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qui soignent leur éducation , comme s’ils n’étaient pas appelés à jouir de tous les avantages de la fortune. M. Brion fréquente assidûment , depuis six ans , la belle Bibliothèque confiée à mes soins ; quoiqu’il soit entré dans sa quatre^vingt-huitième année, j’ai l’espoir de l’y recevoir encore long-temps.
.le reviens au généreux Anglais qui m’a fourni l’occasion d’acquitter une dette bien sacrée , celle de la reconnaissance.
Thomas Hollis naquit â Londres, le »4 avril 1720. Ayant 'perd U son père en 1785 , et n’ayant pas reçu une éducation analogue à l’immense fortune dont il était héritier , il fut placé sous la surveillance da savant docteur Jean Ward, professeur de rhétorique, dans le collège de Grès— ham , oii il s’appliqua à l’étude des lafagues , et fit un cours de logique, "de ahétorique, d’histoireetd’antressciences.En 1748, il commença à lAyager ; en 1750 , i I fi t U n second voyage : dans tous les pays qu’il visita , il se iia d’amitié avec les savans , les hommes célèbres , les amateurs et les protecteurs dés sciences et arts utiles. A son retour en .Angleterre , en 1753, il conSmença sk collée^ tion de livres et de médailles ,
U dans le dessein (suivant ses expressions ) d’honorer et de soutenir la liberté , etdeconserver la mémoire de ses défenseurs, etc. »
Son temps et sa fortune furent consacrés à ce généreux projet , .
digne de la munificence d’un prince', et par une grandeur d’a-« me non commune , il étendit ses bienfaits jusquq^ sur les personnesdedifiërentereligion,etm«me < sur les étrangers, sans aucune
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distinction. Il fit présent de deux collections de livres précieux à la ’ Bibliothèque de Berne , en déclarant toutefois que ce présent venait d’un Anglais , ami de la liberté et citoyen du monde, comme une légère marque de son respect sincere pour ce canton , et pour la brave, la digne et la libre nation suisse. Il donna plusieurs marques de sa libéralité , surtout en livres , à Zurich , à Leipsick, Hambourg, Gottingue , Leyde , Genève , Venise , Rome ; en Sicile , en Suède et autres pays étrangers. Le collège Harvard , dans la Nouvelle-Angleterre , reçut constamment de ses bienfa its , depuis 1758 jusqu’en 1773. Ceux qiril répanait sur les particuliers , sont innombrables.
Au retour de ses voyages , M.
Hollis tourna la plupart de ses vues vers les académies ou sociétés publiques de son pays , instituées pour étendre les belleslettres et les sciences. Il était membre de la plupart.
En 1760 et en-1765, il fit réimprimer la grammaire de la langue anglaise , écrite en latin par Wallis , pour faciliter aux étrangers la connaissance des bons ouvrages anglais.
En 1761, il donna, une nouvelle édition de la Vie de Milton , par Toland , avec son Amyntor , en I vol. in-6° , et la destina à des présens. Sa vénération pour Milton allait si loin , qu’il acheta , en 1762, le lit sur lequel ce grand poète était mort ; U l’cnvoya au docteur Akenside , avec le billet suivant: « Un Anglais aihbitionne d’avoir l’honneur de faire présent au docteur Akenside , du lit qui a appartenu à Milton , «t sur lequel il est mort ; si ,
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après avoir dormi sur ce lit, le docteur compose une Ode à la mémoire de Milton et des défenseurs des libertés de lif Grande- Bretagne , cet Anglais se croira suffisamment récompensé. »
En 1763, il finit sa nouvelle éditiqn des Œuvres de Sidney, qu’il ait avoir rendue complète, après beaucoup de peine et de travaux. La publication du Confessionnal, ouvrage de François Blackburne, cher à l’Eglise anglicane, e®t lieu en 1766; elle est due à M. Hollis. En janvier 1765, on vit paraître une édition des Lettres de Locke , sur la tolérance, faite d’après les preniières éditions , que M. Hollis collationna entre elles.
En 1767 , il fit imprimer V Excellence des Etats libres, par MarchamontNéedham. M. Hollis passa les dernières années de sa vie à la campagne. Il mourut subitement , le i" janvier 1774 , comme il était à se promener à Corscombe. II avait ordonné que son corps fût enterré dans une fosse de dix pieds de profondeur, dans un champ voisin de sa maison , et qu’on y fît passer immédiatement la charrue , afin de n’y laisser aucune trace. François Blafckburne a publié les Mémoires decethomme généreux. Londres , che* Cadell , 1780 , 2 vol. in-4® , avec des figures, par Bartolozzi.
On voit k la fin au premier volume plusieurs esquisses de son caractère. La snivante mérite d’être copiée ici.
« ThomasHollis,écuyerdeCorscombe, en Dorsetshire, était un homme formé sur le plan sévère et sublimé de l’ancienne Grèce , unissant l’humanité et le désintéressement de Brutus , à l'efprit
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ferme et actif de Sidney ; grand dans sa manière de faire usage de ses richesses, qu’il^employ ait, non à des dépenses de vanité, pour lesquelles il témoignait du mé^ pris ,^niais à assister le mérite et à encourager les sciences et les arts , aux progrès desquels il contribua par zèle et par aitiour.
Il défendit avec succès la cause de la liberté et de la vertu publiques, ainsi que les droits delà nature humaine et de la conscience privée. Son humanité et sa générosité ne se bornèrent point à son pays; il alla chercher le Tucrile sur tout le globe, se regardant lui-même comme citoyen du monde ; mais il cachait sÿs actes de bienfaisance , se contentant de savoir avoir fait le bien.
La postérité considérera , avec admira tion^cegrandhommequi, semblable à Milton ^ n’est point assez connu du siècle dans lequel il a vécu, et dont toutefois on aura sujet de regretter la perte,»
Le second volume contient des observations sur le . caractère et les écrits de Milton , avec des Remarques sur la \ ie de Milton , jiar le docteur Johnson ; un Précis sur Algernon Sidney , Hubert Languet , Buchanan , etc. , etc.
Le docteur Disney a publié , vers 1804, un index pour cet ijnportant ouvrage. Hollis légua tous ses biens à M. Brand , qui ajouta à son nom celui de Hollis.
HOME (David ) , ministre protestant , d’une famille distinguée d’Ecosse. Son article , dans la Biogr. univ. , n’est qu’un abrégé de celui de M. Chaudon. Voyez HumiüS. '
HONORÉ ( N. l’ ) , jésuite. Professant la théologie à Caen, il fit