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Bussy-Rabutin , d’avoir donne à ce comte sur le bruit de ses galanteries , les deux premières Lettres d’Héloïse à Abailard et d’ Abailard à Héloïse. Voilà «ne accusation de plagiat nn peu forte, mais réelle. Si elle n’a pas été examinée jusqu’à ce jour, cela vient sans doute de ce que M. Rémond n’était pas généralement connu comme auteur des Lettres dont il s’agit j cependant le^/oM^nal de Verdun , du mois de septembre 171I', lëditpositivement.
avertissement que je viens d Aiter, déclare qu’il faut rendre ces Lettres à qui elles appartiennent, et que le Dictionnaire de Trévoux découvrira le<nom de l’auteur à qui la restitution doit être faite. J'ai cherché en vain ce nom dans le Dictidftaairede Trévoftx ;
C‘ut-être a>t-on vonlu désigner le ictionnaire de Moréri.Quoi qu’il en soit , il est toujours convenable de faire jouir M. Rémond de la petite gloire qui lui a été ravie, en i6g7, par l’éditeur de Bussy-Rabutin. L’abbé de Ryibutin , Ris du comte , était complice du plfgiat , puisqu’il soutenait que son père avait traduit ces Lettres pour se délasser du grand travail de ses Mémoires historiques.
L’auteur de Y avertissement lui répond très- bien , i* qu’il a été ajouté beaucoup de rfboses à la prenjière Lettre d’Héloïse, et qu’il y a été fait beaucoup de retranchemens ; 2“ que la réponse d’Abailard à Héloïse est le jeu d’un esprit oisif , puisque son inscription seule est tirée du latin. Comment donc Bussy-Rabutin peutil être présenté comme traducteur de ces Ijettres, et surtout de la seconde?
En comparant les Lettres d'Hé-
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loîse , telles qu’elles se trouvent dan^e Recueil de Bussy -Rabutin , avec les éditions d’Amsterdam , on s’aperçoit aisément que ce sont les mêmes Lettfes , dont le style a été rajeuni , et souvent avec peu de,juccès. La seule Réponse d’Héloïse à Abailard paraît être de Bussy-Rabutin. Il l’envoya à madame de Sévigné avec deux autres Lettres, le 12 avril 1687. L’aimable cousine lui répondit le i8 qu’il avait donné de l’esprit à Héloïse. On peut donc croire queses éditeurs auront cru devoir supprimer les deux premiers morceaux, qui étaient de la composition de Bussy, en les remplaçant par ceux dont la réputation était tonte fai t§, c’est-à-dire, par les Lettres de l'anonyme Rémond des Cours. Le nom de Bussy-Rabutin donna une nouvelle vogue à l’ouvrage de M. Rémond.
En 1725, legramraairienMalherbe enrichit sa Langue française , expliquée dans un ordrf nouveau, des Lettres d’Héloïse et d’A'bailard , tirées du Recueil de ^nsy- Rabutin , et il déclara q'u’elles pouvaient être proposées pour modèle. Le libraire Cailleau,qui a confondu ce grammarimi avec le célèbre poète du même nom , a inséré les mêmes Lettres dans son Recueil de Lettres et Èpîtres amoureuses d’Héloïse et (ï Abailard, en 2 vol. in-i2. *
Bayle s’est beaucoup occtipê des Lettres d’Héloïse et d’Abailard ; l’édition dans laquelle il les lisait , a été faite à La Haye , en i6q3, sons le titre à’ Histoire éC Héloïse et d’ Abailard' : il les avait entendu attribuer à une fe'mme, à cause de la délicatesse et de la vivacité des sentimens qui y sont exprimés. Ce Recueil