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soutenir une thèse le 3o janvier 1693 , où il était dit : « qu’il u’est » pas évident qu’il y ait au mon- » de une vraie religion ; que la » religion chrétienne soit de tou- » tes la plus vraisemblable ; que » la divinité 4^ J.-C. ait été ma- » nifestée aux apôtres ; que les » miracles qu’on rapporte de lui » soient véritables. » Ces propositions firent du bruit , et quelque distinction que te professeur fit entre évidence et évidence , elles devaient causer du scandale. (Quatre théologiens de la société furent cïiargés par leurs supérieurs, d’examiner la thèse ; et ayant déclaré ses propositions fausses , téméraires, scandaleuses, et même impies dans la rigueur des termes, le P. L’Honoré eut ordre de se rétracter publiquement , suivant le modèle qui lui fut envoyé de Paris , et de faire soutenir une thèse contradictoiresà la première , dans tous les points qui faisaient de la peine. Le jésuite , loin de se soumettre , publia un écrit , qu’il intitula : Pharmacum scandali accepti , sed non dati , pour marquer qu’on avait'eu tort de prendre l’alarme , et que ^’il y avait eu du scandale , on ne devait pas le lui imputer. Cette conduite choqua ses supérieurs, qui le retirèrent de son emploi (le châtiment était trop doux) , et le successeur qu’ils lui donnèrent , fit soutenir deux thèses consécutives contradictoires. Cependant la faculté de théologie de Caen prit connaissance de cette affaire.
Elle arrêta, dans l’assemblée du 3 mai, quton examinerait la thèse, les cahiers du professeur et l’explication qu’il donnait aux propositions , et chargea deux commissaires d’en faire le rappôrt
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le 5. iour-là même, la faculté conclut à demander au jésuite la rétractation de ses propositions.
Il était alors à la Flèche, d’où il écrivit à la faculté , le 23 mai , une lettre latine, qui satisfit la faculté. L’assèinblée du clergé de 1700 inséra les propositions parmi le grand nombre de celles qu’elle proscrivit , en les déclarant impies et blasphématoires , erronées et favorisant les ennemis de la religion chrétienne. {Mé.m. sur l’Hist. eccl. du xvii' siècle. )
( Mém. de M. du Masbaret. )
. HONORIUS I", pape. Il fallait être théologien pour rédiger convenablement cet article ; l’éditeur de la Diogr. univ. en a chargé un homme du monde fort estimable , qui n’a pas même cité le petit volume 'publié par le P.
Merlin , Jésuite , sous le titre à’ Examen exact et détaillé du fait d'Honorius, 1738. C’est une apologie de ce pape qui passe assez généralement pour avoir approuvé l’hérésie du moriothélisme. L’article d’Honorius dans Fellcr est plus approfondi.
HONTAN ( le baron%E la ). La Riogé. unii’. compte parmi ses ou v. le Dialogue de M. te barcfh de la Bon tan et d’un sauvage de V Àmérique. Amsterdam, 1704, in- 12.. Elle renvoie ensuite à l’article Gueudeville , où cet ouvrage est présenté comme appartenant à cet ex-bénédictin , et comme renfermant une critique trèsamère des usages de l’Eglise romaine ; il fallait donc tout simplement, après avoir cité les iVoi/veaux voyages de la Hontan , renvoyer à l’article Gueudeville.
* HOOKE (NATHANtEL), historien
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anglais, mort en 1764. Il était catholique zélé ; ce fut lui qui introduisit près de Pope, dans sa dernière maladie . un prêtre pour le confesser. Son nieilletirouvrage est une Histoire romaine en 4 vol.
in-4", publiés en différentes années, depuis 1^38 jusqu’en 1764; le 4* fut donne an public , par un de ses amis. Elles’élend depuis la fiJhdation de Rome jusqu’au renversement de la république. Le premier volume n’est qu’un Abrégé de l’Histoire des PP. Catrou et Rouillé , et des Révolutions de l’abbé de Vertot. Les Discours et Réflexions critû/ues, qui précèdent chactimdes volumes, ont été traduits en fraliçais et publiés avec des augmentations parle fils de l’auteur, dont il sera parlé ciaprès. I.e premier volume parut on 1770 ; les 2' et 3' en 1784- On doit encore à N. Hooke de bonnes Observations sur le Sénat romain. Londres, 1758, in-8° , et un autre ouvrage traduit en français , ftnis ce titre : Relation de^la conduite que la duchesse, douairière de Malborough a tenue A la cour , dephis qu'elle y entra, jusqu’à /’nn 17 10. La Haye, P. Paupie , 1742 , in-8'’.
