés et connus par des actions auxquelles il ne manquait que de la justice pour être héroïques , s’offraient de se rendre en suède, avec 60 vaisseaux chargés de richesses. Le cardinal Âlberoni, puissant génie, qui a gouverné l’Espagne assez long-temps pour sa gloire , et trop peu pour la gloire de cet Etat, entra avec ardeur dans le projet de mettre le fils de Jacques II sur le trône d’Angleterre.

Goerts , ayant ainsi disperSi à la cour de Russie et à celle d’Espagne les premières étincelles de l’embrasement .qu’il méditait , alla scci'ètementen France, et delà en Holliiiiue , où il vit les adhérèns du prétendant. Les mécontens ne demandaient (jii’un secours de dix mille hommes, et faisaient envisager une révolution sûre avec l’aide de ces troupes.

Le comte de Gillembourg , ambassadeur de Suède en Angleterre, agissait en conséquence. Il eut

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plusieurs conférences avec les principaux mécontens. Le p#fti du prétendant alla jusqu’à fournir des sommes considérables ‘ <jue Goerts toucha en Hollande avec lesquelles il acheta des vais-^ seaux. 11 envoya alors secrètement en France plusieurs officiers , entre autres le célèbre chevalier Folard. Beaucoup d’officiers français, un plus grand nombre d’Ecossais et d’Irlandais entrèrent dans la conspiration.

Heureusement pour le baron de Goertÿ, le czar arriva en Hollande au commencement de 171 J. Le baron le vit deux fois à La Haye, et il avança plus , dans ces deux conférences, qu’il n’eût fait en six mois avec des plénipotentiaires. Tout prenait un tour fa— ^ vorable ; ses grands desseins paraissaient couverts d’un secret impénétrable, il se flattait que l’Europe ne les apprendrait que par l’exécution. Le premier qui découvrit ses intrigues fut le duc d’Orléans, régent du royaume.

Lié avec le roi d’Angleterre , il lui découvrit les menées qui se tramaient contre lui. Dans le même temps, les Hollandais, qui prenaient ombrage de la conduite deGoerts, communiquèrent leurs soupçons au ministre d’Angleterre. Goerts et Gillembourg poursuivaient leurs desseins avec chaleur , lorsqu’ils furent arrêtés tous deux , l’un à La Haye et l’autre à Londres. Les Hollandais étaient sans excuse, ils avaient violé un droit sacré , en arrêtant le premier ministre du roi de Suède. Ils chargèrent même le comte de Valderen de l’interroger. Cette formalité ne fut qu’un »

outrage de plus. Goerts demanda au comte s il était connu de luit

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Oh/, répondit-il; hé bien, dit le baron, si vous me connaissez, vous deoez savoir que je ne dis que ce que je veux. L’interrogatoire ne fut guéres poussé plus loin. Goerts recouvra sa liberté, et n’en fut tjue plus animé. 11 se rendit en poste auprès du czar, et ses iusinuatiçns prévalurent plus que jamais auprès de ce prince. D’un autre coté, le czar étaitfortement sollicité parleduc d’Osmoiid ,-muni des pleins-pouvoirs du roi d'Espagne et du prétendant. La mort de Charles XII mit fin à toutes ces menées; il fut tué au siège de Friderickshal , la nuit du 1 1 au 12 décembre 1718.

La haine publique se déchaîna contre le baron de Goerts. 11 fut arrêté immédiatement après la mort du roi, et condamne par le séfiat à avoir la tète tranchée ÿu pied de la potence de la ville :

exemple de vengeance peut-être encore plus que de justice , et affront cruel pour la mémoire d’un roi que la Suède admire encore.

La veuve du baron de Goerts n’est morte qu’en 1762, à Francfortsur-le-Mein. Par son testament , elle légua tousses biens pour établir uu chapitre de chanoinesses dans son château de Hopiberg ou llombourg dans la Hesse.

N. B. Il m’a semblé que, même après l’article de la Biographie universelle , on ne lirait pas sans intérêt celui de M. du Masbaret.

GOLEFER , prieur de ,

décédé en octobre 1706 , chez les chanoines réguliers de Sainte- Geneviève , oh il s’était retiré depuis plusieurs années. On a de cet auteur l’Epoux fugitif, ou Vie .de S. Alexis, traduite de l’italien

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dd marquis de Brignole’- Salé.

Paris, iob7,in-i2. Plusieurs bibliographes lui attribuent avec raison la traduction des 'l’railés de S. Augustin sur l’évangile de S. Jean, etc. Paris, Coigiiard ,

1700. 4 vol. in-8“. Le traducteur, dans une épîlre dédicatoire au cardinal de Noailles, offre à ce prélat les fruits de la solitude, ce qui convient à un chanoine régulier qui avait rempli les fonctions de prieur-curé, et nonàM. Dubois, à qui l’on donne ordinairement cette traduction. Les auteurs du catalogue imprimé de la Ribliolhèqué du roi , ne me paraissent pas avoir eu d’assez bons motifs jiour attribuer au même M. Golefer la traduction des Lettres famili'eres de Cicéron , publiée à Paris , chez Coignard , en

1704 . 4 vol. iti-12 , avec le texte eu regard , et des notes. Cette traduction est de l’abbé Maumenet. Voy. le mot CICERON.

■•'GONTERY ( .Tea!« ), natif de Turin, entra dans la compagnie de .Tésus , à l’âge de 22 ans , en i584, et mourut à Paris en 1(116, après s’être livré à la prédication et surtout à la controverse. On a de lui un assez grand nombre d’ouvrages écrits en français. La liste latine qu’en donne Sotvel, ne les fait pas connaître avec assez de précision ; cette liste d’ailleurs n’est pas complète. Voici ceux dont les titres sont indiqués dans plusieurs catalogues estimés:

I. Correction fraternelle faite, à M. Du Molin , ministre du Ponlcharanton (sur le baptême et les limbes ). Paris, 1607, in- 12, sous le nom de Philotée , bachelier. *

IL Les conséquences auxquelles

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a été réduite la religion prétendue réj'omiée, etc. Rouen et P.iris, i6io , iu-8°.

III. L a vraie, procédure pour terminer le différent en matière de religion. Caen, 1607, in-12.

C’est lin extrait des serinons de l’auteur , fait parle nommcSaiut- Julian.

IV. Déclaration de V erreur de notre temps, etc., avec la.réplique contre Du Moulin, ministre.

Rouen, 1609, iu-8"; Paris, i6io, in-8“.

V. La réponse à la demande d’un de la religion prétendue réformée , touchant l’usage des images, Paris, i6o8,in-8“.

VI. Réplique à la réponse que les ministres ont faite, sous les noms ùi Eusehe Philalelhe , contre le Traité des images du P.

Gontery , par Antoine de Banastre ( par le P. Gontery lui-même).

Rouen, .1. Osmont, 1609, in-12.

Voyez la réfutation de cette réplique,,pnr Antoine Gueroud , ministre. Leide, 1611, in-8“.

VII. Sermon funèbre fait en la grande église de Soissons , au.v cérémonies de la sépulture de Charles de Lorraine , duc de Mayenne. Paris, 1612, in-8“.

VIII. Lettres à M. le comte gouverneur de Sedan , avec les réponses. Sedan, chez J.,Icannon, i6i3, in-12. Il y a cinq lettres du P. Gontery , et autant de M. le comte. Ce sont des lettres de controverse sur l’autorité des papes etdes conciles , sur le pouvoir des papes, sur le temporel des rois, sur le culte des images et de la croix , sur l’Eucharistie , sur le célibat des prêtres et sur les indulgences.

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