HOOKE (Luce-Joseph ) , fils d u précédent , a passé une pa^e de sa jeunesse , à Paris , au séminàire St.-Nicolas-dii-Chardonnet ; fut reçu docteurde la maison et société deSorbon||e, vers l’ann. 1736, et professeur en théologie vers 1760; en 1751 , il présida à la fameuse thèse de l’abbé de Prades. L’abbé s’était d’abord adressdà M. l’évêque de Lombez (Richier de Cerisy), qui avait bien voulu se chargerdecetteprésidence ; mais, quelques'affaires ayant appelé ce
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relat en Norinaiulie , l’abbë de rades apporta à M. Tlooke sa thèse dans un temps de récre'ation , sous prétexte qu’il était pressé par le temps ; ses sollicitations vives , appuyées de celles de quelques bacheliers, touchèrent M. Hooke, <jui, sans aucune défiance , consacra un temps où l’esprit est naturellement dissipé, à l’examen d’une thèse, qui demandait l’application la plus sérieuse, pour découvrir ce qu’elle renfermait. M. llooke a attesté que, lorsque la thèse fitdudiruil, et qu’il la lut à tête reposée , il y trouva plusieurs choses dont il n’avait point la meyndre idée , et qu’il ^ n’anrait certainement pas laissé passer, parce qu’elles étaient opposées à ses principes.
11 alla hientôt cher le syndic do Sorbonne , pour l’engager à la dénoncer en pleine assemblée.
Le syndic ne voulant point le faire, M. Hooke lui fit demander ermission d’en être lui-même le énonciateur. Néanmoins, le cardinal. de Tencin obtint contre l’abbé Hooke, le 9 mai 1^52,006 lettre de cachet qui déclarait vacante la chaire de théologie confiée à ce docteur, et enjoignait à la société de procéder incessamment à son remplacement. Le priei# de Sorbonne , les professeurs en théologie de la maison de Sorbonne , et les professeurs de Nava rre écrivirent au cardinal , en faveur de M. Hoo^e. La lettre de cachet fut. révoqiiée par une autre en date du 24 juin 1764.
Dans le coiirs de cette année , M. Hooke *fit paraître une brochure inwj®, en latin , contenant la déclaration de ses sentimens sur les points principaux censurés dans la thèse de l’abbé de Prades ,
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à la suite de 1 extrait des conclusions de la faculté de théologie, sur cette affaire. En 1762,1e parlement rendit un arrêt , pour maintenir la nouvellenoinination deM. Hooke à une chaire de théologie. L’archevêque de Paris, mécontent de cet arrêt, défendit aux jeunes séminaristes de suivre le cours de ce docteur , ce qui le détermina à adresser, en 1763, à cet archevêque, une lettre de iG pages , dans lacjuelle il lui expose, avec une fierté noble et décente , que l’interdiction dont il se trouve frappé , est une persécution calomnieuse et sans exemple. Cette lettre est accompagnée de pièces justificatives ( 72 pag. in-12); elles sont, en grande partie, les mêmes qui avaient paru précédemment dans le format in-4°. A l’époque de la révolution, M. Hooke était bibliothécaire de la bibliothèque Mazarine; par arrêté du 2.3 avril 1791 , le directoire du département de Paris le destitua de cette place, pour cause de refus de prestation de serment , et le remplaça par M. Leblond , soiis-bibliothecaire.
Le 19 n^i 1791 , le directoire a pris un nouvel arrêté portant injiAiction à M. Hooke de remettre les clefs à M. Leblond, et chargeant, en cas de nouveau refus de la part de M. Hooke, le procureurgénéral syndic de se faire ouvrir ie.s appartemens, de force. Ces détails diflèrent un peu de ceux que donne M. l’ablié Petit-Hadel dans sa Nolïcti historique sur la bibliothèque Mazarine ;\oy . ses Recherses, sur les bibliothèques, Paris, 1819 , in-8“ : mais j’écris avec bonne foi , et d’après les. pièces originales. L’abbé Leblond, par les augmentations et les embel-